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Une vingtaine de nouveaux malaises à l?école GRNO

22 septembre 2004, 20:00

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La série noire se transforme en véritable thriller. Hier, l?école du gouvernement de Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO) a été de nouveau témoin d?une vingtaine de malaises d?enfants et de celui d?un enseignant.

C?est la quatrième fois, en autant de jours d?école, que des écoliers de cet établissement se sentent mal. Depuis jeudi dernier, plus de cinquante enfants et cinq enseignants ont été admis à l?hôpital pour des soins.

A la mi-journée, les médecins du ministère de la Santé, présents pour effectuer des examens médicaux, ont jugé nécessaire d?envoyer douze enfants à l?hôpital Jeetoo de Port-Louis. Durant l?après-midi, une dizaine d?autres écoliers et une enseignante ont suivi pour des tests approfondis. Ceux-ci excluent l?empoisonnement par inhalation de gaz.

?A partir de onze heures, des enfants ont commencé à se plaindre de douleurs au ventre et de nausées. Les médecins ont alors jugé sage de faire venir une ambulance pour les emmener à l?hôpital?, témoigne un enseignant.

Pour l?heure, les autorités ne parviennent toujours pas à découvrir la cause des malaises. ?Aucune preuve concrète de gaz dans l?air n?a été trouvée et pour l?instant, les fonctionnaires sur place n?ont pas réussi à établir s?il y a eu une émission de gaz provenant de l?usine Les Gaz Industriels Ltée?, affirme le ministre de l?Education Steven Obeegadoo.

Sans vraiment l?avouer ouvertement, le ministre semble penser qu?il y a une dose psychologique dans ces malaises car il ajoute : ?Bien qu?il n?y ait aucune indication d?intoxication, le système de production de l?usine est vérifié.?

Cette thèse est aussi de plus en plus évoquée par les officiers du ministère de l?Environnement, du ministère de la Santé et du ministère du Travail. Ils enquêtent depuis vendredi dernier. Ceci, même si les investigations se poursuivent sur divers fronts. Toutes les éventualités et tous les scénarii sont décortiqués.

Selon des sources officielles, le premier cas aurait pu être causé par une fuite. Mais les malaises depuis le début de la semaine pourraient résulter d?une psychose. Pour l?instant cependant, rien ne confirme cette hypothèse.

Un enseignant, en poste depuis des années dans l?école, indique qu?il n?y avait jamais eu de problème de ce genre dans l?établissement. ?Au départ, c?était réel, mais peut-être que cela a créé une psychose?, pense-t-il.

Outre l?enquête au sein de l?usine Les Gaz Industriels Ltée, les autorités examinent également l?eau potable de l?école et l?air. Depuis mardi soir, une unité du ministère de l?Environnement mesurant la qualité de l?air est opérationnelle dans l?enceinte de l?école. Pour l?heure, les mesures enregistrées n?ont pas permis de constater un problème particulier dans l?air de la région. ?Nous mesurons même les usines situées dans un rayon d?un kilomètre autour de l?école?, affirme Rajesh Bhagwan, ministre de l?Environnement. Il demande également aux parents de ne pas réagir ?de façon hystérique? et affirme que le maximum est fait pour mettre un point final au problème.

Coopération

La direction de l?usine située à côté de l?école est pointée du doigt par les parents depuis le premier incident jeudi dernier. Elle se montre très coopérative avec les autorités bien qu?elle nie toujours que ses installations soient la source du problème.

?Lundi et mardi, il y a eu des malaises. Pourtant l?usine ne fonctionnait pas pendant les heures de classes. Nous sommes ici depuis 52 ans et nous n?avons jamais eu de problème parce que nous opérons toujours dans les normes strictes de sécurité?, soutient Vincent Labatte, directeur général de Les Gaz Industriels Ltée. L?école a également été bâtie durant les années 50. Les deux structures ont paisiblement cohabité depuis lors.

L?usine a tout de même accepté hier d?arrêter la production d?acétylène pendant les heures de classes pour une période d?au moins deux semaines. L?acétylène est un mélange de pétrole et de gaz naturel utilisé comme carburant. La direction a également accepté de rehausser le mur séparant l?établissement de l?usine. Au lieu d?un mètre de haut, il devra mesurer environ trois mètres.

?Les autorités nous ont demandé de faire des améliorations et nous le faisons. Mais c?est surtout pour la forme?, explique Vincent Labatte.

En attendant, les parents sont toujours aussi inquiets. Ils ont manifesté devant l?usine, comme mardi matin. ?Jeudi dernier, mon fils crachait du sang. Zame linn fer sa e lopital pa inn resi dir ki lakoz ete. Sa zour la ti ena enn for loder gaz. Hier li ti senti so latet fer mal. Nou envi kone ki pe arive?, se plaint Louise Maita, mère du petit Joey.

James Burty David, député travailliste de la circonscription, estime pour sa part, ?inacceptable qu?aucun rapport n?ait été rendu public pour expliquer les causes de cette intoxication?. Ayant rencontré des parents d?élèves sur place, il affirme qu?ils ont raison d?exprimer la colère, ?surtout quand de telles perturbations arrivent à la veille des examens?. Le député soutient que les autorités devraient mettre sur pied une équipe d?intervention rapide pour faire face à des tels problèmes.

Le ministre de l?Education a lui aussi rencontré hier, à son bureau de Ph?nix, l?association des parents d?élèves de l?école. Ils participeront à une nouvelle réunion aujourd?hui avec les autorités et la direction de l?usine.

Trouver la réponse aux interrogations des parents risque de prendre encore un peu de temps.

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