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Une centaine d?ouvrières de Tropic Knits dans la rue
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Une centaine d?ouvrières de Tropic Knits dans la rue
Il est midi. C?est l?heure du déjeuner à l?usine Tropic Knits Ltd, à Baie-du-Tombeau. Au lieu de se mettre à l?ombre d?un arbre comme d?habitude, la plupart des ouvrières prennent la porte de sortie.
Munies de pancartes, elles se regroupent sous un soleil de plomb sur la route Royale. Au nombre d?une centaine, elles scandent des slogans hostiles à l?égard de la direction.
Certaines d?entre elles ne peuvent pas tenir le coup. Elles préfèrent déjeuner durant la manifestation pour éviter de tomber dans les pommes.
C?est l?annonce faite jeudi dernier par la direction de licencier un certain nombre d?employées à partir de lundi qui est à l?origine de cette manifestation.
« L?USINE A EU BESOIN DE NOTRE COURAGE »
Mais le suspense est encore entier. La direction n?a pas annoncé les noms des employés qui seront mises à la porte pour «mauvaise performance». Alors, depuis jeudi dernier, les ouvrières croisent les doigts. Elles ne savent pas sur qui le couperet va tomber.
Pendant 25 minutes, elles scandent et égrènent leurs petites misères : cherté de la vie, factures d?électricité impayées et dettes reviennent en leitmotiv. Sur leurs pancartes, les revendications se déclinent: «Traite nous couma humain», «Zone franche dans souffrance», «Tropik pé met nous dehors pé prend lot dimoun».
Pour certaines, ce licenciement annoncé, à l?approche des fêtes de fin d?année, équivaut à un «acte inhumain». Stressées, elles affirment ne pas pouvoir dormir sur les deux oreilles. Elles redoutent de voir leurs noms sur la liste des «indésirables»
Roselyne, 50 ans, dont 17 au service de Tropic Knits Ltd, est persuadée qu?elle ne pourra pas trouver un autre emploi si elle est congédiée. «L?usine a eu besoin de notre courage pendant toutes ces années Maintenant elle nous jette comme de vieilles chaussettes. C?est impensable», soutient-elle.
Un important effectif de la force policière a été mandé sur les lieux pour parer à toute éventualité. A l?aide d?une porte-voix, Atma Shanto, président de la Fédération des travailleurs unis (FTU) harangue les ouvrières.
«C?est un premier avertissement. Si la direction ne revient pas sur sa décision nous allons organiser une manifestation devant le Parlement», menace-t-il. Au passage, il déplore le fait que les dirigeants politiques ne sont pas intéressés à amender l?Export Processing Zone Act pour garantir la sécurité d?emploi dans ce secteur.
«Quand ou ti rentré bien jeune, direction trouve ou correk, aster ne pli bizin ou», lance le syndicaliste.Cette phrase redouble l?ardeur des ouvrières. «Nous locataire dans sa pays-là», crient-elles. Mais rien n?y fera.
Le Factory Manager de l?usine, Gupta Nathoo, confirmera la décision de licencier douze ouvrières à la fin du mois pour «mauvaise performance». Il réfute toutefois l?allégation selon la-quelle la direction aurait choisi de renvoyer les plus âgées d?entre elles.
«Ce sont des low performers qui sont concernées. Elles n?arrivent pas à faire le strict minimum pour ce qui est du travail à la pièce», déclare le Factory Manager.
Il affirme que depuis trois mois les ouvrières ont été informées de la décision de la direction de procéder à un exercice de vérification des performances. «Cet exercice a déjà eu lieu dans les autres unités de Tropic Knits. Il ne s?agit pas d?un programme de compression du personnel» souligne-t-il.Filiale du groupe Floréal Knitwear, l?usine Tropic Knits est spécialisée dans la confection de t-shirts et de polo shirts. Tropic knits opère également des unités à St-Pierre, Vacoas, et Triolet.
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