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Une adolescente violée à trois reprises
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Une adolescente violée à trois reprises
C?est un véritable cauchemar que vit Rose (prénom fictif utilisé ici pour préserver son anonymat), 13 ans, depuis dimanche. Cette adolescente de Pointe-aux-Sables a été embarquée de force à bord d?une voiture à sa sortie de l?église St-Matthieu, à La Tour-Koenig, dimanche dernier. Elle a été conduite sous le pont de la Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO) avant d?être violée à trois reprises.
L?adolescente, qui entre en Form II début 2004, aspire à devenir policière. Après en avoir fait le récit, en présence de son père, elle n?hésite pas à revenir sur les lieux de son agression. Elle raconte.
Il est environ 10 h 30, dimanche dernier. L?adolescente, qui vient d?assister à la messe à l?église St-Matthieu, discute avec des amis dans la cour de l?église. Elle décide quelques minutes plus tard de regagner son domicile. «J?ai commencé à marcher lorsque j?ai aperçu une voiture rouge, garée en bordure de la route avec trois hommes à son bord», explique Rose, encore sous le choc.
Ne se doutant de rien, elle poursuit son chemin. La voiture, qui a le phare droit endommagé, démarre aussitôt et suit la jeune fille sur une centaine de mètres avant de s?immobiliser à sa hauteur. Le conducteur lui adresse les politesses d?usage. «Ki manière to bien», lui a-t-il déclaré.
L?ayant déjà rencontré à plusieurs reprises, la jeune fille ne se méfie aucunement et échange des propos avec cet homme qu?elle connaît sous le nom de Monsieur Jacques. «Je ne me suis pas méfiée quand je l?ai vu dans la voiture, car je l?ai déjà vu plusieurs fois dans la localité», explique-t-elle. Rose affirme également connaître la femme de son agresseur qu?elle a rencontrée à la boutique de la localité.
«PAS DIRE PERSONNE QUI MO POU FER»
Monsieur Jacques, décrit-elle, serait un homme d?une trentaine d?années. Il est brun, de forte corpulence, et porte une moustache. Les deux autres hommes assis sur la banquette arrière seraient, à son avis, également âgés d?une trentaine d?années. L?un d?eux porte de longs cheveux et une barbe et il est de teint clair. Le second suspect qui est brun, a les cheveux rasés des deux côtés du crâne.
Alors qu?elle discute avec le conducteur, les deux autres assis sur la banquette arrière descendent précipitamment de la voiture et se ruent sur la jeune fille. «L?homme aux longs cheveux m?a giflé pendant que son ami a appliqué sa main sur ma bouche», relate-t-elle d?une voix fébrile.
Les agresseurs l?entraînent de force dans la voiture qui démarre aussitôt en trombe. La carrosserie du véhicule, se rappelle Rose, porte des traces de peinture blanche, résultat de récentes réparations. Direction est prise vers le pont de GRNO. Sur place, la voiture emprunte un sentier qui mène sous le pont. Le véhicule s?immobilise derrière une butte de terre. L?adolescente est traînée de force au pied d?un arbre en bordure de la rivière. Le conducteur installe des morceaux de cartons au sol. Le conducteur menace Rose d?un couteau. Et au même moment les trois hommes contraignent la jeune fille à se dévêtir. Ils lui ligotent les mains derrière les dos et la bâillonnent. Monsieur Jacques, dit-elle, lui lance d?une façon menaçante, «Pas dire personne qui mo pou faire, sinon mo pou regagne toi, mo pou réfaire même z?affaire.».
Rose est violée à trois prises par le conducteur de la voiture rouge, alors que l?homme aux longs cheveux la maintient fermement au sol. Le troisième homme l?embrasse sur tout son corps. Souffrant atrocement, Rose s?évanouit peu après.
Vers 13 heures, l?absence prolongée de la jeune fille inquiète ses parents. Ces derniers décident d?alerter la police. Les policiers leur recommandent de s?enquérir des nouvelles de leur fille auprès de ses amis et d?attendre jusqu?à 18 heures avant de consigner une déposition.
SECOURUE PAR UN PECHEUR
Angoissés, les parents de Rose se lancent aussitôt à sa recherche dans la localité. «Nou fine ré ale cotte l?église, cotte so banne camarades et dans jardin, mais personne pas fine trouve li», déclare sa mère, encore sous l?effet du choc.
Rose reprend conscience à la tombée de la nuit. Il lui faut quelques instants pour reprendre ses esprits. Un des pêcheurs regagnant son domicile au même moment l?aperçoit et se précipite à son secours. Il la libère de ses liens. L?adolescente, nue, récupère ses vêtements et se rhabille. Tremblante, Rose est conduite à mi-chemin de sa maison par le pêcheur. Ce dernier craint d?être pris à partie par les proches de la victime en le voyant en sa compagnie.
Exténuée, Rose regagne le toit familial vers 19 h 30. Là, elle raconte sa mésaventure à sa belle-s?ur. Celle-ci informe son époux, le frère de la victime, qui était parti remplacer son père sur son lieu de travail. Le frère de Rose devait tout de suite regagner la maison. Il emmène sa s?ur au poste de police où se trouvent déjà ses parents qui consignent une déposition de «missing».
Le calvaire de la jeune fille est loin d?être terminé. Souffrant atrocement d?une douleur au ventre, elle ne peut toutefois quitter le poste de police avant d?avoir consigné sa déposition. Celle-ci ne prendra fin qu?à 4 h 30 lundi matin. Traumatisée, elle regagne enfin sa maison en compagnie de ses parents.
Lundi à midi, elle est examinée aux Casernes centrales par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, médecin légiste. Ce dernier demande aux policiers de conduire la victime immédiatement à l?hôpital Jeetoo.
Après avoir reçu des soins, elle est autorisée à rentrer chez elle. Rose, témoignent ses proches, est traumatisée par son agression. Elle ne mange presque plus et éprouve des difficultés à trouver le sommeil.
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