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Une vitrine qui tourne au fiasco

18 novembre 2007, 00:00

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On l?avait annoncée comme une manifestation servant de vitrine aux hommes d?affaires mauriciens pour favoriser les opportunités de partenariat avec leurs homologues malgaches. Il en a toutefois été autrement. La Foire mauricienne a tout simplement... foiré !

L?horloge du gymnase au Palais des Sports de Mahamasina indiquait 13 h 57 ce jeudi 15 novembre. Sur un fauteuil installé au stand d?Enterprise Mauritius (EM), un des préposés roupille à poings fermés. Il donne l?impression de faire la sieste après un bon repas. Ou alors, c?est quelqu?un de vraiment crevé, en raison de la course contre la montre qu?il a eu à livrer pour que tout soit « présentable » à l?heure de l?ouverture officielle de la Foire mauricienne.

À quelques mètres, un vendeur termine, au milieu de l?échoppe, son repas servi en take-away. Plus loin, un autre se verse une rasade de boisson gazeuse, assis à même une boîte en carton, alors que les clients scrutent ses produits. Les boîtes vides sont éparpillées çà et là. Les stands manquent de touche finale.

Un vrai capharnaüm

À l?heure prévue pour l?ouverture officielle, certains exposants se démènent encore pour terminer de ranger leurs produits. Le transfert vers Antananarivo n?a pas été de tout repos. La représentante du transitaire officiel rejette tout blâme pour le retard accusé dans l?acheminement de certaines cargaisons. « Les dernières consignations sont en douane, ici, depuis plus d?une dizaine de jours, et il nous a fallu attendre l?arrivée des exposants pour la livraison », avance-t-elle. Toujours est-il que le gymnase du Palais des Sports ressemblait, ce jeudi matin, à un vrai capharnaüm.

Et pourtant, cela fait près de quatre heures depuis que Rajesh Jeetah, le ministre mauricien du Commerce, a inauguré cette manifestation commerciale organisée par EM. Une manifestation qui se voulait « vitrine » du savoir-faire mauricien, mais qui est tout sauf une opération de séduction en direction de ceux qui seraient tentés de monter des projets en partenariat avec des hommes d?affaires mauriciens.

Elle n?est ni foire industrielle, ni rencontre planifiée entre partenaires potentiels. À tout casser, elle ressemble à une braderie de kermesse paroissiale d?un dimanche matin, encore que la plupart des articles, à l?exception des produits textiles, ont du mal à séduire la clientèle malgache.

Le parquet du gymnase, qui venait d?accueillir un concert, est jonché de res-tes de chewing-gum. Le spectacle est si désolant que le représentant de Steam House, une de sociétés qui y participent, doit avoir recours à une entreprise de nettoyage pour redonner de sa brillance au sol. « Le Salon de l?habitat était, de loin, plus alléchant », lâche une visiteuse qui repart les mains vides. Certains gros businessmen de Madagascar qui ont fait le déplacement s?échangent quelques mots à la sortie. À tendre l?oreille, on comprend bien vite qu?ils ont du mal à trouver les partenaires qu?il leur faut vraiment.

Justifier les manquements

Et les rencontres Business to Business (B to B) se comptent sur les doigts d?une seule main. Un homme d?affaires ne se gêne pas pour dire ses quatre vérités à un cadre d?Enterprise Mauritius. Pour minimiser la casse, le fonctionnaire réunit, à la va-vite, quelques journalistes autour du businessman pour qu?il explique le motif de sa présence. Pour justifier les nombreux manquements relevés, le directeur d?Enterprise Mauritius, Prakash Beehary, explique que cet organisme a voulu brasser large pour cette première sortie en terre malgache.

« Pour cette première manifestation, nous avons volontairement combiné rencontres B to B et les ventes de produits. À l?avenir, nous thématiserons notre opération. »

Un mea culpa qui ne réduit en rien l?impact négatif de cette foire. À vouloir courir plusieurs lièvres, EM risque de ne rien rapporter. L?honneur mauricien en a pris un sale coup cette semaine à Mahamasina.

Renaud MARIE, d?Antananarivo.

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