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Une question de déclic

28 octobre 2003, 20:00

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A l?occasion de son dernier point de presse en tant que ministre des Finances, Paul Bérenger avait annoncé son intention de revoir le ?New Economic Agenda? afin de rectifier le tir. On se serait attendu ce que ce thème figure au menu des discussions entre le nouveau Premier ministre et le secteur privé. Cela aurait pu être l?occasion d?une discussion revigorante permettant d?éclairer de nouvelles opportunités de développement et de trouver des idées novatrices.

L?exercice aurait été plus utile que de ressasser une fois de plus les mêmes rengaines à propos, notamment, des menaces qui pèsent sur nos accords commerciaux préférentiels.

Pourtant, tel ne semble pas avoir été le cas si l?on se réfère au compte rendu des principaux intéressés à l?issue de la réunion de lundi entre le Premier ministre Bérenger et les représentants du Joint Economic Council (JEC). Il y a heureusement eu une nouvelle - enfin pas tant que cela ? proposition de développer davantage l?industrie de la pêche.

A part cela, les thèmes abordés sont pratiquement les mêmes que ceux abordés lors des précédentes réunions entre le gouvernement et le privé. D?où cette impression de déjà vu. Certes, les difficultés et les défis auxquels est confrontée l?économie du pays restent les mêmes et, au demeurant, il ne pouvait en être autrement.

Les problèmes aussi complexes que le chômage, l?endettement de l?Etat et le déficit public ne se règlent pas en vingt-quatre heures et il est normal que ces questions reviennent sur le tapis.

Mais ce qui donne l?impression que l?on tourne finalement en rond est d?entendre parler pour la énième fois des contraintes de la bureaucratie avec une nouvelle fois la promesse que le problème sera résolu. Il y a des lustres que des comités avaient été créés pour revoir toute la politique d?octroi des permis en vue de la rationaliser.

Les responsables font comprendre que le délai s?explique par la complexité du problème. Ils assurent également que le travail de réflexion et de préparation est terminé. Les lois qui doivent être amendées pour faciliter l?investissement ont été identifiées et il ne resterait plus qu?à passer à l?acte. On ne peut qu?espérer que cela se fasse avant la prochaine réunion entre le JEC et le gouvernement.

Par ailleurs, s?il est vrai que la baisse de l?investissement privé est en partie attribuable aux lourdeurs frustrantes de la bureaucratie, elles ne sauraient tout expliquer.

On sent d?ailleurs le président du JEC, Gilbert Espitalier Noël, sur la défensive concernant cette question. Ce n?est pas juste de dire que le privé manque de dynamisme, plaide-t-il. Le 11 octobre dernier, au cours de sa première conférence de presse en tant que Premier ministre, Paul Bérenger avait déclaré que le gouvernement avait créé les conditions propices à l?investissement et que la balle était désormais dans le camp de ce dernier.

En attendant de savoir qui a raison, l?investissement privé a effectivement chuté pour ne représenter que 23 % du produit intérieur brut (PIB).

La conjoncture est difficile. La transition de l?économie passe également par une restructuration interne des entreprises qui mobilisent les ressources et les énergies qui idéalement auraient été canalisées vers le développement et l?expansion. Tous les grands groupes sont engagés dans ce processus comme en témoignent les transactions boursières de ces dernières semaines.

Par ailleurs, les nouvelles avenues de développement identifiées nécessitent un apprentissage et ce n?est pas une nouvelle baisse des taux d?intérêt qui facilitera l?acquisition d?un nouveau savoir chez nos capitaines d?industrie.

Cela ne revient pas à dire que nos hommes d?affaires manquent d?imagination. Même si on peut concevoir que l?on aborde plus timidement et avec davantage de précaution des activités pour lesquelles nous n?avons aucune culture, il n?en demeure pas moins vrai que l?audace devrait être la principale caractéristique de l?entrepreneur. Et c?est peut-être là le principal reproche de Paul Bérenger au secteur privé.

Il assure que tout a été fait pour faciliter l?investissement privé. Peut-être que ce qu?il n?a pas su déclencher c?est le déclic pour un ?investment mood?. L?allumage se fait toujours attendre.

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