Publicité

Valeur locale

8 novembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

À l’Assemblée nationale hier, le ministre des Finances suppléant, Vasant Bunwaree, a expliqué que les manques de devises sur le marché sont attribuables à quatre chocs qu’a eu à faire face l’économie mauricienne ces derniers temps. La baisse des recettes d’exportation du sucre et du textile-habillement, la flambée des produits pétroliers et la hausse des taux d’intérêt à l’étranger ont contribué tour à tour à élargir les déficits de la balance extérieure.

Manque de monnaies étrangères veut dire stress sur le taux des changes de la roupie. De plus, si les investisseurs et opérateurs estiment que la situation va perdurer, ils spéculent contre la roupie, et cela ne fait qu’accélérer la chute de la monnaie locale face aux devises fortes. La dépréciation fait grimper les prix des produits importés et inflige des misères surtout aux salariés et consommateurs au bas de l’échelle qui, eux, ne disposent pas de devises pour tenter de rééquilibrer leur situation financière.

Le premier remède durable pour une roupie plus robuste est une meilleure performance du compte courant de la balance des paiements. En d’autres mots, les entreprises devront au plus vite rehausser le niveau de la valeur ajoutée locale en exploitant avec plus d’efficience les intrants à leur disposition.

Mais les salariés et aussi les sans-emploi ont aussi un rôle à jouer. Il y a des comportements et des attitudes qui laissent perplexes dans la conjoncture actuelle. Si les Mauriciens veulent maintenir leur pouvoir d’achat, il est grand temps qu’ils reprennent les jobs qu’ils ont laissés aux étrangers.

Les entreprises de textile et les compagnies de construction n’ont d’autres choix que de faire appel à la main-d’œuvre étrangère parce qu’elles ne trouvent pas d’ ouvriers en nombre suffisant sur le marché local. Faire venir des travailleurs étrangers implique une sortie de devises, donc une pression additionnelle sur la roupie et sur les prix des produits importés. Alors que le pays a un taux de chômage qui avoisine les 10 %, il est inconcevable que des sans-emploi peu formés boudent les travaux de construction ou les métiers de machinistes dans les usines de textile.

Une partie de la solution à la faiblesse de la monnaie locale est une main-d’œuvre plus productive et des entreprises plus efficientes. Si à certains niveaux professionnels, il y effectivement un manque de compétences, on ne peut justifier en aucun cas que des postes de maçon et d’ouvrier de textile soient remplis par des étrangers. La faiblesse de la valeur ajoutée locale (exportations nettes) reflète sur la force de la roupie. Mais en attendant de retrouver une productivité plus saine au sein de nos industries, il faut compter sur les investissements directs étrangers (IDE) pour desserrer la pression sur le taux des changes.

Selon le ministre Vasant Bunwaree, les réformes enclenchées attirent déjà les IDE. Le flux des rentrées d’investissements étrangers devrait s’accélérer avec d’autres réformes notamment avec celle du marché du travail.

La restructuration économique devrait amener un taux des changes optimal, c’est-à-dire une roupie suffisamment robuste pour résister convenablement aux secousses de la libéralisation commerciale, mais qui en même temps reste assez compétitive pour ne pas pénaliser les industries d’exportation, en particulier le textile-habillement.

Publicité