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Une virée dans le Sud profond
Fraîchement débarquée de la lointaine Europe, une jeune journaliste découvre Madagascar à travers le grand Sud. D’Antananarivo à Fort-Dauphin en passant par Ihosy, Ambovombe sur l’enfer de la nationale 13, elle effleure des trésors qu’elle n’a pu encore découvrir.
Le grand Sud de l’Île rouge ne se parcourt pas, en un seul week-end, surtout si le voyage se fait en taxi-brousse. Le trajet d’Antananarivo à Ambovombe se déroule bien jusqu’à Ihosy. Mais passé ce cap, la route se transforme en piste et le chauffeur doit se tenir bien éveillé car les coups de volant se multiplient, à droite, à gauche, afin d’éviter les grandes ornières qui occupent une bonne partie de la chaussée.
En somme pour faire les 140 derniers kilomètres, qui séparent Ihosy d’Ambovombe, il faut presque autant de temps que pour parcourir Antananarivo-Ihosy. Sept heures de temps. J’ai cru qu’on n’y parviendra jamais. Et encore, c’est en 4x4. Je n’ose imaginer l’itinéraire en taxi-brousse.
La population Antandroy, très miséreuse, est de ce fait la moins hospitalière de Madagascar. Sous la chaleur, les gens travaillent énormément, touchés par le manque d’eau et l’insuffisance alimentaire. La vie coûte très cher, car tout est importé dans une bonne partie de la région. Sauf le zébu, sa principale richesse.
Du Pic Saint-Louis, un panorama impressionnant</B>
Quand on arrive à Tolagnaro ou Fort-Dauphin, sur la côte Est, ce qui frappe d’abord, c’est la splendeur géographique de la ville. Elle n’est pas en soi attrayante, certes, c’est sa faune, sa flore, ses lacs et ses collines qui font d’elle, une destination de premier choix. De ce fait, les guides, postés à des endroits stratégiques comme l’Office du tourisme, guettent leurs proies afin de vendre leur balade en pirogue ou leur trekking vers le Pic Saint-Louis.
À plus de 500 mètres de hauteur, le Pic Saint-Louis offre un panorama impressionnant des baies et plages de Fort-Dauphin. La montée est rude, mais le spectacle est d’ampleur. La balade permet, en outre, de se familiariser avec les végétaux de la région (plantes grasses, épineuses…).
Tout près de Tolagnaro, la réserve Nahampoana héberge les espèces animales et végétales de la région Anosy : lémuriens diurnes et nocturnes, caméléons, crocodiles, bambous, palmiers, népenthès… et j’en passe.
Il ne faut pas non plus rater la balade en pirogue dans la baie de Lokaro. Il faut passer par un petit village de pêcheurs, Evatra, situé à l’entrée d’un vaste estuaire qui donne sur l’océan Indien et bordé d’une plage paradisiaque. L’itinéraire classique vous fera déjeuner à Evatra, avant de repartir à pied vers la baie de Lokaro.
Toujours dans le Sud mais à l’ouest, existe, au nord de Toliara, un petit village touristique, évoqué dans tous les guides : Ifaty. Cependant, de nombreux expatriés ont élu domicile à Ifaty ou Mangily, et le site a perdu tout son charme. De grands hôtels sont, en outre, dressés le long de la plage. “Le Vazaha (Etranger ou Blanc) sac à dos lutte pour y trouver une chambre. Celle-ci se paie en monnaie malgache, l’ariary. Dans certains établissements de luxe, les prix s’affichent cependant en euro.”
Par contre, Anakao, petit village dont tous les guides font également l’éloge, ne ressemble pas à Mangily. La population locale est très présente, le tourisme aussi, mais de manière moins abondante et moins imposante. Les prix sont décents et l’on peut s’offrir des plateaux de fruits de mer pantagruéliques pour une modique somme.
Ce n’est pas tout, la plage d’Anakao est un lagon, donc un lieu propice à la découverte des fonds marins. Amateurs de corail, préparer vos bouteilles et organisez-vous une sortie de plongée !
D’autre part, l’atoll que constitue le petit Îlot de Nosy Ve est une réserve d’oiseaux à explorer. Amoureux de la nature, Anakao est la destination phare du grand Sud.
<I>l’Hebdo de Madagascar</I>
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