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USA et Israël ne veulent pas du Hamas au gouvernement

26 janvier 2006, 20:00

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La percée du Hamas aux législatives palestiniennes, selon des sondages réalisés en sortie des urnes, a incité les Etats-Unis et Israël à prévenir le président Mahmoud Abbas que le processus de paix risquait d’être ruiné s’il partageait le pouvoir avec le mouvement islamiste. Le scrutin de mercredi, premières législatives or- ganisées dans les territoires palestiniens depuis dix ans, pourrait déboucher sur un gouvernement de coalition comprenant le Hamas, dont la charte prévoit la destruction d’Israël et dont des membres ont commis des attentats suicide.

Selon trois sondages, dont les chiffres doivent être pris avec prudence, le Fatah du président Mahmoud Abbas remportait entre 35 % et 44 % des suffrages contre 42 % à 47 % pour le Hamas. La disparité de ces estimations s’expliquent en grande partie par la mixité du mode de scrutin adopté pour élire le nouveau Conseil législatif – pour moitié au scrutin de liste au niveau national et pour l’autre moitié circonscription par circonscription.

Le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Washington, pourrait obtenir 53 sièges et le Fatah 58 sur un total de 132 au Conseil législatif. Le mouvement islamiste, qui participait pour la première fois à un scrutin national, pourrait même former un gouvernement.

Les Etats-Unis, principaux parrains de la “feuille de route” internationale pour la paix entre Israël et les Palestiniens, ont fait savoir qu’ils accepteraient les résultats du scrutin comme le reflet de la volonté du peuple. Mais Washington a souligné qu’Abbas devrait maintenir le Hamas dans l’opposition. George Bush a prévenu mercredi qu’il ne traiterait pas avec le Hamas tant qu’il n’aurait pas renoncé à son voeu de détruire Israël.

“Un parti politique, pour être viable, doit prôner la paix, de mon point de vue, pour garantir la paix”, a déclaré le président américain dans une interview accordé au Wall Street Journal publie des extraits sur son site internet. “Et vous avez ainsi un aperçu de ma position vis-à-vis du Hamas s’il parvenait aux responsabilités. Et la réponse est: nous ne traiterons pas avec vous tant que vous n’aurez pas renoncé à votre désir de détruire Israël”, poursuit Bush.

Le Premier ministre israélien par intérim Ehud Olmert, qui remplace Ariel Sharon, hospitalisé depuis début janvier, a déclaré: “Nous ne négocierons pas avec un gouvernement qui ne respecte pas son engagement le plus fondamental -– combattre le terrorisme”. Abbas, élu il y a un an après le décès de Yasser Arafat, le premier président palestinien, a fait savoir que l’Autorité palestinienne était prête à reprendre ses pourparlers de paix avec Israël même avec le Hamas au sein de son gouvernement.

“Nous approchons d’une nouvelle période et nous espérons que la communauté internationale nous aidera à revenir à la table de négociations”, a plaidé Abbas, saluant le déroulement pacifique du scrutin. Abbas espère faire renoncer le Hamas à la lutte armée s’il entre au parlement. Mais malgré des indications, cette semaine, allant dans le sens de l’ouverture de négociations indirectes avec Israël, le Hamas a expliqué mercredi qu’il ne modifierait pas sa charte, ni ne déposerait les armes.

Taux de participation de 78 %

Ismail Haniya, l’un des responsables du Hamas, a déclaré à Reuters que le mouvement débattait d’une participation à un gouvernement de coalition. Tant le Fatah que le Hamas ont bruyamment fêté leurs résultats. “Notre choix, c’est l’Islam et nous voulons du changement dès que possible”, a déclaré un partisan du Hamas à Hebron. Quelques rues plus loin, un homme armé s’exclamait: “Ces résultats montrent que le Fatah dominera toujours”.

Le taux de participation atteint officiellement 78 % en moyenne dans l’ensemble du millier de bureaux de votes mis à la disposition des quelque 1,3 million d’électeurs palestiniens. Neuf petites listes vont se “partager les miettes” laissée par le Fatah et le Hamas, dont celle la “Troisième voie” de l’ancien ministre des Finances Salam Fayyad, épaulé par Hanane Achraoui, députée sortante figure historique de la lutte pour l’autonomie palestinienne.

Moustafa Barghouthi, adversaire malheureux d’Abbas à la présidence de l’Autorité palestinienne, présentait pour sa part une Liste de la Palestine indépendante, dont le programme mêle réforme sociale et résistance passive à l’occupation. Deux groupes aux racines marxistes, la liste du Martyr Abou Ali Moustafa – émananation du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) – et le mouvement Badil (Alternative), participaient également au scrutin.

Les opérations de vote, supervisées par quelque 900 observateurs étrangers, se sont déroulées globalement sans incident majeur, les policiers palestiniens mobilisés pour l’occasion ayant reçu un “coup de main” de sept mouvements radicaux, dont le Hamas. “Les urnes auront le dernier mot”, avait promis le président Abbas en déposant dans la matinée son bulletin de vote dans l’urne à Ramallah. Pour lui ces élections “marqueront une étape sur la voie de la liberté, l’avènement de l’indépendance et l’édification de notre Etat.”

<B>Wafa AMR

Mohamed ASSADI</B>

PREMIÈRE PARTICIPATION

<B>Le Hamas fait presque jeu égal avec le Fatah aux législatives</B>

■ Les projections multiples publiées au terme des législatives dans les territoires palestiniens confirment la percée électorale du Hamas pour sa première participation à un scrutin national. Mais, le groupe islamiste, qui aspirait à briser la mainmise du mouvement nationaliste historique sur les institutions palestiniennes, sans pour autant renoncer à la lutte armée, paraît ne l’avoir que sérieusement entamée. Selon les divers instituts d’étude d’opinion palestiniens, dont les chiffres doivent être pris avec prudence, le Fatah du président Mahmoud Abbas remporterait entre 40% et 47 % des suffrages tandis que le Hamas en réunirait de 35% à 44%.La disparité de ces estimations s’explique en grande partie par la mixité du mode de scrutin adopté pour élire le nouveau Conseil législatif - pour moitié au scrutin de liste au niveau national et pour l’autre moitié circonscription par circonscription. Pour sa part, le Fatah a revendiqué autour de 46 % des voix tandis que le Hamas en a revendiqué 50 %, au bas mot. Les deux partis ont bruyamment fêté leurs résultats. Il semble en fait, selon l’analyste d’opinion Khalil Chikaki, qu’aucun des deux n’obtiendra une majorité absolue.Il prédit 53 sièges pour le Hamas, dont tous ceux de Gaza, et 58 pour le Fatah, sur un total de 132 au Conseil législatif, qui n’avait pas été renouvelé depuis dix ans. Cela entraîne deux cas de figure: soit le Hamas et le Fatah gouvernent ensemble, soit des petits partis fourniront un appoint au Fatah. L’association au pouvoir du Hamas est souhaitée par Abbas, qui espère ainsi le faire renoncer graduellement à la lutte armée, et non exclue par le Hamas, mais elle est redoutée par Israël et les Etats-Unis.

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