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Une décision de la Banque centrale inquiète les cambistes

31 janvier 2008, 00:00

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La Banque centrale veut ratisser large. Dorénavant, elle ne limitera plus ses opérations de rachat de devises uniquement auprès des banques, des cambistes et du Syndicat des sucres. Elle entend aussi acheter directement auprès des gros opérateurs dont les entreprises de textile-habillement et les groupes hôteliers. L?objectif de la démarche est de permettre à la Banque de Maurice d?agir sur plusieurs leviers en cas d?injection brusque de monnaies étrangères dans le circuit monétaire. Les opérateurs de change ne voient pas cette initiative d?un bon ?il, estimant qu?il s?agit d?une intervention inappropriée.

«L?idée n?est pas de court-circuter les banques et les autres fournisseurs de devises. Nous voulons tout simplement avoir une plus grande marge de man?uvre pour pouvoir assurer un marché ordonné», rassure une source proche de la Banque centrale.

Celle-ci interviendra sur le marché pour acheter des monnaies étrangères seulement lorsqu?elle juge qu?il y a un excès de liquidités. «Les opérations de rachat se feront uniquement à notre initiative», insiste la Banque centrale. Les sociétés exportatrices ne doivent pas voir dans ce nouveau mécanisme une opportunité pour liquider les monnaies étrangères à leur disposition selon la situation de leurs trésoreries, par exemple.

La BOM s?intéresse aux exportateurs sérieux qui ont une capacité financière conséquente. Le montant minimal par rachat se chiffre à $ 500 000 (environ Rs 15 millions) ou l?équivalent en d?autres monnaies. «Les exportateurs bona fide devront s?inscrire auprès de la Banque centrale. Nous allons vérifier leur santé financière et leur business. Nous voulons nous assurer que les spéculateurs ne viennent pas profiter de ce système», affirme-t-on.

Le nouveau système sera bientôt en place. La Banque de Maurice finalise les modalités en ce moment.

La Banque centrale a fait plusieurs incursions dans le marché de change ces deux derniers mois pour absorber des liquidités jugées excédentaires. Durant le mois de décembre, elle a racheté 40,5 millions d?euros (environ Rs 1,7 milliard) suivant une injection démésurée de monnaies européennes dans le circuit. Les sociétés sucrières avaient emprunté 94 millions d?euros (environ Rs 3,8 milliards) des banques commerciales pour financer le Volontary Retirement Scheme (VRS) 2. Elles ont converti ces devises en roupies pour payer les indemnités des retraités. Les fonds furent levés en euros pour éviter les risques de change au moment du remboursement, soit lorsque l?Union européenne décaissera les mesures d?accompagnement pour financer la réforme sucre.

La Banque centrale avait estimé que les banques et les cambistes n?arrivaient pas à absorber autant de liquidités. La décision de s?approvisionner en devises directement auprès des opérateurs permettrait de contenir des mouvements imprévus dans le marché.

Cette mesure toutefois n?est pas au goût des cambistes. «Cette démarche remet au fait en question le fonctionnement normal du marché. Elle empêche l?offre et la demande d?interagir librement. Dans ces conditions, le taux de change de la roupie ne pourra pas refléter les fondamentaux de l?économie» s?inquiète un trader. «La Banque de Maurice est en train d?émettre de mauvais signaux. C?est du mauvais interventionnisme».

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