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Une leçon française

8 mai 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a enjoint ses pairs, hier, de s?inspirer de l?exemple français. Il a déclaré que ?nous avons beaucoup à apprendre? de la campagne présidentielle qui a vu la victoire de Nicolas Sarkozy. Il y a, en effet, beaucoup d?enseignements à tirer, pour notre jeune démocratie, du déroulement de la campagne et du comportement du candidat victorieux.

Peu après sa victoire, le futur président de la France a répété que la ?victoire n'est belle que si elle est généreuse?. Il a souligné sa volonté d'être le président ?de tous les Français?. C?est une attitude qui honore le nouvel élu, un homme qui refuse de se venger ou de garder rancune. Ses propos sont bien éloignés de ce slogan qui, chez nous, a fini par faire partie du folklore local : ?Lev pake, alle?.

Promettant l?ouverture, Nicolas Sarkozy a appelé ses partisans à ne pas se laisser enfermer dans l'intolérance et dans le sectarisme. Il leur a demandé de s'ouvrir aux autres, à ceux qui ont des idées différentes, à ceux qui ont d'autres convictions. Il a livré un discours respectueux et inclusif précisant qu?il n?y aura ni règlement de comptes, ni chasse aux sorcières. Voilà une leçon de démocratie que nos dirigeants gagneraient à apprendre.

Car l?après-élection n?est pas une période glorieuse ici. On se souvient encore comment au lendemain des législatives de juillet 2005, des responsables de la fonction publique et d?institutions parapubliques furent limogés sans façon. Des vagues rouges déferlaient sur les institutions tandis que des cadres compétents tels que Sooraya Gayan et Jyoti Jeetun étaient licenciés sans motif valable. La chasse aux sorcières a fait bien d?autres victimes, dont Selven Naidu de la Mauritius Film Development Corporation et Kushan Naik du State Informatics Limited, deux professionnels hautement qualifiés.

Il est vrai que les nominations politiques qui font fi des critères de méritocratie ont toujours existé, mais les précédents gouvernements se gardaient de transgresser certaines traditions. Par exemple, personne n?avait jamais osé nommer des copains politiques à la direction d?organismes sensibles tel que le MES ou Mauritius Telecom.

Par ailleurs, les candidats à la présidentielle française ont donné une autre leçon en axant leur campagne sur des idées, des programmes et des valeurs. En particulier, le gagnant de la joute avait mis l'autorité, l'ordre, le travail, la récompense et le mérite au c?ur de sa campagne. Pour arriver aux affaires, un parti n?hésitera pas chez nous à recourir aux promesses personnelles, au clientélisme politique et au dénigrement de l?adversaire.

Enfin, ceux qui ont eu l?occasion de suivre la campagne à la télévision ont dû prendre conscience du retard de la MBC dans le domaine de l?information plurielle et des débats contradictoires. Ici, nous évoluons dans le sens inverse : la télé est passée de la propagande au bourrage de crâne.

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