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Une fabrique de maquettes de bateaux en eaux troubles

5 février 2006, 20:00

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La plus vieille fabrique de maquettes de bateaux de Maurice, Comajora, est en mal d?expansion. Mais l?entreprise risque de disparaître à la suite d?un différend entre la direction et la municipalité de Curepipe. Celle-ci refuse d?autoriser un transfert de bail au profit d?un investisseur qui veut reprendre l?activité.

?Je n?arrive pas à comprendre la décision de la municipalité. La reprise de Comajora va permettre de développer cette activité d?une manière, plus importante, ce qui aurait généré plusieurs centaines d?emplois?, explique Gaëtan de Chazal, directeur de Comajora.

En parcourant son atelier qui cache des trésors inestimables, l?ancien expert-comptable aujourd?hui âgé de 82 ans explique comment une entreprise qui était la référence en matière de maquettes de bateaux en est arrivée là. De 50000 visiteurs par an, ce nombre s?est réduit à seulement 2 000 par an depuis six ans. Ses seuls visiteurs proviennent de musées qui se trouvent à l?étranger et une clientèle restreinte assez connaisseuse. La fabrique de maquettes de bateaux a par conséquent réduit son personnel, passant de 382 ouvriers à 50 ouvriers.

Pour la petite histoire, c?est en 1967 que José Ramar se lance dans les maquettes de bateaux. Il est aidé à l?époque par un ex-ambassadeur de France. Ainsi est née la première industrie de maquettes de bateaux au monde. Quelques années plus tard, il s?associe à un industriel français et développe son activité d?une façon plus importante.

Malheureusement, un conflit intervient entre les deux associés et Gaëtan de Chazal reprend l?affaire en 1975. Comajora est alors connue dans le monde entier et des clients affluent de par le monde pour acheter ses bateaux.

Comment alors expliquer un tel déclin ? De l?avis de Gaëtan de Chazal, c?est ?le jour où j?ai arrêté de commissionner les taxis que je me suis retrouvé dans cette situation. Je ne vois pas pourquoi je dois reverser un parking fee aux taxis?. Et depuis six ans, les chauffeurs de taxis boycotteraient ainsi la fabrique, au profit d?autres entreprises beaucoup plus lucratives à leurs goûts.

?Il y a un fort potentiel dans ce secteur. Nous pouvons apporter une valeur ajoutée que les autres pays n?ont pas?, affirme Gaëtan de Chazal.

Avec un chiffre d?affaires divisé de plus de moitié en cinq ans, le directeur décide de vendre. Mais entre la municipalité et la direction, il semblerait qu?il y ait un différend. ?Le conseil n?a pas agréé à ce que le transfert du bail se fasse?, confie le maire de Curepipe, Christian Hurhungee. Néan-moins, il concède que si une autre demande est faite, la mairie pourrait reconsidérer la demande. Voilà qui pourrait apporter une bouffée d?air frais à Gaëtan de Chazal.

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