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?Une libéralisation du marché pétrolier profitera aux consommateurs?

30 mai 2007, 00:00

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Le baril cher est encore une fois d?actualité. Peut-on atténuer les effets éventuels de cette hausse à Maurice ?

Nous assistons effectivement à un retour du baril cher sur le marché international. Cela est dû essentiellement à une forte demande d?essence aux états- Unis et à une réduction des stocks des pays de l?OCDE. Le pétrole cher revient d?actualité après une pause.

Les prix des produits issus du pétrole (GPL, essence sans plomb, jet, gasoil, fioul?) ne dépendent malheureusement pas que de nos actions.

Il est certes facile de s?en prendre à la STC ou à l?industrie pétrolière pour exprimer le mécontentement après une hausse des prix selon l?Automatic Pricing Mechanism (APM). Mais les prix sont dictés par les marchés internationaux, qui dépendent eux de la demande et de l?offre mondiale et des équilibres géopolitiques.

Cependant, nous sommes d?avis qu?une libéralisation de l?approvisionnement permettrait de faire bénéficier aux clients mauriciens des synergies générées par la présence du groupe Total dans chaque pays d?Afrique et de ses sept raffineries de la zone.

Au même titre, une éventuelle dérégulation de la distribution permettrait de se démarquer de la concurrence et de mieux récompenser la créativité, l?innovation et la compétitivité. Nous avons, aujourd?hui, un seul fournisseur, la STC, qui nous fournit les mêmes produits au même prix. Notre marge de man?uvre est très réduite.

La libéralisation du marché pétrolier profitera-t-elle aux consommateurs. L?ouverture éviterait les discussions récurrentes sur la pertinence de la structure des prix fixés par le ministère.

Le groupe Total a contribué à faire évoluer ces réflexions dans plusieurs pays et nous sommes bien évidemment prêts à supporter une action dans ce sens à Maurice. Je pense que les pouvoirs publics montrent aujourd?hui une plus grande ouverture à ces idées qui sont, du reste, déjà appliquées dans la majorité de beaucoup de pays.

Il importe d?avancer dans cette direction. Maurice a eu tout au long de son histoire un grand mérite, soit la capacité de s?adapter à l?environnement externe. Nous sommes confiants que les choses évolueront dans le sens souhaitéà l?avenir.

Le mélange éthanol-esssence est présentée comme une solution au carburant cher. Où en sommes-nous avec le projet E10 ?

Attention ! Il ne s?agit pas d?alimenter de faux espoirs. L?éthanol à Maurice ne doit pas être vu comme la solution miracle pour réduire le prix de l?essence - en tout cas, pas dans l?immédiat.

Sans une politique de subvention, l?éthanol demeure cher. L?éthanol a, par contre, un vrai rôle à jouer dans les efforts de reconversion de la filière sucrière, soit dans la transition d?une industrie du sucre à une industrie de la canne. Il peut donner un nouvel élan à ce secteur en difficulté.

De manière concrète, la première phase des tests pour le développement du carburant E10 à Maurice, que nous avons effectuée sur une flotte de 25 voitures, a été concluante. Un rapport détaillé a été soumis au ministère du Commerce et de l?Industrie. Nous avons ensuite proposé une deuxième phase de tests qui serait ouverte à l?ensemble du parc automobile. Cela validerait définitivement la commercialisation de ce nouveau carburant sur le marché domestique. Nous attendons maintenant l?avis du ministère à ce sujet.

Comment voyez-vous l?évolution du marché pétrolier à Maurice dans les années à venir ?

Un pays en développement comme Maurice consomme de plus en plus d?énergie. La consommation des produits pétroliers est un excellent baromètre de l?état de santé des différents secteurs de l?économie. La demande de jet fuel pour les compagnies aériennes (environ 250 000 tonnes par an) est, à ce titre, en forte augmentation et témoigne d?une industrie touristique en pleine expansion.

La consommation du gasoil dans le secteur de la pêche et du transport marin est, par contre, en baisse à cause du prix de ce carburant plus élevé par rapport aux autres ports de l?océan Indien.

Concernant le marché domestique, nous assistons à une légère croissance de la consommation d?essence.

Les nouveaux véhicules sur nos routes s?orientent plutôt vers ce produit qui n?est aujourd?hui que quatre roupies seulement plus cher par rapport au gasoil. La consommation de gasoil pour le secteur automobile et industriel reste par contre stable.

Le GPL qui est le carburant le moins cher et le plus respectueux de l?environnement, continue sa progression. Soulignons que rouler au gaz est un choix économique mais avant tout, un choix de responsabilité. Il faut une action concrète pour améliorer la qualité de l?air, dans les villes en particulier, et réduire ainsi les émissions du gaz carbonique, un des gaz responsables de l?effet de serre.

Comment les fournisseurs pétroliers à Maurice peuvent-ils contribuer au développement du pays ?

L?économie, et le tourisme en premier lieu, ne peuvent pas se développer sans des infrastructures adéquates. Si le pays croit dans son potentiel de développement, ce qui me semble bien être le cas à Maurice, il doit se donner des moyens pour réaliser ses ambitions. à cet effet, là où nous pouvons agir et apporter une concrète valeur ajoutée, nous le faisons.

Depuis quelques semaines, le nouveau dépôt de stockage de jet fuel de l?aéroport SSR de Plaisance est opérationnel. L?initiative revient aux pouvoirs publics et les quatre sociétés pétrolières y ont investi 15 millions de dollars. Il s?agit-là d?un projet indispensable pour l?industrie touristique. Ce dépôt démarre à point nommé car l?ancien dépôt, qui ne dispose d?une capacité d?un seul jour et demi de consommation, n?aurait pas pu tenir la haute saison 2007.

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