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Un village bondé d?ordures

11 janvier 2004, 20:00

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Il ne fait pas bon vivre à Amaury. Ce village, connu pour sa tranquillité et la gentillesse de ses habitants respire la mauvaise odeur. La situation est pire dans la localité connue comme Bois-Jacquot.

En effet, ce village qui compte quelque 2 000 maisons est envahi par la saleté. Les ordures ne sont pas enlevées de manière systématique. Il n?y a pas un jour, que ce soit le matin ou l?après midi, où l?on n?aperçoive des ordures poussées au bord des routes ou entassées dans des sacs dans la cour des habitants.

Si certaines personnes avancent, qu?en période de festivités, il est un peu normal qu?il y a davantage d?ordures, la majorité des habitants soulignent qu?à Amaury, cette situation persiste depuis des lustres.

Pas un coin que nous avons visité où les habitants ne se plaignent de l?insalubrité de leur village. Les critiques sont virulentes.

Rajen Thodda, qui nous a servi de guide au cours de notre tournée, affirme que des ordures jetées au bord de route y sont restées pendant au moins trois semaines. ?Les gens sont révoltés contre cet état de chose?, indique-t-il.

Des critiques confirmées par tous ceux rencontrés. Soodevi Dookarhun, qui habite au bord de la route Royale, s?exprimant en bhojpuri, souligne qu?elle ne voit jamais les éboueurs ramasser les saletés. Lilawtee Nithalia est du même avis. Elle affirme qu?elle préfère laisser les ordures dans sa cour plutôt que les mettre au bord de la route.

Ordures brulées

Kadress Munisawmy, qui habite à la route Shantiniketan, affirme qu?il a honte d?habiter ce village. Foolchand Munohur souligne qu?il se trouve dans l?obligation de brûler les ordures, ce qui est contraire à la loi. ?Qui pou faire, nou brûle banne saletés là même si nou conné qui la loi défann nou.?

A la route Shivalah, qui mène au temple, la dizaine de personnes que nous avons rencontrées sont exaspérées. ?Nou honté qui ène chemin qui éna ène mandir capave malpropre coumme çà.?

Basdeo Ramjeet montre du doigt le service de voirie. Il accuse les éboueurs de ne pas faire leur travail comme il le faut. Il raconte que ses amis et lui sont obligés quotidiennement de balayer au bord de la route : ?Nou préfère prend saleté lor la rue, mette li dans sac et garde li dans nou la cour.? En attendant évidemment que les camions passent les récupérer.

Dans la cité EDC, où habitent une douzaine de familles, la situation est identique. La route s?appelle Trochetia mais elle ressemble plutôt? à une poubelle. Marguerite Delphine est d?avis que les habitants de cette localité sont des laissés-pour-compte. Tout le long de la voie également les ordures s?entassent.

Le président du Conseil des districts de Pamplemousses-Rivière-du-Rempart, Subiraj Ellayah, souligne qu?Amaury est l?un des villages où le ramassage des ordures est effectué par des employés des Administrations régionales avec l?aide des camions du Conseil des districts. Il dit être au courant de ce problème et avoir déjà soulevé toute la question auprès du ministère.

Des responsables du service de ramassage des ordures à Mapou (qui abrite le siège du Conseil des districts) affirment que des camions sont envoyés régulièrement à Amaury. Malheureusement, ils ne sont pas tenus de suivre l?exercice de ramassage des saletés. A chacun son métier?

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