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Une « instit » de cœur nommée Florise

11 septembre 2004, 20:00

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Avec Florise Hack la classe n’est jamais barbante. Elle est animée, joyeuse et résonne tous les samedis de rires de la ribambelle de gamins, de 8 à 12 ans, de cité Barkly. Et pour cause, l’institutrice à la retraite, ancienne formatrice des enseignants au MIE, a choisi les jeux éducatifs concoctés par ses soins pour enseigner.

À cité Barkly, bon nombre d’enfants, laissés à eux-mêmes, préfèrent faire l’école buissonnière. D’où la création en 1999 d’une école par le Centre de jeunesse du lieu et SOS Famille. Au début, les enfants n’en revenaient pas. Qui était cette dame aux cheveux grisonnants, à l’allure décontractée, haute comme trois pommes ? Encore une de ces institutrices guindées et ennuyeuses ?

Mais Florise Hack a vite balayé tous ces clichés lorsqu’elle est venue leur parler de Marimar, l’héroïne d’une célèbre série télévisée brésilienne. Ce qu’ils aiment plus encore, ce sont les jeux éducatifs que l’enseignante conçoit spécialement pour eux. « J’ai vite compris qu’il fallait s’y prendre autrement avec eux », dit-elle en se souvenant de ses premiers élèves.

<B>Les enfants les plus dissipés s’éveillent</B>

Les débuts sont difficiles : les écoliers sont indisciplinés et les livres de classe ne leur disent rien qui vaille. Il fallait les intéresser de façon différente. « Au fil des conversations, j’ai vu qu’ils partageaient tous la même passion pour Marimar. Cela m’a donné l’idée de leur demander d’écrire des phrases en français pour qu’ils racontent ce qu’ils avaient vu la veille dans la série. » Une méthode qui s’avère payante.

S’ils se débrouillent bien en français, l’anglais, en revanche, leur pose de gros problèmes. Alors comment s’en sortir ? Florise Hack commence par leur enseigner quelques mots en utilisant des mots croisés, sans grand succès. C’est alors qu’elle invente des jeux en s’inspirant des livres de maths, de sciences et d’anglais recommandés pour le programme scolaire des Standards IV à VI.

Et comme par magie, les écoliers, même les plus dissipés, participent à la classe, posent des questions, s’éveillent à l’instruction. « En résolvant les puzzles, ils améliorent leur orthographe, enrichissent leur vocabulaire et leurs connaissances générales tout en s’amusant. » Et ils en redemandent. « Après la fin d’un exercice, ils en veulent d’autres. Ils sont plus motivés que moi », rit-elle.

<B>Partager son expérience avec de nombreux enfants</B>

Elle se rend compte peu à peu que certains enfants ne savent pas compter. Florise Hack a plus d’une corde à son arc et imagine des situations qui s’inspirent de leur vie quotidienne, comme faire les courses à la boutique, pour les aider à compter. « Tout cela pour vous dire qu’il faut éveiller leur curiosité. Cela dépend de votre état d’esprit. Malheureusement certains enseignants parlent plus de leurs droits que de leur devoir et de leur responsabilité sociale. »Au fil des années, Florise Hack a réuni deux douzaines de puzzles.

« Mon fils m’a alors demandé pourquoi ne pas en faire un livret ? » C’est alors que naît Puzzle Activity Book I.

La sexagénaire ira jusqu’à apprendre à se servir de l’outil informatique pour les peaufiner. « J’ai dû prendre des cours et ce n’est pas plus mal ! Aujourd’hui je sais m’en servir. » Rien n’arrête décidément cette petite dame au grand cœur.

« C’est une grande satisfaction de voir les enfants s’éveiller à la connaissance. Ils m’apportent beaucoup de joie. » Maintenant son seul souhait, c’est de partager cette expérience avec de nombreux enfants. « On pourrait peut-être faire une expérience à l’école, avec des enfants qui ont du mal à s’adapter aux méthodes d’enseignement normal. »

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