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Une lettre de Denis Rivet
Un de ses adversaires politiques (ou se proclamant comme tel) reproche à M. Prakash Maunthrooa et à ses proches, une implication personnelle, inexpliquable, sinon douteuse, dans des engagements et des garanties bancaires d?une société textile.
étant une des principales parties de cette affaire, je voudrais, par les quelques chiffres ci-dessous, donner une explication simple de tels engagements et de garanties bancaires, sur des montants qui pourraient paraître exorbitants à des non-initiés (surtout si malveillants), mais qui sont inhérents à l?activité concernée.
Soit une compagnie textile démarrant ses activités avec un parc machine de Rs10m et envisageant un chiffre d?affaires mensuel de Rs15m (Rs180m annuel).
Cette compagne prévoit, par ailleurs, d?opérer avec un mois d?encours, c-a-d un mois entre la date de réception de ses intrants (tissus, accessoires, etc.) et la date d?exportation, en d?autres termes une période de fabrication d?un mois.
Assumons aussi que les coûts intrants mensuels de la compagnie soient de Rs10m (sur les Rs15m d?exportations prévues), et payable, soit 1 mois (pour du tissu fait localement), soit 2 mois (pour du tissu importé, qui prendra 1 mois pour arriver) avant l?exportation prévue, mettons donc une moyenne de 1.5 mois. Besoin financement intrants de la compagnie de ce fait = Rs10m X 1.5 = Rs15m. Cette compagne prévoit enfin des paiements par ses clients à 30 jours de la date exportation. Besoin financement exportation de la compagnie de ce fait = Rs15m. Total besoin financement = Rs10m + Rs15m + Rs 15m = Rs 40m.
Un financement bancaire doit identifier ce qu?on appelle un gearing, c-a-d le ratio des fonds que le banquier est disposé à avancer par rapport au capital souscrit. Le banquier peut se restreindre à un gearing maximum de 1.5 :1. Dans l?exemple ci-dessus, ce gearing de 1.5 :1 nécessiterait une capitalisation (financement interne) de Rs16m pour l?accès à des facilités bancaires (financement externe) de Rs24m (Rs16m X 1.5 = Rs24m). Rs16m + Rs24m = Rs 40m requis.
Les promoteurs et le banquier, peuvent, bien sûr, imaginer des capitalisations plus faibles (même si les besoins en financement total demeurent inchangés). Dans l?exemple pris, on pourrait ainsi envisagé une base de capital de seulement Rs 6m, le besoin de financement externe étant alors de Rs 34m (Rs 40m ? Rs 6m).
Bien sûr, plus le financement externe est élevé, plus le risque que représente la compagnie, pour ses promoteurs, comme pour son banquier, pourrait être considéré comme plus important.
Ce risque d?un financement externe élevé est alors évalué par l?incapacité éventuelle de l?entreprise à réaliser les exportations prévues, incapacité dépendant de diverses causes (mauvaise efficience, retard, mauvaise évaluation des besoins en intrants, mauvaise utilisation des intrants, etc), avec le risque réel de toutes les parties dépendant du niveau et du coût de cette incapacité (ou de coût de non-réalisation).
Hypothèses plausibles du niveau de coût de non-réalisation dans notre exemple : Entre 2 % par an, cad 2 % de Rs180m, soit Rs 3.6m, et 4 % par an, soit Rs7.2m, coût que les deux parties doivent peser contre, ou mettre en rapport avec le financement interne, le financement externe, et le potentiel de revenu bancaire sur les Rs 180m (Rs 4m à Rs 8m).
Le coût de non-réalisation étant évalué, le banquier prendra alors, en contrepartie, des garanties internes (par rapport au capital souscrit) et externes (sur les promoteurs, par rapport à l?enveloppe d?endettement).
Ere Lingerie, compagnie citée par le détracteur de M. Prakash Maunthrooa, a évolué, depuis Septembre 2002, à l?intérieur de paramètres de ce type, paramètres n?ayant rien de mystérieux ni de douteux pour les parties concernées, sauf, bien sûr, pour personne malveillante ou mal intentionnée, esprit cabossé ou débile mental, politicien marron ou démagogue patenté, toutes distinctions que l?on peut trouver exceptionellement réunies dans une seule et même personne.
Denis Rivet
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