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Une pénurie de marins bloque la campagne de pêche
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Une pénurie de marins bloque la campagne de pêche
LA campagne de pêche sur les bancs de Saya de Malha a pris un mois de retard. Les marins mauriciens font défaut et quatre bateaux sont immobilisés dans le port. Devant une telle situation, les compagnies de pêche se tournent vers le ministère du Travail et réclament la permission de recruter d?urgence des Malgaches.
Les bateaux immobilisés sont Le Gentilly, le Hoi Siong N° 5, Le Shandrani et Talbot 4. Leurs propriétaires annoncent une flambée des prix si une solution n?est pas rapidement apportée.
Le ministère de tutelle se voit dans l?obligation d?accorder dans l?immédiat 35 permis de travail. Mais il reste encore une cinquantaine de dossiers à approuver pour les huit bateaux qui doivent participer à cette campagne.
Le ministère se dit étonné d?une telle demande dans la mesure où 884 pêcheurs ont suivi récemment des cours à l?école navale. Ces derniers ne semblent pas intéressés par ces emplois, jugeant les conditions de travail et le niveau des rémunérations inacceptables.
Rémunération d?environ Rs 50 000
Les patrons affirment de leur côté que les pêcheurs sont bien traités et correctement rémunérés. Selon Ip Kwok Sheung, propriétaire du Hoi Siong, les pêcheurs mauriciens perçoivent entre Rs 40 000 et Rs 50 000 pour une campagne de 60 jours. ?Un pêcheur gagne cette somme s?il fournit quelque trois tonnes de poissons?, explique néanmoins Ip Kwok Sheung. Il est difficile, ajoute-t-il, de trouver des pêcheurs professionnels pouvant répondre à cet appel pour ?rester compétitif?.
Cet avis est partagé par Hemraj Ghina, propriétaire du Shandrani.
?Le jour du départ on constate de nombreuses absences. C?est un gros problème. De plus, quand nous sommes en mer certains veulent rentrer. Nous avons dû revenir en arrière en trois occasions entre novembre et janvier?, déclare-t-il. Les compagnies de pêche opèrent en ce moment avec 250 personnes. ?Ce n?est pas suffisant. Nous avons besoin de 20 % de main-d??uvre en plus?, explique Hemraj Ghina.
Les patrons réclament aussi davantage de considération de la part du gouvernement. Ils expliquent que leur industrie est en crise. Ainsi, le nombre de bateaux est passé de 18 en 1995 à huit cette année. Cela est dû, disent-ils, au fait que les propriétaires ?n?ont pas eu jusqu?ici accès aux emprunts à des taux préférentiels pour remettre leur business sur les rails?. Les patrons souhaitent aussi l?application de la compensation salariale sur le travail à la pièce et non sur le salaire de base.
Les propriétaires de bateaux espèrent enfin du ministère de la Pêche la mise sur pied d?un centre de soins à Saint-Brandon. ?Lorsque quelqu?un tombe malade on doit rebrousser chemin?, affirme Ip Kwok Sheung. Il souhaite aussi la création d?un registre de pêcheurs professionnels.
Le syndicat des pêcheurs, qui ne partage pas toutes ces revendications, a demandé une rencontre tripartite. Celle-ci est prévue demain. Au total, 1 427 personnes sont enregistrées comme pêcheurs professionnels.
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