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Une aspiration au changement s?exprime dans le monde arabe
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Une aspiration au changement s?exprime dans le monde arabe
Fin janvier 2005, les Irakiens ont bravé la menace terroriste et les risques d?attentat et se sont massivement rendus aux urnes pour élire la première Assemblée nationale - intérimaire - de l?après-dictature. Début février, l?Arabie saoudite a vécu sa première expérience électorale.
Depuis la mi-février, les Libanais, bousculant la chape de plomb syrienne, s?obstinent à réclamer leur ?indépendance? et leur ?souveraineté?. Et, au risque de se dédire, le président égyptien, Hosni Moubarak, a concédé, fin février, un amendement constitutionnel organisant l?élection présidentielle au suffrage universel.
Des choses bougent dans le monde arabe, mais en déduire qu?un vent de liberté souffle sur cette région serait aller un peu vite en besogne. Ces frémissements - réels ? sont d?autant plus remarquables qu?ils sont concentrés dans le temps et qu?ils concernent - hormis le Liban ? des pays-clés. Mais ils ne sont pas les premiers du genre. Ces changements s?apparentent plus à une modernisation des systèmes politiques qu?à un partage réel du pouvoir. Ils n?occultent pas les obstacles sur lesquels continue de buter une véritable libéralisation de la vie politique. Les pays concernés, en dépit d?une communauté de langue, d?une très large homogénéité confessionnelle et de causes communes, ont vécu des évolutions historiques différentes qui pèseront sur le rythme et le type des réformes à venir.
■ <B>Le Koweït
Chronologiquement, la guerre de libération du Koweït, en 1991, a marqué un tournant. Après cinq années de suspension de la vie parlementaire, des élections législatives ont eu lieu, en 1992, ouvrant grand la porte à l?opposition, tant libérale qu?islamiste, et à l?entrée de six de ses représentants au sein du premier gouvernement post-électoral.
■<B> L?Arabie saoudite</B>
En 1993, l?Arabie saoudite a adopté une Loi fondamentale, tenant lieu de Constitution, qui modernisait l?ordre de succession ; le roi Fahd a mis sur pied un Conseil consultatif dont les 60 membres, incluant un représentant de la minorité chiite, étaient nommés par le roi. Les ?conseils? américains n?ont pas été étrangers à ces changements, mais ils se sont conjugués à une pression intérieure de forces centripètes, les islamistes exigeant plus de rigueur, les libéraux davantage d?ouverture, alors que les difficultés financières et l?explosion démographique imposaient des changements.
■<B> Le Qatar, Oman et Bahreïn </B>
En 1995, au Qatar, le cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani a déposé l?émir, son père, et doté le pays d?une nouvelle Constitution et d?un conseil municipal élu, les femmes bénéficiant des mêmes droits que les hommes. L?émir a libéralisé la loi sur la presse et créé la chaîne satellitaire Al-Jazira, pionnière en matière de liberté d?information dans le monde arabe.
Le sultan d?Oman, qui avait sorti son pays, vingt-cinq ans plus tôt, du moyen age, a, en 1994, nommé deux femmes au sein d?un Conseil consultatif sur la base de ?primaires? régionales inédites dans la région. En 2002, le nouvel émir de Bahreïn, Cheikh Hamad Ben Issa Al-Khalifa, a transformé le pays en monarchie constitutionnelle, mis fin aux lois d?exception et procédé à des élections municipales et législatives. Au Qatar, comme à Bahreïn et à Oman, l?émir ou le roi demeurent la clé de voûte toute-puissante et sans partage du pouvoir.
■<B> L?Egypte</B>
Depuis des années, l?opposition égyptienne réclame des réformes constitutionnelles limitant la durée du mandat présidentiel et ouvrant le scrutin au suffrage universel. Au pouvoir depuis vingt-trois ans, le président Moubarak a annoncé, fin février, l?ouverture de l?élection présidentielle à la multiplicité des candidatures et son organisation au suffrage universel direct.
■<B> Le Liban </B>
Le cas du Liban est totalement différent. Jusqu?à la guerre civile, le pays du Cèdre était un pays sinon démocratique, du moins fondé sur un partage intercommunautaire du pouvoir, autorisant les libertés publiques. La fronde actuelle contre la mainmise syrienne ne garantit pas l?instauration d?une véritable démocratie, aussi longtemps que prévaudra un confessionnalisme politique qui institutionnalise la répartition des responsabilités selon des quotas jusqu?aux plus petits échelons de l?administration.
<B> Mouna NAÏM </B>
<B> @ 2005 Le Monde News Service
Distribué par The New York Times</B>
GRANDE MANIFESTATION
<B> Preuve de patriotisme</B>
■ Le président libanais, soutenu par la démonstration de force des manifestants pro-syriens mardi, a mené hier des consultations avec les chefs des principaux groupes parlementaires pour nommer un nouveau Premier ministre favorable à la Syrie. Les troupes syriennes ont poursuivi pendant la nuit la première des deux phases de leur redéploiement vers l?est du Liban, selon des sources des services de sécurité. Des centaines milliers de Libanais agitant des drapeaux ont investi le centre de Beyrouth mardi pour une manifestation pro-syrienne à l?appel du Hezbollah. L?organisation chiite a ainsi réussi à contrer la vague de manifestations quasi quotidiennes exigeant le retrait des troupes syriennes du Liban et auxquelles participent principalement des chrétiens maronites. Il s?agissait de la première grande manifestation de soutien public à la Syrie à Beyrouth depuis l?assassinat le 14 février de l?ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Les manifestations contradictoires, toutes peuplées des drapeaux arborant le cèdre du Liban comme preuve de patriotisme, traduisent les profondes divisions au Liban sur le rôle de la Syrie et l?avenir du Hezbollah, dernière milice armée du pays. Le président américain George Bush a de nouveau demandé à la Syrie de quitter le Liban avant les législatives de mai.
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