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Une bataille saupoudrée d?indicateurs économiques

22 novembre 2003, 20:00

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Faire parler les chiffres, tel était l?objectif. Pour cette septième semaine de campagne en prévision de l?élection partielle, les deux principales alliances en lice ont eu recours aux indicateurs économiques pour agrémenter leurs interventions publiques, même si en privé l?alliance sociale continue à cibler Paul Bérenger.

Pravind Jugnauth, qui dirige la campagne au sein de l?alliance gouvernementale, a surtout insisté ces derniers jours, notamment à Roches-Noires et à Villebague, sur les 32 000 emplois créés ces trois dernières années. Il a en outre fustigé l?ancien régime en l?accusant d?avoir peu recruté au sein de la fonction publique.

Tout un plat

Les autres intervenants aux différents congrès nocturnes de l?alliance MSM-MMM continuent également à mettre en exergue les déficits laissés par le gouvernement travailliste au Central Electricity Board et à la State Trading Corporation. Ils misent surtout sur l?investissement consacré ces trois dernières années à la construction de pas moins d?une quarantaine de collèges et de la cybercité.

À de telles critiques, l?alliance sociale a répliqué, jeudi, par la voix de Rama Sithanen, porte-parole économique du Parti travailliste. Ce dernier, qui animait un point de presse au siège du Labour, a cité à profusion les chiffres publiés par la Banque de Maurice et le Fonds monétaire international pour soutenir que le taux de chômage qu?il estime à environ 64 300 personnes sans emploi, soit 11,2 % de la main-d??uvre active, devient « très inquiétant, notamment dans la zone franche où 5 000 emplois ont été perdus cette année ». Il a soutenu que quatre des cinq principaux paramètres ? emploi, dette publique, investissement étranger et déficit budgétaire ? sont alarmants. « Trois budgets, trois objectifs, trois échecs. »

En privé toutefois, l?alliance sociale continue à parler de l?annulation des charges provisoires proférées contre Cehl Meeah, de l?audience que lui a accordée Paul Bérenger et du maintien de son siège de conseiller à la mairie de la capitale. Le dernier numéro du pamphlet Key News édité par les rouges en fait tout un plat.

L?alliance sociale, qui privilégie les contacts personnels et les réunions privées, fait également tout un mystère sur les lieux où de telles réunions sont organisées. Elle a aussi du mal à préciser les déplacements de son leader Navin Ramgoolam. « Le leader a libre choix, j?ai moi-même été étonné de le voir arriver mercredi dans une de nos réunions », avoue le candidat Rajesh Jeetah à l?express-dimanche qui lui demandait des précisions sur son calendrier de campagne pour la semaine.

Ce qui n?empêche cependant pas les principaux animateurs de l?alliance sociale de continuer à faire preuve d?optimisme. « Nous sommes tout à fait confiants », avance Arvin Boolell.

Du poil de la bête

Les deux factions ont commencé à faire leur battage pour l?après Nomination Day. L?alliance gouvernementale a déjà réquisitionné le Gandhi Square à Rivière-du-Rempart pour son meeting du 1er décembre, jour du dépôt de candidatures. Après une semaine très éprouvante, l?alliance MSM-MMM semble avoir repris du poil de la bête. « Nous avons obtenu un accueil encourageant à Plaine-des-Papayes et à l?Espérance-Trébuchet. Ce dernier village a longtemps été considéré comme une place forte du Parti travailliste et nous avons de bonnes raisons de penser que le plus dur est derrière nous », explique Sanjiven Permal, un des militants du MMM très engagé dans la campagne. Ce sentiment est aussi partagé par Prakash Maunthrooa qui ajoute que « plus ça va, plus l?adversaire va se rendre compte que l?électorat n?est pas dupe, que la campagne contre ma candidature et par ricochet contre Pravind Jugnauth et le Premier ministre ne tient pas la route ».

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