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Une vie de danse
Kareen Oxenham est danseuse, avec un emploi du temps bien serré, au service de l?association Les Enfants d?un rêve. On est dans sa vraie vie. Une vie remplie et passionnante dans laquelle cette jeune fille spontanée et enthousiaste ne se laisse pas enfermer, parce qu?elle aime ce qu?elle fait et qu?elle sait s?organiser en conséquence.
Elle aurait pu être médecin comme le souhaitait son père, elle a essayé de trouver une joie quelconque dans le marketing, mais elle n?a jamais été aussi emballée que quand elle se mettait à danser. Et quand elle danse, elle a l?esprit ailleurs.
Kareen Oxenham sourit à la vie et la vie lui sourit en retour. A quatorze ans, déjà certaine d?avoir du talent, elle monte des numéros dans sa demeure familiale et fait payer l?entrée à chaque membre de sa famille. Ingénieux non ? Aujourd?hui, ce sont ses cousines qui ont copié l?exemple.
Rythmés et saccadés
Elle suit alors des cours de danse classique. Quatre ans plus tard, elle s?initie aux joies du modern jazz, participe aux premières éditions des Enfants d?un rêve et s?envole ensuite pour parfaire son art en Angleterre. «Pour la langue d?abord, pour les possibilités d?étudier d?autres matières ensuite. »
Elle se retrouve à Bedford, à rivaliser avec d?autres étudiants peu généreux. La première année est dure. La seconde elle s?affirme, la troisième elle s?émancipe, assiste à un maximum de comédies musicales et peaufine son talent. « J?ai toujours aimé la scène, le spectacle, la danse. Je crois que chaque artiste a quelque chose de très personnel à offrir, une part de lui-même à exprimer.»
Pour Les enfants d?un rêve, elle a imaginé un tableau pour chaque morceau à qui des mouvements rythmés et saccadés, donnent vie. C?est aérien, parfois au sol, avec toujours des mouvements inspirés. C?est encore elle qui a dessiné les costumes. Kareen Oxenham y a mis tout son savoir-faire, en dépit des quinze jours de notice qu?elle a eu avant le coup d?envoi du spectacle.
C?est ce qu?elle aime par-dessus tout : se surpasser à chaque fois. C?est ce qui l?a fait accepter d?être l?une des danseuses du récent spectacle de Valérie Berger : La Nuit giratoire. Un spectacle de danse dans lequel le metteur en scène s?interroge sur les échanges sexuels la nuit.
« J?ai hésité avant d?accepter parce que j?appréhendais les critiques en raison du thème délicat abordé dans ce spectacle. Mais une fois ce moment de doute passé, ce spectacle m?a emballée, pas seulement pour son audace, mais pour le challenge personnel que cela exigeait.»
Kareen Oxenham a donc eu raison d?y croire. Les critiques ont été dithyrambiques. Pour en être arrivée-là, elle sait que sans le soutien de sa famille et sans celui de Térésa David, qui a été sa première prof de danse, son chemin n?aurait pas été si lumineux.
Son présent est dense, entre les cours qu?elle dispense et son envie d?avoir sa propre école de danse. Si la volonté ne manque pas, ce sont les capitaux qui font défaut. Mais qu?elle se rassure. La volonté peut tout. Dans quelques années, son rêve ne pourra que se réaliser.
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