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Une association pour sauver la mer
Longtemps attendue et n?arrivant pas trop tard, il faut l?espérer, la ?Mauritius Marine Conservation Society? (MMCS) se fixe comme objectif la préservation de la faune et de la flore marines. De constitution récente, elle a du pain sur la planche. Les lagons et les récifs mauriciens souffraient énormément, il y a 25 ans, des dégâts causés par la pêche à la dynamite, la chasse sous-marine à une échelle dévastatrice et par la collecte de mollusques seuls capables de freiner la prolifération des prédateurs naturels des récifs coralliens.
La MMCS est une émanation du ?Mauritius Underwater Group?, directement concerné par la détérioration du lagon mauricien. Elle s?est assurée du précieux concours d?éminents biologistes, tels Claude Michel, David Ardill et Wahab Owadally. La constitution de cette société promouvant la conservation de la faune et de la flore marines coïncide avec le décès, à Londres, d?un autre éminent botaniste, M. France Viader, ancien conseiller pédagogique des étudiants mauriciens en Grande-Bretagne.
La MMCS veut sensibiliser les Mauriciens à l?environnement, à susciter leur intérêt pour la nécessité de cette conservation, générer l?intérêt dans la formation des parcs marins et dans l?élevage en captivité des espèces menacées d?extinction afin de repeupler certaines régions, encourager les autorités à mieux protéger les sites ayant valeur écologique ou encore archéologique, faisant partie intégrante du patrimoine, les inciter à interdire la chasse sous-marine, la pêche à la dynamite, la collecte des coquillages, la pêche à la senne, la destruction des récifs.
Elle souhaite entre autres, reconstituer les récifs et l?habitat de certaines espèces en danger. Elle caresse le projet de remorquer l?épave d?un bateau coulé au large de GRNO à Flic en Flac ou vers une autre localité ayant beaucoup souffert de la pêche à la dynamite. L?épave sera alors placée en dehors des récifs et servira de base à une reconstitution des récifs endommagés.
L?élevage de langoustes est également dans son collimateur. Des contacts sont pris avec M. Malcolm Smale du Port Elizabeth Museum. Il s?est spécialisé dans ce genre d?activités.
La MMCS espère pouvoir faciliter la reconstitution des récifs endommagés en coulant de vieux pneus usés, attachés ensemble, afin de former de nouveaux habitats marins. Elle s?assure des partenaires utiles tant en amont (spécialistes étrangers) qu?en aval (enseignants et moniteurs disposés à animer des groupes de jeunes s?intéressant à la préservation de la biologie marine et voulant l?aider dans sa noble entreprise). Sont notamment prévues, à cet effet, des causeries dans les institutions scolaires et des projections publiques de film écologiques et de diapositives. Les principaux dirigeants de la MMCS sont Yves Robert, Bob et Kathleen Mortimer, Elizabeth Gawith, Udai Fulena, Claude Michel et Bill Smith.
Il n?y a pas que le lagon et nos récifs à connaître des problèmes de santé. Il en va de même pour les commissions administratives, nommées par le gouvernement après la démission en bloc des conseillers municipaux du MMM, en décembre 1979. Voilà des nominés politiques contrecarrés par un ministère des Administrations régionales où Kamil Ramoly a pris la succession de Maurice Espitalier-Noël. Un spécialiste de la gestion des collectivités locales, Freddy Appasamy, donne son avis sur la question et plus particulièrement sur celle de l?approbation des budgets municipaux. La détérioration des relations entre ce ministère et les commissions administratives l?amuse dans ce sens qu?elle indique un renversement de situation particulièrement significatif. Jadis, les conseils municipaux et urbains préparaient et votaient des budgets annuels, soumis ensuite au gouvernement central, à charge pour ce dernier de les approuver ou de les censurer. A force d?ingérences gouvernementales de plus en plus intempestives, on en arrive à la situation inverse, à savoir la préparation des budgets municipaux par le gouvernement central et leur ratification par les commissions administratives. Juste retour des choses, en cas de réprobation unanime, celles-ci en viennent à rejeter en bloc ces budgets imposés tout comme jadis le GM rejetait ceux n?obtenant pas son agrément.
Freddy Appasamy attire aussi l?attention sur le point suivant : un budget est un exercice de comptabilité, veillant, entre autres, que les dépenses n?excèdent pas indûment les revenus. Une collectivité locale a cependant d?autres objectifs que de présenter, bon an, mal an, des budgets équilibrés. Ceux-ci peuvent ne pas donner l?image d?un conseil municipal, assumant avec bonheur ses responsabilités et assurant le mieux-être de ses administrés. Ce qui hypothèque le plus nos collectivités locales c?est que 80% du budget courant financent des dépenses fixes dont la masse salariale. Il ne reste plus grand-chose pour pouvoir financer même l?imagination administrative la plus fertile.
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