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Vendeur de cocos et débrouillard
5 mars 2014, 09:23
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Vendeur de cocos et débrouillard
Il a échoué aux examens du CPE et n’a jamais mis les pieds au collège. Mais ce n’est pas pour autant que Mohammed Chummun, marchand de noix de coco, se met des barrières. Autodidacte, l’homme a, au fil de ces 20 dernières années, appris à parler plusieurs langues étrangères.
Le français, l’anglais, l’espagnol, l’italien, le grec, le japonais et même le russe, ce marchand de noix de cocos s’y connaît. Installé dans le parking du jardin de Pamplemousses, Mohammed Chummun côtoie tous les jours des touristes de diverses nationalités.
«Venire a bere acqua di cocco», hurle-t-il à un groupe de touristes italiens, les incitant à venir boire du lait de coco. Même s’il ne sait pas bien lire ou écrire, il a une très bonne mémoire. «Je demande toujours aux clients de m’apprendre quelques mots de leur langue que je mémorise précieusement», explique cet habitant de D’Epinay, père de cinq enfants. C’est ainsi qu’il essaie d’approfondir ses connaissances à chaque fois qu’il rencontre un nouveau touriste.
«Si c’est un Japonais, je lui demande de m’apprendre de nouveaux mots et de nouvelles phrases. Je renouvelle cette expérience à chaque fois jusqu’à renforcer mon vocabulaire», affirme-t-il.
Plus de ventes
Mohammed Chummun indique que pouvoir parler plusieurs langues constitue un grand avantage dans ce métier. «C’est un point positif pour les touristes quand ils s’aperçoivent que les Mauriciens parlent leur langue. Et bien entendu, cela fait monter mes ventes», indique-t-il. Entre Rs 10 et Rs 12 la noix de coco, le marchand en vend une trentaine par jour.
Les choses ont-elles beaucoup changé en 20 ans ? «Oui, les choses ont changé. Il y a beaucoup moins de touristes. Et maintenant, nous recevons un grand nombre de touristes chinois», laisse-t-il entendre.
En ce qui concerne la relève, Mohammed Chummun avoue ne pas compter sur ses enfants. «C’est un travail trop difficile. Aucun de mes enfants ne désire se lancer dedans. Sak fwa mo mont lor pie coco, mo met mo lavi en danze», lâche-t-il. Et d’ajouter que les piqûres de guêpe et morsures de couleuvre occasionnelles ne font rien pour arranger les choses. Le marchand de cocos espère quand même vivre de sa passion encore longtemps.
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