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A vendre, faute d?emploi 16 000 drums de bitume
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A vendre, faute d?emploi 16 000 drums de bitume
Des lecteurs de nos réminiscences d?il y a un quart de siècle me reprochent d?avoir omis, vendredi dernier, le détail le plus significatif de l?inoubliable saga de nos macadams peinturlurés de bitume chaud et luisant, faisant office de rapiéçage routier. Ils ont raison. Il fallati encore rappeler la qualité douteuse de ce bitume. Celui-ci présente à l?usager plusieurs grades de résistance aux aléas climatiques prévalant dans un pays donné. Il n?est pas dit que le bitume, convenant au Groenland où les galants colonne attendent patiemment leur dulcinée jusqu?à moins vingt? degrés centigrades, puisse convenir aux routes mauriciennes, subissant entre septembre et juin les morsures incessantes d?un soleil de plomb.
Nos automobilistes, tenant volant avant 1982, ne peuvent, bien sûr, oublier ces jours passés de grande chaleur quand le bitume épandu redevenait liquide sur nos routes propulsant des agrégats visqueux contre les parois des garde-boue de nos véhicules, tachant irrémédiablement le bas de leur carrosserie de mille et une soullures si difficiles à enlever. Et le bruit des macadams, projetés contre le châssis des voitures devant emprunter nos routes à l?asphalte ainsi liquéfiée, en raison de la chaleur trop forte d?un soleil, pas encorre devenu l?emblème politique, non pas d?un pharaon, mais du futur Sir Anerood Jugnauth, chevalier de sa Très Glorieuse Majesté Elizabeth II.
La coïcidence ou encore les hasards de l?actualité journalistique veulent que, juste avant que François Randabel ne vante, aux yeux de notre presse mauricienne si valeuresue, les mérites et avantages du procédé d?asphaltage d?enrobés à chaud, l?express, toujours l?espress, l?express pour ne pas changer, signale à ses lecteurs, sinon au meilleur de la nation mauricienne, que le nouveau gouvernement MMM-PSM doit mettre en vente, faute d?emploi, 16 000 drums de bitume de qualité douteuse. S?il ne s?agit pas d?un bel échantillon d?un héritage économique catastrophique, je veux bien qu?on m?explique ce qu?est ce dernier.
Non seulement les Mauriciens et plus particulièrement les automobilistes n?ont rien à aaprendre sur la mauvaise qualité du bitume importé par l?ancien gouvernement travailliste et dont l?inadéquation aux conditions climatiques prévalant à Maurice est évidente à tous, voilà encore qu?ils apprennent avec horreur et consternation que ce bitume inadapté a été commandé en quantité excessive, condamnant ainsi son successeur à l?hôtel du gouvernement à devoir assumer ce cadeau empoisonné. Que faire donc avec, sur le bras, 16 000 drums de bitume pratiquement inutilisable ?
Dans u nbeau geste patriotique, Quatre-Bornes consent à prendre, à sa charge, un millier de barils pour ses travaux de réasphaltage de ruelles pour l?année 1982-83. Il reste toujours 15 000 drums dont on ne sait quoi faire. Déjà, on subodore le désir de certains de vouloir fourguer au chantier du nouveau port sur la GRNO la quantité maximale et même au-delà de ces barils de bitume indésirables.
L?on s?épuise à vouloir comprendre la raison d?être de la constitution d?un tel stock alors que la consonmmation annuelle de bitume dépasse difficilement les 12 000 drums de 45 gallons. Les 16 000 barils en attente d?utilisation occupent tout l?espace disponible et à ciel ouvert au Fort George.
Cela n?est pas sans évoquer une douloureuse histoire de commission d?enquête sur une commande douteuse d?importation de bitume de qualité inadéquate. Mais qui peut avoir peur du rapport d?une commission d?enquête dans une île Maurice où la perception de la lubrification des phalanges empire d?un gouvernement à l?autre ?
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