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Vent de démocratie sur les Maldives ?

11 septembre 2008, 00:00

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Alors que l?attention du monde est braquée sur les remplaçants potentiels de George W. Bush et de Dick Cheney aux États-Unis et tandis qu?à Maurice l?on reste suspendu aux lèvres de Navin Ramgoolam, qui nommera bientôt le prochain président de la République, un changement démocratique, encore plus symbolique, s?opère dans la région océan Indien, dans un pays relativement discret : Les Maldives.

En effet, durant la première quinzaine d?octobre (l?échéance électorale sera confirmée sous peu), se tiendra la première élection présidentielle pluraliste aux Maldives. C?est une grande première dans l?histoire politique de cet archipel qui a fait, avec succès, du tourisme de luxe sa principale industrie.

Ce scrutin s?inscrit dans la série de réformes engagées, certes sous la pression populaire, par le président Maumoon Abdul Gayoom, qui ? il convient de le souligner ? est au pouvoir depuis 1978. Gayoom établi ainsi un record de longévité, non seulement dans tout l?océan Indien, mais également en Asie, continent auquel les Maldives (pays qui adhère à un courant islamique modéré) s?identifient.

Malgré son règne sans partage sur un peuple d?environ 300 000 âmes, Gayoom, 71 ans (soit pratiquement le même âge que John Mc Cain), briguera ainsi un nouveau mandat. Sept autres candidats contesteront néanmoins son siège, fait fort réjouissant sur le plan démocratique.

En 2004, Gayoom n?a pas fléchi face à la critique internationale qui condamnait ses méthodes, qui consistaient à jeter les opposants en prison, visant à museler les voix qui s?élevaient contre lui dans son pays. Aujourd?hui encore, malgré son accord pour des élections libres sous la supervision d?observateurs étrangers, le président des Maldives continue à se croire indispensable, comme en témoignent ses propos dans une récente interview de presse : «Le plus grand succès de mon gouvernement a trait au développement économique des Maldives. Le niveau de vie de la population a considérablement augmenté au fil des années. Le développement va s?étendre aux autres îles? J?ai la réputation d?être un excellent gestionnaire des fonds de développement des organisations internationales? L?opposition, elle, n?a jamais pu être une alternative crédible.»

Il est vrai que Gayoom est un dirigeant qui a choisi d?ouvrir son pays au monde, au lieu d?en faire un ghetto, comme d?autres dirigeants. Des groupes hôteliers mauriciens, parmi tant d?autres investisseurs affluant de tous horizons, mettent à profit la beauté de ces îlots paradisiaques, où le sable est encore plus fin et plus blanc (car infiniment moins pollué) que celui de Maurice. Rappelons que la Mauritius Commercial Bank y a récemment ouvert une branche, où Mauriciens et Maldiviens travaillent côte à côte dans une excellente ambiance.

Il est vrai aussi que Gayoom est l?une des voix régionales qui osent s?élever contre les attaques terroristes perpétrées des groupes extrémistes, conscients des risques que cela représente pour une industrie aussi sensible que le tourisme. Mais à force de s?accrocher au pouvoir, il prive, peut-être, son pays d?un nouveau départ.

En janvier 2008, Gayoom avait fait l?objet d?un attentat dans les rues de son pays. Son agresseur, qui pensait que le tuer était le seul moyen de le déboulonner de son siège de président, est de ceux qui le voient surtout comme un dictateur?Mais Gayoom, lui, a une tout autre conception de sa mission à la tête de l?archipel. Mission qu?il résume, en ces mots, en guise d?introduction à son plan de réforme démocratique : «The Maldives is unique amongst the members of the Commonwealth in having emerged out of the colonial era without inheriting a political or legal system that had been modernized by the imperial powers. As a result of the relative isolation of the country, and its fleeting interaction with colonial powers, the Maldives entered the global society of the post-World War era with its own unique customs and traditions?»

Ce premier scrutin libre sera un test pour le peuple des Maldives. Veut-il conserver les traditions, selon la méthode Gayoom, ou aspire-t-il au changement politique ? Sur le plan économique, est-ce un bon projet ? Seul l?avenir nous le dira?

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