Publicité
Un sursaut pour contrer les injustices
Il y a ceux qui estiment qu’il ne doit être question que l’Evangile durant le carême. A ceux-là, Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis, explique que les chrétiens, surtout en cette période, ne peuvent rester à l’écart des problèmes qui minent la société. C’est l’idée qu’il approfondit dans sa lettre pastorale marquant le début du carême, un document de 20 pages, présenté hier et intitulé Faire route ensemble au service de l’île Maurice.
Comme bon nombre d’observateurs, Mgr Piat constate que la société mauricienne souffre de plusieurs maux : une recrudescence de violence envers les femmes et les enfants, un nombre grandissant de toxicomanes séropositifs infectés majoritairement par le partage de seringues, le spectre d’une hausse du chômage avec la réforme du régime sucrier et les fermetures d’usines, un taux d’échec de 40 % à l’examen de fin de cycle primaire, qui perdure.
Ce constat, dit Mgr Piat, vise à interpeller les chrétiens pour qu’ils se penchent sur le sort de leurs concitoyens. Mgr Piat réplique que le premier devoir du chrétien est certes de se recentrer sur le Christ à travers sa Parole, mais en ce faisant, dit-il, l’individu réalise que le Christ était tout autant préoccupé par le sort des malades et des pauvres : “On ne peut se recentrer sur le Christ si on ne peut partager sa passion pour le service aux hommes. D’où le titre de cette lettre pastorale.”
Et à ceux qui pensent que c’est à l’Etat et non à l’Eglise de s’organiser pour offrir aux pauvres un meilleur logement ou pour empêcher la propagation du VIH/sida, l’évêque de Port-Louis cite la dernière Encyclique du Pape Benoît XVI, intitulée Dieu est amour. Dans cette lettre, le chef spirituel des catholiques reconnaît que même si “l’Eglise ne peut, ni ne doit prendre en main la bataille pour édifier une société juste, elle ne doit pas rester à l’écart de la lutte pour la justice”.
Les deux façons d’y parvenir, selon le Pape, c’est de plaider contre les injustices et autres manquements aux droits humains, et en réveillant les forces spirituelles latentes chez chaque individu pour qu’ils s’engagent à lutter en faveur de la justice. “L’Eglise doit insuffler l’énergie spirituelle qui vient du Christ à tous les hommes de bonne volonté.”
La deuxième partie de cette lettre pastorale est consacrée à l’identité des chrétiens par rapport aux problèmes sociaux. Celle-ci, selon Mgr Piat, doit être inclusive. “Plus nous sommes ancrés dans le Christ, plus nous sommes ouverts, accueillants et apprécions le travail fait par d’autres religions. Collaborons avec nos frères et sœurs d’autres religions pour régler ces problèmes, car créés à l’image du Christ, nous avons le même départ et la même destination”, a-t-il dit en réclamant un sursaut national.
Publicité
Publicité
Les plus récents