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Un surintendant des prisons agressé à l?acide
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Un surintendant des prisons agressé à l?acide
Il est un peu plus de 16 heures lundi. Dans la longue file de véhicules qui attendent sur l?autoroute de Phoenix, des hurlements retentissent. Ce sont en fait des cris de douleur et ils viennent d?une voiture : celle de Hemindralall Bhunjun, 54 ans, surintendant des prisons et responsable de la Prison Security Squad (PSS) à la prison centrale. L?homme vient d?être agressé à l?acide par un autre usager de la route.
Le SP était, au moment de l?agression, au volant de sa voiture, à proximité de Panagora Co. Ltd et roulait en direction de Pont-Fer pour rentrer chez lui, à Engrais Martial, Eau-Coulée. C?est alors qu?un motocycliste portant un casque intégral lui a aspergé le visage d?une substance nocive avant de disparaître.
Grièvement brûlé, le SP Bhunjun a été, avec l?aide de volontaires, transporté d?urgence à l?hôpital Victoria, Candos. Il a reçu des soins à la Burns? Unit avant d?être transféré à l?hôpital ophtalmologique Soopramanien Bharati de Moka où il a été admis. Nous apprenons que le SP Bhunjun n?est pas en danger de mort mais il aurait été sérieusement touché à l??il gauche.
<B>Identification impossible</B>
Aussitôt prévenus de l?agression, des policiers de Ph?nix se sont rendus sur les lieux. Ils y ont été rejoints par des éléments de la Criminal Investigation Division (CID) de la localité. Le chef inspecteur de police, Paul Adam, du poste de Ph?nix et l?inspecteur Burkatally, de la CID, se sont ensuite rendus au chevet de la victime. Celle-ci, grièvement touchée au visage, la tête bandée, n?a pu identifier l?agresseur qui portait d?ailleurs un casque intégral.
Entre-temps, tous les hôpitaux et toutes les cliniques du pays ont été mis au courant de cette affaire. Leur collaboration est sollicitée pour rapporter le cas de toute personne qui viendrait se faire soigner pour des brûlures causées par une substance novice.
Les enquêteurs de la CID n?écartent pas l?hypothèse que le SP Bhunjun se soit fait des ennemis de par la nature de son travail. Dans le sillage de cette enquête, la CID a aussi sollicité l?aide de l?Anti-Drug & Smuggling Unit. Cette affaire est suivie de très près à la prison centrale de Beau-Bassin comme au quartier-général de la police, aux Casernes centrales. L?enquête est placée sous la supervision du Central Divisional Commander, l?assistant commissaire de police, Hamchandra Ramsahye.
<B>Vinesen ABEL</B>
<B>Une question de contrôle</B>
La nouvelle de l?agression d?Hemindralall Bhunjun a eu l?effet d?une douche froide à la prison de Beau-Bassin. Cet ancien Dog Handler affecté à la sécurité à Beau-Bassin, aurait reçu plusieurs menaces des détenus ces derniers temps. ?Il n?y a là rien d?anormal. Quand vous travaillez avec les détenus, vous recevez des menaces tous les jours. Mais vous ne vous attendez pas à ce qu?elles soient mises à exécution?, déclare un collègue du surintendant Bhunjun.
Et Bhunjun ne serait pas le seul gardien à avoir subi des représailles. ?Un ASP qui été affecté à la Prison Security Squad a été giflé par un détenu, chef d?une mafia à l?intérieur de la prison. Ce brigand est notoire pour ses frasques. Il est aujourd?hui posté à la cuisine, un poste réservé aux privilégiés, à ceux que l?on récompense pour bonne conduite. L?ASP en question est partie à la retraite prématurée?, raconte un des responsables de la prison de Beau-Bassin.
Trois autres officiers de la prison sont en congés de maladie. Ils ont été victimes de ?hit and run? après avoir subi des menaces de certains détenus. ?L?un d?eux a été approché par un détenu la veille et ce dernier lui a dit; «to pe al senn mars demain?»? Et le lendemain, le gardien est agressé au Champ-de-Mars. Selon notre source, les détenus disent régulièrement aux gardiens trop sévères, ?to pou kone biento?.
<B>?Manipulation?
G. H. a 34 ans de service à la prison. Il raconte. ?Un détenu m?a approché et m?a dit «to tifi travay tel plas ?» Je n?ai pas réagi mais il essayait de m?intimider. Un certain groupe de détenus a pris l?habitude, depuis quelques mois, de terroriser les gardes-chiourme. Ainsi, petit à petit, ils prennent le contrôle de leur bloc.?
Ce qui aggraverait le problème, selon nos sources, c?est que le commissaire des prisons s?entretiendrait directement avec ces détenus fauteurs de troubles et les recevrait régulièrement. ?Alors qu?il n?y a plus aucun contact entre les officiers de la prison et l?administration. Les détenus le savent et profitent du rapport privilégié qu?ils ont avec Vijayanarayana pour intimider les gardes-chiourme.? Vijayanarayana visiterait fréquemment les détenus. ?C?est sa méthode. Et les choses se sont calmées pendant un moment parce que les fauteurs de troubles ont trouvé en lui un interlocuteur. Excepté qu?ils le manipulent maintenant?, confirme un haut gradé.
?La gestion de la prison, c?est une question de contrôle. Il est entre vos mains ou entre les mains des prisonniers. Et ce contrôle peut basculer à n?importe quel moment. C?est ce qui est en train d?arriver, petit à petit?, dit-on à la prison. En attendant, un garde-chiourme a été agressé à l?acide. Et des menaces pleuvent.
<B>Deepa BHOOKHUN</B>
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