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Une tempête dans un verre d?eau...
Hier matin à l?est de l?île qui devait être la cible de la mini-tempête annoncée par la météo, c?est le calme plat à part des petits et gros débordements. Derrière de lourds nuages noirs, un mince rayon de soleil arrive à filtrer. Sur les routes et dans les rivières, enfants et adultes profitent de ce lundi chômé.
À Mare-d?Australia, après les dernières prévisions météorologiques, des planteurs de pommes d?amour, n?ont qu?un objectif : cueillir le maximum de leurs produits encore? verts. Par contre, à Poste-de-Flacq, les champs de légumes sont inondés et les cannes plongées dans plusieurs centimètres d?eau. ?Mo fatige ar sa le tan la, se plaint un habitant de la localité, Ganjhia Beeponee. À sak fwa ki la pli tonbe, la rivier bouse et tou dilo vinn kot mwa.?
Il n?est pas le seul. Les cours de bon nombre d?autres résidents sont des flaques boueuses. Il y a de l?exaspération dans l?air? Il y a aussi l?inconscience du danger. Car des enfants, au bord de la rivière en crue, chahutent de tout c?ur alors que d?autres, très concentrés, s?adonnent à la pêche !
À Belle-Mare, des touristes se prélassent déjà sous les rayons revenus pour une séance de bronzage. Tandis que des pêcheurs vaquent à leur occupation. ?Gran matin ti ena siklon, explique l?un d?entre eux, me aster la korek.? Toutefois ils se contentent de traquer leur poisson? quotidien à quelques mètres de la plage, ne voulant pas prendre le risque de sortir leurs bateaux. De nombreux parents, s?octroyant un jour de congé, accompagnent leurs enfants en promenade.
Mais il y a du rose et du morose. À Bramsthan, les ruelles sont tellement inondées qu?il faut enlever ses chaussures pour rallier la route principale. Les plus téméraires n?hésitent pas, eux, à se déplacer à bicyclette. ?A sak gro lapli, mem zafer, affirme Suresh, e sa pou res koum sa enn bon bout le tan.?
Les habitants sont aussi préoccupés par le chikungunya. ?Inn dir nou fer atansyon e pa gard oken ti la mok dilo pou pa gagn moustik me ki nou pou fer ar sa bann gran lak dilo la ?? En parcourant la région, on ne peut que constater que des cours entières ? devenues des mini-piscines, le sol saturé ne parvenant plus à absorber l?eau des pluies ? sont des berceaux à moustiques.
À Bel-Air, même situation inquiétante. Des maisons en tôle et aux suspensions brinquebalantes juxtaposent la rivière Catherine. On parvient difficilement à démarquer les cours des habitants du cours d?eau.
Comment a-t-on pu construire aussi près d?une rivière ? Les habitants sont réticents à répondre. Quand on pense au danger potentiel que ces maisons représentent tant pour des adultes que pour des enfants?
Un lundi au soleil
Ciel dégagé et percées de soleil, hier, au Nord. Il n?en faut pas plus pour que bon nombre d?élèves, agréablement surpris, fassent de ce congé imprévu une journée de détente à la mer.
Autre son de cloche de la part des parents qui estiment ?qu?il n?y avait manifestement aucune raison pour fermer les écoles hier?. ?La météo parle d?une mini-tempête mais le temps est beau !? s?exclame, quelque peu dépité, un père venu accompagner ses enfants pour une baignade. ?C?est bizarre : nous avons eu plus de pluie et de vent avant l?annonce de la tempête?, ironise une commerçante de la localité.
À Grand-Baie, les touristes font du lèche-vitrines en parlant de la tempête et du? beau temps. D?autres retrouvent la plage de Trou-aux-Biches avec bonheur alors qu?à Pointe-aux-Piments, des vacanciers français s?apprêtent à une virée dans nos lagons en plongée sous-marine.
À Triolet, des planteurs tentent de sauver leur récolte. Déjà, les dernières fortes averses leur ont donné des sueurs froides. ?Nou ti krwar la pli pou craze ankor me erezman pa finn ena nanien?, confie Nathan. Dès l?aube, son frère et lui cueillent le maximum de légumes.
Mieux vaut prévenir que guérir. L?adage est suivi par des pêcheurs de Cap-Malheureux. Ce n?est que dans l?après-midi qu?ils ressortent leurs embarcations. ?Noun perdi ene zourne travay pou nanien parski pa finn ena ni la pli ni la tanpet?, constate l?un d?eux. Mais Gaëtan, 30 ans de métier, rectifie : ?On n?est jamais assez prudent?? Parole de sage !
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