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Une campagne... deux styles

2 juin 2005, 00:00

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Comment mener une campagne électorale pour s?assurer de la victoire? Les deux alliances ont sans doute longuement planché sur la question et sont arrivées à la même conclusion: faire de la proximité et viser les indécis.

Reste que l?application diffère. D?un côté, l?alliance MSM-MMM privilégie la discipline et le calme. De l?autre, l?on donne plus dans le visuel, l?ambiance, les banderoles et les meetings nationaux pour s?afficher sur le terrain et influencer le vote.

Là où l?Alliance sociale peut avoir une avance, c?est en effet sur le travail de terrain. Alors que beaucoup de députés de l?alliance MSM-MMM avaient délaissé le terrain avant le début de la campagne, les travaillistes l?arpentent depuis plusieurs mois. A l?aide de discours bien rodés ? hausse du chômage, ciblage du Premier ministre ou augmentation du coût de la vie ? les travaillistes n?ont cessé d?interpeler la population.

Pour diffuser son message ?Bizin Changement?, l?Alliance sociale continue de mettre l?accent sur la proximité. ?Je préfère une pile de réunions privées et du porte-à-porte aux grands rassemblements. Nous demandons que les candidats fassent trois-quatre réunions par jour dans leurs circonscriptions?, explique Christian Rivalland, directeur de campagne de l?Alliance sociale.

?Nous ne nous intéressons pas trop aux grandes réunions, mais à chaque fois c?est la grande affluence et l?ambiance. Les gens veulent voir Navin Ramgoolam. Nous n?allons pas empêcher cela?, indique Sarat Lallah, directeur de campagne pour le Parti travailliste (PTr). Il soutient toutefois que l?objectif n?est pas de ?prêcher à ceux qui sont déjà convaincus?.

La campagne électorale bien entamée, les candidats MSM-MMM tentent à leur tour de faire une percée dans les chaumières. ?Nous nous concentrons avant tout sur les réunions locales et les porte-à-porte pour communiquer notre bilan très positif et inciter la population à voter pour la continuité?, affirme le campaign manager du MMM, Rajesh Bhagwan.

?La population a tiré les leçons du passé?

Un autre argument de l?équipe sortante porte sur la personnalité de Navin Ramgoolam et les composantes de son alliance. ?Navin Ramgoolam n?a pas changé. Le pays ne peut lui être à nouveau rendu. La population le sait. Elle a tiré les leçons du passé?, avance Rajesh Bhagwan. Avec Leela Devi Dookun-Luchoomun, responsable de la campagne pour le MSM, il dirige les troupes sur le terrain.

Les deux grands blocs rivalisent donc par porte-à-porte interposé pour toucher ceux qui ne viennent pas aux réunions publiques.

Les grands meetings ?bruyants? de l?Alliance sociale n?impressionnent guère le MSM-MMM. ?C?est beaucoup de flafla organisé par l?alliance elle-même pour essayer de montrer qu?ils sont les plus forts. Nous connaissons notre force et travaillons dans la sérénité. Nous n?allons pas tenter de les imiter?, réplique Rajesh Bhagwan. Il accuse l?Alliance sociale ?de payer ses agents pour se faire remarquer et pour coller des affiches?. Une accusation rejetée avec véhémence par Sarat Lallah. ?Pas question de payer qui que ce soit. Nous n?avons pas à rétribuer nos gens.?

De manière générale, l?on estime au MSM-MMM que l?enthousiasme des partisans n?est pas une indication de l?issue des élections. ?Les militants se sont assagis.? Rajesh Bhagawn ajoute que beaucoup d?électeurs ont déjà choisi leur camp et ne sentent pas le besoin de s?afficher. C?est au moment du vote que cette force ?invisible? fera son effet.

Sur la grande présence de banderoles, affiches et autres supports, Sarat Lallah avoue qu?au sein de son parti, deux écoles de pensées s?affrontent. Certains estiment que plus le rouge est présent, plus le public sera influencé. D?autres sont convaincus que ?ce ne sont ni les banderoles, (...) ni les affiches qui votent?.

La direction de l?alliance MSM-MMM penche plutôt pour ce dernier argument. Mais face au raz-de-marée de banderoles rouges, elle compte réagir en montrant davantage ses couleurs. ?Le plastique rouge n?influence pas les gens. Ce n?est pas en en mettant deux kilomètres qu?on gagne les élections?, clame Rajesh Bhagwan.

Une différence majeure est la présence des leaders sur le terrain. Alors que Paul Bérenger et Pravind Jugnauth semblent omniprésents à travers des meetings quotidiens, des inaugurations et autres poses de première pierre, Navin Ramgoolam semble moins s?afficher. Une attitude qui pourrait découler de sa défaite en 2000. ?Le trop nuit. Lors des dernières élections, son image s?était banalisée par sa trop grande présence à la télévision et dans la presse?, soutient un proche du leader de l?Alliance sociale. L?approche de l?échéance oblige toutefois une plus grande présence du patron travailliste.

En règle générale, les candidats bénéficient d?une grande latitude, même si les grandes lignes de la campagne sont dirigées par les deux directions respectives. Au moins une fois par semaine, les campaign managers des deux camps rencontrent ou communiquent d?une manière ou d?une autre avec leurs candidats pour donner des instructions et actualiser la campagne.

Le prochain tournant sera sans doute la publication des programmes électoraux. Les deux blocs se concentreront alors plus sur la communication du programme que sur les attaques visant l?adversaire. Espérons?

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