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Une énigme appelée Sada Curpen

6 août 2008, 00:00

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Sada Curpen, 33 ans, est l?avant-dernier des quatre enfants que Bibi Latifah, 64 ans, a eu de Devanaden Curpen, 62 ans, ancien gardien à la défunte Central Housing Authority. Mais avant de partager la vie de ce dernier, Bibi Latifah, qui est couturière, était l?épouse d?un autre homme à qui elle a donné un fils, Reeaz, 40 ans, et de qui elle s?est séparée.

Sada Curpen a un autre frère en la personne de Ramen Curpen, de trois ans son aîné et deux s?urs, Baby Curpen, 37 ans et Ruby Curpen, 31 ans. La situation financière des Curpen étant particulièrement difficile à Maurice, ils décident d?aller voir si l?herbe est plus verte ailleurs. Comme Devanaden Curpen a un frère vivant à Paris, qui se prénomme aussi Sada, c?est lui qui part en éclaireur. Un à un, les autres membres de la famille Curpen vont le rejoindre. Les derniers à quitter Maurice au début des années 90 sont Bibi Latifah et Sada Curpen.

Dans un premier temps, ils vivent chez Sada Curpen qui possède un magasin de prêt-porter. «Nous avons ensuite habité ici et là jusqu?à ce que mon père trouve une maison à Ivry-sur-Seine en banlieue parisienne. C?est d?ailleurs là que je vis», raconte Ramen Curpen qui opère un service de taxi. Il est à Maurice depuis une semaine pour apporter un soutien moral à son jeune frère.

A son arrivée à Paris, Sada Curpen fréquente le lycée pendant un certain temps avant d?aller travailler comme coupeur durant quelques années dans une boutique de prêt-à-porter au Sentier. Il change ensuite son fusil d?épaule en ouvrant une petite société dans le bâtiment et il y travaille avec deux autres personnes. Sada Curpen a une compagne nommée Sonia. C?est une Mauricienne établie à Paris, qui lui a donné un fils, Issam, huit ans.

Ce dernier raconte que leur situation financière s?est améliorée lorsque sa mère Bibi Latifah a trouvé un emploi de femme de ménage chez une ancienne collaboratrice du général De Gaulle. Cette dernière lui a d?ailleurs laissé en héritage son luxueux appartement situé dans les beaux quartiers de Paris. «Ma mère percevait un salaire de FF 25 000, ce qui n?est pas rien. Comme en France, la loi n?autorise pas une personne à travailler 24 heures sur 24, elle a fait ma s?ur Ruby prendre son relais le soir».

Ramen qui dit détester Maurice du fait que la vie qu?il y mène est trop statique en comparaison avec la vie parisienne, déclare y revenir annuellement pour assister aux cérémonies religieuses impraticables dans la capitale française, à savoir Cavadee et la marche sur le feu. Sada Curpen vient souvent à Maurice et lorsqu?il y séjourne, il habite dans l?appartement que son frère Ramen Curpen possède à Cité La Cure.

Ramen Curpen décrit son frère comme «un gentil garçon, calme et timide. Il est très populaire. C?est pour cette raison que je suis en colère quand on dit de lui qu?il est le caïd dans l?affaire de Subutex».

Et quid de sa première arrestation le 10 août 2006 ? «Ce fut un choc pour moi. Il se peut qu?il ait eu de mauvaises fréquentations et ait été influencé par elles. J?ai eu l?occasion de lui dire ma façon de penser à ce sujet. Tout le monde commet des erreurs dans la vie. Je demande des excuses pour lui. Mais c?est mon frère et je ne le laisserai jamais tomber. Je suis là pour lui dans les bons moments comme dans les mauvais».

Comment se fait-il que son frère possède un salon de coiffure en plein c?ur de Port-Louis ? Ramen Curpen explique que Sada Curpen a saisi une occasion qui s?est présentée à lui. Où a-t-il trouvé la somme nécessaire pour l?acheter ? Ramen réplique que c?est sa mère Bibi Latifah qui a avancé l?argent : soit Rs 1,3 million. Il y a un contentieux portant sur cet établissement entre Sada Curpen et l?avocat Samad Goolamally. Des poursuites ont été entamées de parts et d?autres et les cas sont encore en Cour.

<I>«Nous avons eu des informations à l?effet que ce sont de faux-frères qui sont derrière tout cela. Je crois que cette fois, Sada est victime d?un coup monté.»</I>

Ramen Curpen précise que depuis que son frère a ce salon, il n?a pas arrêté d?être «harcelé par téléphone» et l?établissement a été plusieurs fois perquisitionné par la police qui n?y a rien trouvé. «Nous avons eu des informations à l?effet que ce sont de faux-frères qui sont derrière tout cela. Je crois que cette fois, Sada est victime d?un coup monté. On veut le transformer en approvisionneur de Subutex pour tout Maurice. Je ne crois pas qu?il aurait fait la même bêtise deux fois. Je dis que ces allégations là sont fausses. Boukou mensonz pe deroule».

Sada Curpen a été photographié avec plusieurs personnalités politiques locales. Des connaissances à lui ? A cela, Ramen Curpen répond par la négative et affirme que c?était il y a deux ans au cours de la Fête du 14 juillet. «Ayant la nationalité française, il a été invité pour le cocktail du 14 juillet par l?ambassade de France. Ler ou ena kontak ar gran dimounn, ou pa envi tir photo ar zot ou diman zot autographe ? Sada inn le tir photo ar zot. Il a une photo où il est en compagnie du rockeur français Johnny Halliday. Au train où vont les choses, demain on dira que Johnny Halliday est son complice ! S?il avait le bras aussi long qu?on le dit, la police l?aurait vu au cours de l?enquête par les numéros de téléphone enregistrés sur son portable qui a été pris de lui lors de sa première arrestation, non ? Tel n?est pas le cas. Et en disant cela, je n?essaie pas d?humilier la police car elle fait son travail».

Et quid de ses éventuels contacts avec Rama Valayden ? «Nous connaissons Rama Valayden car nous le croisons au cours de fêtes religieuses. Mais il n?a jamais logé chez nous à Paris et je vous assure que Sada n?a aucun contact avec ce politicien?»

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