Publicité

Va-t-en guerre

1 avril 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Nazim ESOOF

Les deux principaux partis d?opposition sont donc en guerre. N?y voyez pas qu?un leurre. Car après les derniers naufrages électoraux, l?heure des hostilités ne pouvait pas ne pas sonner. Le temps d?un 1er Mai du moins. Alors ils ont commencé à gigoter. Très égoïste, dit Bérenger. Confiance trahie, rétorque Pravind Jugnauth. Encore béjaune, ajoutent les lieutenants du premier. Ingérence dans les affaires du parti, répliquent ceux du second.

On l?aura compris. Face à un pouvoir empêtré dans un socialisme mâtiné d?un volontarisme théorique et dans un libéralisme tempéré par une velléité interventionniste, les partis d?opposition cherchent à quadriller l?espace en prévision des positionnements ultérieurs. Ce qui est légitime surtout lorsque la majorité, elle, fait toujours de la politique alors qu?elle aurait dû depuis longtemps commencer à gouverner. Dans une telle conjoncture, l?heure est à la démonstration des forces pour les deux partis d?opposition. Le baromètre du 1er Mai sera l?occasion de jauger de la capacité de mobilisation de l?un et de l?autre. Mais déjà, on sait que se pose la question de savoir qui mènera les forces de l?opposition aux prochaines législatives. A ce jeu, il y a une approche asymétrique des deux partis.

En effet aujourd?hui, Paul Bérenger donne l?impression de se sacrifier pour son parti. Après une longue carrière politique, il sait que le Mouvement militant mauricien (MMM) ne peut plus lui apporter à nouveau grand-chose. La bête politique qu?il est n?est pas prête à renoncer pour autant. Même s?il a probablement arrêté sa petite idée sur le rôle qu?il pourrait jouer aux échéances électorales futures, il va laisser planer une certaine ambivalence afin éventuellement d?en faire profiter son parti.

Si le leader mauve n?attend plus que son parti ajoute encore plus de sens à son parcours politique, le cas de Pravind Jugnauth est différent. Il a encore à prouver des choses à son parti. Les défections avant les dernières élections générales en témoignent. Le leader du Mouvement socialiste militant (MSM) voit en une dispute avec Bérenger l?occasion d?apprivoiser un parti dont le soutien est loin d?être inconditionnel. Autant par rapport à son parti que par rapport à son engagement personnel, Pravind Jugnauth compte profiter de cette inimitié à l?égard de son ancien partenaire pour s?imposer comme leader auprès d?une partie de l?électorat. En fin de compte après avoir combattu Navin Ramgoolam pendant plus de dix ans, il ne pouvait aspirer à une place de choix au panthéon politique sans livrer bataille au dernier leader, de l?époque de SSR et SAJ, encore présent dans l?arène.

Au-delà des intérêts personnels, l?enjeu est de taille pour les deux partis. Il est désormais question de survie. Le dernier cadeau ou, pourrait-on dire, le premier que Paul Bérenger fera à son parti, c?est de le laisser sur un échiquier qui ne compterait plus que deux grandes formations politiques autour desquelles graviteraient les partis satellites. Avec le Parti travailliste au pouvoir, il ne reste plus qu?à réduire le MSM à une portion négligeable. C?est du moins l?analyse que les dirigeants de ce parti semblent privilégier. Quant à ceux du MMM, ils ne veulent pas laisser toute la place au seul Pravind Jugnauth comme alternative à Navin Ramgoolam.

C?est cette bataille qu?ils se livrent. Une bataille conjoncturelle voire puérile dont le premier arbitrage aura lieu le 1er Mai. Toutefois après les élections de juillet 2005, on se serait attendu à autre chose des vaincus. A une lecture pondérée des causes de la déconfiture qu?ils ont connue. Du signal que l?électorat leur a envoyé. De l?importance d?un exercice de renouvellement et de refonte. D?une réflexion profonde sur la manière de faire la politique. Voire de l?éducation des électeurs. A la place, on est revenu à la petite guéguerre politicienne. C?est dommage !

Centenaire. Razack Mohamed célébré au niveau national. Le gouvernement a décidé que le centenaire de la naissance de Sir Abdool Razack Mohamed sera célébré au niveau national. Un comité d?organisation a été institué sous la présidence de Mohamad Vayid pour dresser une liste d?activités. Sir Abdool Razack Mohamed, fondateur et leader de l?ex-Comité d?action musulman a participé à la conférence constitutionnelle de Londres en 1965 et a occupé plusieurs portefeuilles ministériels sous Sir Seewoosagur Ramgoolam.

Publicité