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Valverde, un nom à retenir
Fils d’un camionneur n’ayant d’yeux que pour la petite reine, faisant très tôt de l’ombre au gratin de sa province natale de Murcie puis aux grands d’Espagne, Alejandro Valverde, vainqueur de la 10e étape mardi à Courchevel, a pris date dans les annales du Tour qu’il aborde, pour la première fois, à 25 ans.
Son surnom, “El Imbatido” (l’invincible) est évocateur. L’enfant de Las Llumbreras, venu au cyclisme à l’âge de 9 ans après avoir admiré, gamin, son compatriote Pedro Delgado en jaune sur les Champs-Élysées, remportait la majorité des courses auxquelles il participait.
Cette habitude était insupportable pour ses adversaires qui, insidieusement, en sont venus à intriguer pour le voir le moins souvent au départ. Sa boulimie se traduisant par cinq années de succès, sans la moindre défaite, l’a vite hissée au rang de meilleur cadet, puis junior de la péninsule ibérique.
Admirateur de l’autre enfant chéri d’Espagne, Miguel Indurain, Valverde, ancien champion de tout-terrain n’a, lui, aucun point faible. Contrairement au quintuple lauréat de la Grande Boucle, l’Invincible prend des risques et sait, à l’occasion, sprinter. Sur ce point, Lance Armstrong, deuxième de l’étape, ne le démentira pas à l’arrivée de Courchevel.
Armstrong a attaqué à environ 450 mètres de la ligne, mais Valverde a résisté avant de dépasser le Texan, qui lui a tendu la main pour le féliciter. “Tout le monde a vu l’avenir du cyclisme. C’est beau, c’est vite, c’est intelligent et c’est impressionnant”, a affirmé Armstrong.
Originaire de Las Llumbreras, Valverde a entamé sa carrière professionnelle il y a trois ans, au sein de l’équipe Kelme, qu’il a quittée à l’intersaison pour rejoindre Iles Baléares.
Valverde, qui incarne aux côtés de l’Italien Damiano Cunego l’avenir de son sport, estime avoir pris une nouvelle envergure avec son transfert dans sa nouvelle équipe. “C’est une équipe très différente, qui pense plus à s’imposer dans les grands Tours et les grandes courses par étapes”, explique l’Espagnol, deuxième de Paris-Nice cette année. “J’y suis très tranquille et très bien appuyé car ils ont confiance en moi.”
Déjà doté d’un palmarès bien garni, il a signé mardi dans les Alpes sa sixième victoire de la saison. “Nous avons vécu une journée extraordinaire pour l’équipe avec la victoire d’étape”, s’est-il réjoui. “Mon rêve dans ce Tour était de gagner une étape, c’est fait. C’est formidable, c’est la plus belle chose qui me soit arrivée dans le cyclisme jusqu’à présent”.
Après avoir multiplié les succès en Espagne l’an passé, Valverde est en apprentissage sur le Tour de France, où il est chargé d’épauler son leader Francisco Mancebo, qu’il devance pourtant de 44 secondes au général. Modeste, il n’envisage pas de jouer la gagne sur le Tour avant trois ou quatre ans.
“Il va falloir maintenant bien récupérer pour la suite de la course. Je vais travailler pour l’équipe. Mancebo reste le leader indiscutable de l’équipe. Il est lui aussi très fort et on va voir ce qu’on peut faire pour contrer Armstrong qui, de toute évidence, est aussi fort que ce qu’il était les années précédentes”.
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