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Une mère s?immole par le feu
«Pourquoi continue-t-elle à se faire du mal ? » Cette question, Clyde Duquesne n?a cessé de la ruminer depuis que son épouse Marie-Claude a tenté de mettre fin à ses jours en s?immolant par le feu. À la Burns Unit de l?hôpital Victoria où la femme a été admise vendredi matin, son état inspire de vives inquiétudes : 35 % de son corps ont été touchés. « Nous attendons que son état se stabilise pour l?opérer », dit un médecin.
Marie-Claude, 26 ans, mère de trois enfants, vit avec son époux à Camp-Carol depuis dix ans. « Nous avons peu de moyens mais il ne nous manque rien », soupire Clyde qui ne comprend pas pourquoi sa femme s?obstine à s?autodétruire.
Troisième tentative
Il révèle que Marie-Claude n?est pas à sa première tentative cette année. Elle a d?abord essayé de se pendre dans sa maison. Une autre fois, elle s?est tailladé les veines et, à une autre occasion, elle a avalé de l?eau de Javel? À chaque fois, elle est sauvée in extremis par ses proches.
À Camp-Carol, on tente d?expliquer l?énième geste désespéré de Marie-Claude. « Chaque fois li boire l?alcool, li faire n?importe quoi? li gagne ène maladie nerfs», confie sa mère Marie-Ivy Ladouce. La famille avoue son impuissance. « Nous fine fatigué coze avec li. Kan li bien, li dir li pa rappelle ki li fine faire. » La jeune femme était suivie pour troubles mentaux à l?hôpital psychiatrique Brown Séquard depuis le début de l?année.
La journée avait pourtant bien commencé. Marie-Claude s?était occupé des enfants, avait fait la lessive et préparé le dîner. Le soir, lorsque Clyde rentre de son travail à Quatre-Bornes, la jeune femme est déjà saoule. « Elle a commencé à se disputer pour des peccadilles. Mais j?étais trop fatigué pour l?écouter et je me suis couché après le dîner. » Le mari sombre alors dans un sommeil profond et n?entendra pas les cris de sa femme.
Une torche vivante
Les traits tirés par la fatigue, Marie-Ivy confie n?avoir pas fermé l??il de la nuit depuis ce drame. Elle revoit toute l?horrible scène. Il est près de deux heures du matin. Le silence de la nuit est brutalement interrompu par des cris de douleur. « Mo fine tanne li dir ki li pé mette difé avec li », raconte Jean-Claude son père. Il se rue hors de la maisonnette en tôle et voit sa fille transformée en torche vivante. « Mo fine prend ène molleton, mone touffe difé-là. So cheveux, so lébras ek so lédos ti pé commence brûler. » Les yeux perdus dans le vague, il ne souhaite qu?une chose : que sa fille se rétablisse au plus vite.
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