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Utopia the game pour que dure le rêve
Pas de temps à perdre. Cinq mois qu?ils planchent matin midi et soir sur Utopia the Game. Cinq mois d?idées à coucher sur papier, de costumes somptueux à broder, de talents à dénicher et à faire exploser. 40 enfants de 7 à 9 ans, 20 adultes, dont 10 sont des professionnels ou des semi-professionnels de la danse, des jeunes filles en fleur pour y apporter la touche finale des professionnels européens pour dynamiser la troupe, des dizaines de projecteurs et des lasers pour mettre tout cela en lumière et Le Studio renaît sous l?impulsion d?Eva Dalais.
C?est une meneuse de troupe, une artiste qui se réinvente. Au Studio, on se déchausse illico. Pieds nus, tous se sentent mieux pour respirer. De coiffes aux couleurs chatoyantes reposent au milieu d?un dressing avec du cuir et de la fourrure. Les répétitions se jouent en mode accéléré. Le temps joue contre eux. Pour ces danseurs, le discours anime le corps. Alisa Currimjee qui incarne à elle seule Utopia, n?a que 14 ans. Pourtant, son verbe est musclé au fil de ses étirements. Elle est entrée dans la danse voilà déjà 8 ans. « Je suis très fière d?elle, » chuchote Eva Dalais les yeux brillants. Pour monter Utopia, elle ne s?autorise aucun compromis. C?est son premier spectacle. L?enjeu est important. L?angoisse pointe de temps en temps son bout de nez.
Les talents d?Eelco de Jong, scénographe et celui de Thabo Legrand, danseur et chorégraphe, ont été indispensables à l?écriture de ce spectacle. La présence des deux héros en culottes courtes : Ysé Buffard et Tom Couves, impose une sorte de fête entre copains. Les aînées : Magalie Lile, Isabelle Teeluck ou Martine Lagesse, les regardent courir la pièce en retenant leurs fous rires.
Il était une fois deux enfants qui achètent une console de jeux dans les rues animées de Port-Louis. Poussés par un chenapan, kidnappeur d?enfants, ils vont laisser s?échapper un monde imaginaire et inouï et libérer, malgré eux, les forces du Mal. Soutenu par Lhamony, leur c?ur pur les fera rejoindre Utopia et triompher du Mal.
Au milieu de ces cris d?enfants, Jean-Renat Anamah est un seigneur de la rue. «L?invitation d?Eva pour que je fasse l?ouverture du spectacle a été un très beau cadeau. C?est une nouvelle et une fort belle aventure, » avance-t-il souriant. Nous voici embarqués dans un déluge de mouvements, irradié par la présence charismatique de Jean-Renat Anamah.
Plus loin, Thabo Legrand est à l?ouvrage. Ses mains agiles finissent le socle de lourite. Cette créature des mers, sorte de pieuvre géante aux huit tentacules, est imposante. Le danseur émérite qu?il est a été au c?ur de la création de la centaine de costumes qui sera mise à profit pour le spectacle.
« Ce spectacle nous a imposé un long travail de réflexion. Il a fallu tenir le fil conducteur en y ajoutant du suspense. La métaphore animale demeure un clin d??il à la nature humaine,» explique Eva Dalais. Installée sur son socle, avec son grand masque taillé dans une matière spéciale, Martine Lagesse dans la peau de lourite étend ses tentacules confectionnés dans du tissu qu?une danseuse fait virevolter. « C?est mon premier spectacle ! » laisse-t-elle échapper euphorique.
Mais ce petit monde du spectacle sera encadré dès lundi par Bruce Ellison, metteur en scène de renommée internationale qui viendra prêter main forte à Eva Dalais. Vincent Rubinfajer, mine de réputation internationale, sera le fer de lance de cette troupe. Tous imposent une énergie et une force furieuse qui se nichent au c?ur de cette école de danse où le plaisir de travailler compose avec l?art et la manière d?être artiste.
<I>Utopia the Game, spectacle simple et sophistiqué privilégie la chorégraphie et la mise en scène. Il sera présenté les 15, 16 et 17 juin prochains sur la scène du centre Swami Vivekananda à Pailles. Billets de Rs 150 à Rs 750. Renseignements et réservations sur le Rézo Otayô : 466 99 99.</I>
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