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Une foule enragée lapide un autobus meurtrier
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Une foule enragée lapide un autobus meurtrier
Deeksha Boodhoo, cinq ans, s?amuse à remplir d?eau une petite bouteille de boisson gazeuse qu?elle vide aussitôt aux pieds des arrivants. Dès qu?elle voit un visage familier, elle stoppe son manège et l?interpelle de sa voix enfantine : «Mo papa ine mort! Mo papa ine mort!.»
Paroles qui, on le voit bien, n?ont aucun sens pour l?enfant puisqu?au moment où sa mère Urmila Devi, plus connue sous le nom de Namita, exhibe une photo de la fillette et de son père, Deeksha la saisit et tout sourire, elle indique du doigt: «ça mo papa, ça moi ». Il n?en faut pas plus pour que Namita, 27 ans, qui tient sa benjamine Yashna, un an, ne se remettre à pleurer. «Mo ti dire Mouna pas sorti zordi d?autant plus ki li ti travaille hier soir », relate Namita, (NdlR: Dheeruthsingh Boodhoo plus connu comme Mouna, travaille comme vigile pour le compte de Sécuricor au magasin Kalachand)».
«Li pas fine lé écouté. Li ti lé passe cotte so s?ur ek alle acheter gâteaux ek biscuits pou zenfants ». Et c?est justement au sortir de la boutique avec ces friandises que Mouna est heurté de plein fouet par un autobus individuel de Vishal Express alors qu?il est à mobylette. Le père de famille meurt sur le coup, à 200 mètres de sa maison, à Roshni Road.
Ayant grandi et vécu à Fond-du-Sac, Mouna est apprécié par beaucoup. Sa mort tragique déclenche la colère des habitants qui lapident l?autobus conduit par Afzal Sahaboolea, un habitant de The Vale, âgé de 37 ans. Ce dernier a tout juste le temps de s?enfuir.
« IRRESPONSABILITÉ DES AUTORITES »
Mais les habitants ne décolèrent pas et continuent à lapider l?autobus dont toutes les vitres volent en éclats. La police régulière est mandée sur les lieux et tente de calmer les esprits. Des éléments de la Divisional Support Unit et de l?Emergency Response Service viennent aussi à la rescousse alors que quelque cinq cents personnes sont massées sur la grand-route. La Special Supporting Unit, venue en renfort, patiente de son côté en face du poste de police de Plaine-des-Papayes au cas où?
Le déchaînement finit par s?apaiser. L?autobus, qui n?a plus fière allure, est enlevé du lieu de l?accident par un « examiner » de la police. Ce dernier a failli se prendre une pierre en plein visage, ayant été pris pour le chauffeur du véhicule. Le projectile rebondit sur la carrosserie sans faire plus de dégâts.
Les pompiers venus à bord de deux camions citernes, lavent la route à grande eau, tassant les débris de verre et faisant disparaître les traces de sang, sous l??il encore outragé des habitants.
Parlant en leur nom, le syndicaliste Rajeshnarain Guttea justifie leur colère. «Les habitants sont exaspérés en raison de l?irresponsabilité des autorités concernées à qui ils ont adressé maintes lettres réclamant l?installation de ralentisseurs, de robots de même qu?un marquage plus visible de la route. Si zot ti écouté nou, ène zenfant l?endroit pas ti pou perdi la vie zordi.»
A l?écouter, le National Transport Authority (NTA) doit aussi battre sa coulpe. «NTA pas fine fer so travail convenablement parski li ti bisin contrôle ban autobus individuel et force zot ralenti après la descente. »
Aux députés de la circonscription que sont le ministre Pradeep Jeeha, Ashit Gungah et Madun Dulloo, il demande de « faire le maximum pou faire ban autorités agir et régler ça ban problèmes là. Nous donne zot 24 heures.»
Le syndicaliste allègue que des policiers auraient menacé des habitants manifestant leur hostilité. «Surintendants Bheekun ek Vuddamalay ine promette nou ki personne pas pou black listed. Nou espéré vraiment ki pas pou éna représailles.»
La crémation de Dheeruthsingh Boodhoo est prévue aujourd?hui à 14 heures au lieu de crémation se trouvant à Roshni Road où il a vécu pendant 31 ans.
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