Publicité
Une opposition de plus en plus divisée?
Ashock Jugnauth bénéficie de l?appui du MMM mais pas celui du MSM. Car ce dernier veut d?un candidat unique pour l?opposition en cas de partielle au n° 8. Alors que Showkutally Soodhun évoque la possibilité de démissionner, ayant reçu une offre d?emploi du Bureau international du travail. Un départ qui risquerait de faire basculer le siège du leader de l?opposition?
S?agissant d?Ashock Jugnauth, Paul Bérenger, leader du MMM, ne devrait pas présenter de candidat en cas de partielle. Il a aussi confirmé qu?il soutiendra Ashock Jugnauth. Mais, de son côté, le MSM, souhaite plutôt un candidat qui représente l?ensemble de l?opposition. Ce parti envisagerait même la possibilité d?avoir «un autre candidat de l?opposition», le cas échéant.
Mais pour l?heure, Ashock Jugnauth ne compte pas démissionner de l?Assemblée nationale, du moins pas avant d?avoir pu faire appel au Privy Council. Le leader de l?Union nationale, dont l?élection a été annulée par la Cour suprême, se dit toutefois prêt à affronter une élection partielle.
Lors d?une conférence de presse hier, Ashock Jugnauth a expliqué que le Privy Council ne considérerait pas une procédure d?appel si le soumissionnaire a démissionné de son poste. Il compte rencontrer le speaker lundi afin de passer la situation en revue. Mais entre-temps, il estime que son droit de faire appel lui permet également de continuer à siéger à l?Assemblée nationale.
Ashock Jugnauth insiste que le jugement de la Cour suprême a créé un précédent. «Chaque pays a sa façon de faire des élections», soutient-il. Il estime ainsi que tout ce qu?un candidat pourra promettre dorénavant pourrait être retenu contre lui. Le leader de l?Union nationale estime qu?un jugement éventuel du Privy Council viendra éclairer le débat.
Faisant référence au jugement lors d?une fonction au Domaine Les Pailles hier, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait de son côté fait ressortir que«quand une personne a été accusée d?avoir illégalement gagné les élections à cause d?une bribe électorale, je pense qu?elle doit respecter le jugement. Mais chacun a sa morale, son sens du devoir».
La procédure en cas d?appel devrait, elle, prendre plusieurs mois. «Cinq à six mois», estime Ashock Jugnauth. Et le gouvernement doit, selon lui, aider à faire diligence en appuyant le dossier.
De son côté, Showkutally Soodhun, député du MSM et whip de l?opposition, n?avait pas encore décidé, hier soir, s?il allait démissionner. Il est tiraillé entre la fidélité à son parti et la perspective d?occuper un poste important au Bureau international du travail.
Showkutally Soodhun a eu une offre de cet organisme qui voudrait le nommer directeur régional pour l?Afrique. Un poste qu?il obtient grâce au réseau qu?il s?est constitué durant la période où il a été ministre du Travail. Un pont d?or aussi puisque le salaire mensuel est estimé à environ un demi-million de roupies.
Le député MSM a passé toute la soirée d?hier à consulter les membres de son parti mais aussi ceux de sa famille avant de prendre une décision. Il l?annoncera ce matin, lors d?une conférence de presse au Sun Trust.
L?enjeu est important. La démission éventuelle de Showkutally Soodhun déterminera le poste de leader de l?opposition. S?il part, c?est Abdullah Hossen, du MMM, qui devrait prendre sa place, comme député correctif. Ce qui donnerait un avantage numérique au MMM à l?Assemblée nationale, par rapport au MSM. Et, du coup, le poste de leader de l?opposition, occupé par Nando Bodha, secrétaire général du MSM, reviendrait à Paul Bérenger?
<B>Par Thierry CHATEAU</B>
«SEXUAL OFFENCES BILL»
La sodomie ne sera plus un délit
La sodomie était jusqu?ici un délit. Mais avec le Sexual Offences Bill, tel ne sera plus le cas. Sous la nouvelle loi, la définition du viol inclut cependant la sodomie en l?absence de consentement. La nouvelle loi sera présentée ce mardi à l?Assemblée nationale.
La loi actuelle prévoit que les coupables de sodomie sont passibles d?une peine d?emprisonnement ne dépassant pas cinq ans. Pour les mineurs et les handicapés mentaux, cette peine était d?une durée minimale de deux ans. Mais avec le Sexual Offences Bill, ceux trouvés coupables de sodomie sans consentement risquent une peine maximale de 45 ans.
De la perversion sexuelle à une plus large définition du viol, les différents délits sexuels sous cette loi ont été précisément définis. La nouvelle loi accorde aussi une attention particulière aux mineurs (moins de 16 ans), aux victimes ? notamment celles qui sont des handicapés mentaux ? d?inceste et de viol. Ceux trouvés coupables de délits sexuels contre ces catégories de personnes seront condamnés à la servitude pénale pour une période de 45 à 60 ans. Jusqu?ici, la cour intermédiaire ne pouvait infliger de peines dépassant huit ans pour ces délits, sauf pour les coupables tombant sous le Dangerous Drugs Act.
Quant à ceux trouvés coupables de viol ou d?agressions sexuelles dans des circonstances aggravantes (viol collectif entraînant la mort de la victime, agressions contre les femmes enceintes et les handicapés), les coupables seront passibles d?une peine ne dépassant pas 60 ans.
Cette nouvelle législation protège également l?enfant. Des activités sexuelles en présence d?un enfant ou encore contraindre celui-ci à de tels actes, sont ainsi sévèrement sanctionnées. Les personnes coupables de fausses allégations dans le cadre d?une enquête ou d?un interrogatoire par la police ou par un fonctionnaire, n?échapperont pas non plus à la justice.
Les procès concernant les délits sexuels seront également accélérés. La loi exige que ceux-ci soient entendus selon un calendrier de jours spécifiques jusqu?à ce que les tribunaux aient entendu toutes les personnes concernées.
D?autre part; la presse ne pourra plus désormais révéler l?identité d?une personne victime de délit sexuel.
Jane L.O?NEILL
Publicité
Publicité
Les plus récents