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Une épidémie silencieuse
?Sur trois jeunes filles croisées en classe à lire ou à écrire, il y en aura une qui souffrira à l?âge adulte de violence, simplement de par son sexe. Sur trois femmes vendant des légumes au marché, il y en aura une qui sera agressée ? en général par son partenaire?, déplore Arianne Navarre-Marie, ministre des Droits de la femme. Une femme sur trois serait victime de violence chez elle et ce dans le monde entier.
Les cas récents de Neetrawtee Matapullut et de Sandhya Bappoo? cette dernière sauvagement agressée par son mari malgré un Protection order ? démontrent que Maurice figure aussi sur la liste noire. Le ministère a donc lancé, hier, en collaboration avec celui de la Santé, un guide à l?adresse des médecins. Ce guide leur permettra de reconnaître les signes de violence à la maison et leur fournira des méthodes d?encadrement des victimes.
Intitulée Identifier la violence domestique, la publication définit la violence familiale comme le comportement d?un individu qui inflige un mal physique, sexuel ou émotionnel à d?autres membres de sa famille. ?Beaucoup de médecins n?arrivent pas à discerner les situations de violence domestique à cause d?un manque de documentation. Ce guide fournit les informations nécessaires à l?identification des victimes ainsi qu?à la mise en ?uvre d?une action prompte?, a expliqué Ashok Jugnauth, ministre de la Santé.
En plus des symptômes les plus criants, comme des hématomes à l?abdomen et au visage, le guide démontre que certaines pathologies liées au stress, à la toxicomanie, aux migraines chroniques et à la malnutrition sont parfois la conséquence de sévices subis à répétition. Un comportement et un langage agressifs, l?anxiété, des maladies psychosomatiques et une difficulté à s?adapter peuvent aussi dénoncer la maltraitance chez l?enfant.
<B>Prendre conscience de l?inacceptable</B>
Une fois le cas détecté, le médecin doit procéder par étapes. Il doit d?abord écouter la victime, valider sa décision de se confier et la convaincre du caractère inacceptable du traitement qui lui est infligé. Le médecin doit aussi savoir si la femme ou l?enfant seront en sécurité à la maison. ?Sécuriser les victimes et les informer des services offerts par le ministère est un tout premier pas pour les faire savoir qu?elles ne sont pas seules?, a déclaré Arianne Navarre-Marie.
De par le Protection from Domestic Violence Act de 1997, le ministère a institué un réseau de six Family Support Bureaux (FSB) pour les cas de violence domestique. Les FSB se trouvent à Bell-Village, Bambous, Flacq, Floreal, Goodlands et Mare D?Albert. Des Sexual Assault Units à l?hôpital Jeetoo et à l?hôpital Victoria dispensent également les soins particuliers aux personnes agressées sexuellement. Autant de moyens de lutter contre ce qu?Arianne Navarre-Marie considère comme ?une pandémie au même titre que le sida et le paludisme?. Une pandémie qui se répand en silence.
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