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Une lente et longue reconstruction

6 septembre 2004, 20:00

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Ce ne sont pas tant la volonté de gagner, le désir de bien faire et le souci de retrouver une place parmi le gotha européen qui ont fait défaut aux Bleus.

C’est plutôt la capacité à élever leur niveau de jeu, à mettre la main sur un match largement à leur portée et à transformer leur domination au tableau d’affichage.

“On peut dire tout ce que l’on veut sur ce résultat,” a noté Domenech. “Mais on ne peut que se féliciter de la volonté affichée par les joueurs pour aller chercher une victoire.”

Cette équipe se met en place doucement. On ne peut pas refaire l’Histoire et on ne peut pas revenir en arrière. “Aujourd’hui, les Zidane, Thuram et autres ne sont plus là et il faut faire sans eux. Nous le savons et cela ne sert à rien de rester sur le passé”, ajoute Domenech.

S’il ne le dit pas, les sifflets qui ont accompagné la sortie de ses protégés au Stade de France sont sûrement apparus injuste au stratège français.

De même que scander le nom de Zidane en fin de rencontre n’est pas de nature à aider une équipe qui cherche à se trouver.

Le résultat est d’autant plus frustrant qu’il s’agissait du premier match des éliminatoires et qu’une victoire aurait certainement facilité la reconstruction nécessaire. Il l’est encore plus au regard du match lui-même.

Les Français ont en effet dominé leurs adversaires. Ils se sont créé nombre d’occasions, se montrant de plus en plus à l’aise à mesure que les minutes s’égrenaient.

Le changement de système, du 3-5-2 au 4-4-2 en seconde période, a été marqué par un léger flottement mais dans l’ensemble, la défense tricolore n’a jamais été mise en difficulté.

Au passage, Domenech a salué la rigueur de ses défenseurs qui ont assumé avec sérieux leur tâche et ont parfois contribué aux phases offensives à l’instar de William Gallas.

Même si les comparaisons sont toujours hasardeuses, cette génération de 2004 ressemble en partie à celle dont avait hérité Aimé Jacquet en 1994.

Il avait fallu bien du temps et bien des essais avant que Jacquet ne trouve la bonne formule, qu’il donne à cette équipe une assise et une confiance suffisantes pour se hisser sur le toit du monde.

A l’époque, un 0-0 face à la Roumanie à Saint-Etienne avait été considéré comme un bon résultat. Cela avait fait se soulever quelques sourcils et pourtant, rétrospectivement, le jugement n’était pas totalement erroné.

Quatre années et le passage par une demi-finale de championnat d’Europe avaient été nécessaires pour amener la génération de 94 à maturité.

Il serait étonnant que Domenech puisse faire mieux plus vite.

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