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Une libéralisation dans la douleur

8 avril 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le secteur de la commercialisation de barres de fer de construction n?a pas fini d?enregistrer des remous. Sa situation a été caractérisée par des appels à l?aide de Desbro International, principal fournisseur sur le marché, pour une révision du prix, une baisse de la taxe douanière et une dérégulation du prix de ce produit.

Après une valse-hésitation, Desbro a fini par jeter l?éponge le 26 mars. Dix jours après la fermeture de Desbro, la baisse de la taxe douanière de même que l?abolition du contrôle du prix de ce produit sont introduites. La libéralisation de la vente de la barre de fer tant souhaitée, a été conçue dans la douleur.

Cette décision, à quelques exceptions près, a été accueillie de façon mitigée. Jean-Philippe Couve de Murville, directeur exécutif du groupe Cerena dont fait partie Desbro, a refusé de la commenter. « Je ne vais pas faire de commentaire à ce stade. »

<B>La colèreest palpable</B>

La colère dans les milieux proches de Desbro est palpable. Et pour cause. L?introduction de ces mesures coïncide avec la reprise des activités de Desbro par Murray & Roberts. Basée en Afrique du Sud, cette société opérait jusqu?ici par le biais de Misco, dont elle partage l?actionnariat avec la société Lam Po Tang. Misco est une compagnie importatrice.

La reprise des activités de Desbro permet à Murray & Roberts d?avoir une assise à Maurice conformément aux objectifs définis dans le rapport 2006.

« Our steel business is expected to generate significant additional growth for its expansion plan in the Middle East and the Indian Ocean Islands. » Murray & Roberts est la seule société sud-africaine à opérer dans ce secteur et à exporter ses produits.

Ce qui permet de supposer qu?il y a une forte probabilité qu?elle privilégie l?importation plutôt que l?administration d?une unité de fabrication de barres de fer.

L?émergence de Murray & Roberts suscite des interrogations. Lors d?une conférence de presse samedi, Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien a qualifié d?inhumain la façon dont le gouvernement a, selon lui, livré tout un secteur de l?économie mauricienne à un monopole étranger.

Il trouve scandaleuse la façon dont Desbro a dû fermer ses portes.

<B> « Une commission d?enquête s?impose » </B>

Pravind Jugnauth, leader du Mouvement socialiste militant a exprimé sa colère du fait que le gouvernement a permis qu?une compagnie étrangère occupe une position de monopole à Maurice. « Une commission d?enquête s?impose », a-t-il déclaré.

Invité à expliquer pourquoi ces mesures ont été initiées maintenant, Rajesh Jeetah a fait dire par le biais de son attaché de presse, Soondress Cadervaloo qu?il ne souhaite pas faire de déclaration et qu?il va rencontrer la presse cette semaine.

<B>Lindsay PROSPER</B>

RÉACTIONS

<B>Jacques de Navacelle, président du « Joint Economic Council » </B>

« C?est très ennuyeux qu?on libéralise les prix maintenant alors qu?on a refusé des demandes d?augmentation de prix de Desbro pendant plusieurs mois. C?est ce qui a provoqué sa fermeture. Si cette décision avait été prise plus tôt, Desbro aurait survécu. C?est à se demander si le gouvernement n?avait pas pour objectif de faire fermer cette entreprise. La libéralisation, toutefois, reste une bonne chose, car elle apporte plus de concurrence. Dans un premier temps, avec les opérateurs existants, nous allons peut-être avoir des hausses de prix, mais avec la concurrence les prix vont baisser. »

<B>Rajiv Gowressoo, « General Manager » de Samlo</B>

« J?accueille favorablement la décision du gouvernement de baisser la taxe douanière et de libéraliser le prix de vente de ce produit. L?émergence de ce nouvel environnement ne devrait pas donner lieu à une compétition sauvage. Ceux qui ont les moyens pour s?affirmer sur ce marché ne devraient pas le faire au détriment des opérateurs moins puissants. Il est nécessaire qu?il y ait une sorte de mécanisme non pas pour contrôler les opérations, mais pour veiller que les prix sont justes.

<B>Ashok Subron, négociateur de la « Steel Rolling Workers?Union »</B>

« Avec la globalisation, toute une série d?entreprises de substitution sont menacées de disparition. Dans ce genre d?opération, ce sont les travailleurs qui paient les pots cassés. La solution aurait été un rachat de la moitié des actions de Desbro par des sociétés privées appartenant à l?État. Dans l?intérêt des consommateurs et des travailleurs, le contrôle des prix des produits essentiels doit être maintenu. Ce sont les dinosaures et les rapaces qui tirent le plus de profit. Il faut prendre garde. Le risque d?invasion de notre réseau commercial et de la formation de cartel pour le contrôle du réseau de distribution des produits de consommation est réel. »

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