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Une situation chaotique qui persiste

28 juillet 2008, 00:00

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En face de l?entrée de l?hôpital Sir Sewoosagur Ramgoolam, à Pamplemousses, se trouvent pêle-mêle, des fruits, des gâteaux, des pistaches et des vêtements. Il y a aussi les snacks qui préparent des mines, des fritures et des pains fourrés.

Certains étals sont là depuis au moins trente ans et leurs propriétaires attendent avec impatience de s?installer sur des emplacements flambant neufs, près de la gare routière.

«C?est vraiment sale ici. On ne peut pas continuer à travailler dans ces conditions. Je serai content de déménager au plus vite, mais les autorités font traîner les choses», se plaint Pemanand Busgeet, qui vend des fruits et des gâteaux ici depuis 25 ans.

Il n?y a ni eau ni électricité. Pas de réfrigérateur. Les étals sont construits avec des matériaux de fortune. Les feuilles de tôle sont rouillées. Certains ont installé des auvents en plastique pour avoir une plus grande superficie et mieux exposer leurs produits. Les gâteaux sont préparés sur place. Après la cuisson, ils restent exposés à l?air et à la poussière et sont souvent servis sans gants.

Quelques mètres plus loin, un marchand grille ses pistaches en pleine nature, juste à côté d?une poubelle.

Les familles qui viennent visiter leurs proches hospitalisés pourraient acheter leurs fruits à la boutique du coin, où les conditions d?hygiène sont nettement meilleures. Mais ils préfèrent souvent les petits marchands installés juste en face de l?arrêt d?autobus. Quitte à faire entrer des microbes à l?hôpital !

Tous coupables

«C?est depuis longtemps que les autorités sanitaires auraient dû sévir contre ces marchands, qui ne respectent pas les normes d?hygiène», grogne un infirmier, qui travaille à l?hôpital depuis 25 ans.

Mais si les marchands ont une part de responsabilité dans cette situation, le public et certains employés de l?hôpital sont aussi coupables. Ils sont nombreux à venir consommer sur place et ne jettent pas toujours leurs détritus dans la poubelle. Et achètent aussi les produits exposés aux quatre vents.

Le déménagement dans de nouvelles boutiques fermées et équipées en eau et électricité devrait régler le problème d?hygiène. Mais pas seulement. «Cela nous débarrassera de la concurrence déloyale», se félicite Pemanand Busgeet.

Mické, employé depuis 25 ans dans la boutique du secteur, est ravi lui aussi. Mais pas pour les mêmes raisons. «Dans le passé, il y a eu des batailles rangées entre nous et certains propriétaires des étals. Mon patron a même fini à l?hôpital.» Qui n?est pas loin, heureusement. L?installation des étals à 100 mètres devrait calmer les esprits.

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