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Une accusation de meurtre sera logée contre Deelchand
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Une accusation de meurtre sera logée contre Deelchand
L?étau se resserre autour du notaire Vinay Deelchand. Après les trois charges provisoires déjà retenues contre lui, deux autres seront logées d?ici vendredi. Elles concernent des instructions pour assassiner Parvez Damree et un complot pour piéger Fezal Buglah avec de la drogue.
Antoine Chetty a complété hier sa déposition sur le meurtre allégué de Parvez Damree. Il a donné d?autres précisions aux hommes de Hector Tuyau, inspecteur de l?Anti-drug & Smuggling Unit (Adsu) sur le complot ourdi par le notaire Deelchand pour éliminer cet ancien toxicomane, qui aurait brisé la loi du silence.
Parvez Damree habitait à la route Militaire, à Port Louis. Il ne vivait que du trafic de la drogue. Il s?y serait mis pour le compte du notaire Deelchand. Il réceptionnait chaque semaine la cargaison à l?étude du notaire. Pour obtenir sa dose d?héroïne quotidienne, le toxicomane devait vendre environ un gramme d?héroïne par jour.
Les relations entre le notaire et Damree se détériorent en 1994. Cette année-là, ce dernier aurait vendu une cargaison de drogue mais n?aurait pas remis l?argent au notaire. En novembre, Vinay Deelchand se rend au poste de police de Pope-Hennessy, à Port Louis, pour le dénoncer pour tentative d?extorsion de fonds.
Quelques jours plus tard, le toxicomane est arrêté avec de la drogue. Lors de son interrogatoire par les hommes de l?Adsu, Damree aurait impliqué le notaire dans le trafic. Le toxicomane est condamné à six mois de prison.
Mais quelques jours après sa sortie, Damree est retrouvé mort le 29 juillet 1995 près d?un arrêt d?autobus à la route Nicolay, à Port Louis. L?autopsie conclut qu?il est mort d?une overdose et l?affaire est classée. L?arrestation d?Antoine Chetty relance l?enquête sur sa mort. L?ex-bras droit de Vinay Deelchand allègue dans une déposition à la police que la mort du toxicomane est d?origine criminelle et qu?une forte dose d?héroïne lui a été administrée.
Alibi tardif
La deuxième prochaine charge contre Deelchand concerne un complot pour piéger son ancien partenaire en affaires, Fezal Buglah, avec de la drogue avec la complicité d?un dénommé Désiré Soyfoo. Ce complot remonte à 1999. À un moment, Soyfoo aurait demandé Rs 100 000 pour cette ?mission? mais finalement la somme a été réduite à Rs 30 000. Antoine Chetty soutient que des instructions ont été données pour planquer de l?héroïne chez Fezal Buglah. Soyfoo, actuellement en prison, avait donné une déposition à la police à l?effet qu?il aurait acheté de la drogue à Buglah et qu?il aurait eu des problèmes avec ce dernier sur le prix.
Vinay Deelchand est jusqu?ici accusé provisoirement de trafic de drogue, d?avoir demandé à son chauffeur et garde du corps d?assassiner Philippe Calou au Bouchon contre Rs 500 000 en janvier 2000, et aussi d?incendier la maison d?Anwar Toorabally, à la rue Shakespeare, à Port-Louis, en août 2000.
Par ailleurs, Baboo Choonea, le frère de Mahendra Choonea, un des directeurs d?Agnis Properties Co Ltd, arrêté sous une accusation provisoire de ?giving instructions to commit arson?, au domicile d?Anwar Toorabally, a fourni un alibi en fin d?après-midi pour soutenir la version du notaire Deelchand concernant le trafic de drogue dont il est accusé. Baboo Choonea s?est rendu au quartier général de l?Adsu, accompagné de Me Asgar Goomany, pour donner sa version.
Appadoo a quitté l?hôpital Jeetoo
Selon Antoine Chetty, le notaire Deelchand, lui avait confié la garde de 825 grammes d?héroïne avant son départ pour Madagascar. Baboo Choonea déclare que ce jour-là le notaire Deelchand n?était pas en contact avec Antoine Chetty du fait qu?ils ont assisté à une fête à Trou-aux-Biches jusqu?à 23 heures.
Sandip Appadoo, un autre directeur d?Agnis Properties Co Ltd arrêté sous la même accusation que Mahendra Choonea pour le même délit, a quitté l?hôpital Jeetoo, à Port-Louis hier. Il y avait été admis depuis le dimanche 25 avril. Il est maintenant détenu au poste de police de La Tour Koenig.
Le Premier ministre, Paul Bérenger, a fait une déclaration au Parlement hier sur la Notary Connection. ?J?ai donné les directives nécessaires au commissaire de police pour veiller à ce que les actions appropriées soient prises contre tous ceux impliqués.? Il a ajouté qu?il a obtenu l?assurance du commissaire de police que toute la lumière sera faite sur cette affaire.
Paul Bérenger a souligné qu?aucun des suspects ou témoins interrogés n?a jusqu?ici incriminé un officier de police en fonction. Pour cette raison, les articles de presse concernant la possible implication de policiers dans cette affaire sont de ?pures spéculations?, du moins à ce stade. (Voir hors-texte).
Le Premier ministre a encore une fois donné l?assurance qu?il veillera à ce qu?il n?y ait aucun ?cover-up? dans cette affaire. Il a demandé au public de faire confiance à l?équipe d?enquêteurs qui sont en train ?de faire leur travail d?une manière réellement professionnelle?.
IMPLICATION POLICIÈRE
Lien Dayal-Deelchand : info ou intox
- Le mystère le plus total entoure les liens qui auraient existé entre l?ancien commissaire de police Raj Dayal et le notaire Vinay Deelchand. Depuis l?arrestation de ce dernier, à la suite d?une saisie de drogue, son associé, Antoine Chetty a fait plusieurs allégations contre des complices présumés du notaire. Me Samad Golamally, l?avocat de Chetty, affirme que son client a mentionné le nom de Raj Dayal au cours de ses dépositions. Certains enquêteurs de la police confirment en privé cette information, d?où le fait qu?elle a été répercutée dans la presse. Cependant les milieux autorisés aux Casernes centrales nient catégoriquement que le nom de l?ancien n° 1 de la police ait été évoqué par le repenti Chetty. Hier encore un haut gradé de la police qui est bien informé du déroulement de l?enquête confiait à ?l?express? qu?il n?y a aucun fondement à cette ?rumeur?.
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