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Un seul projet sera retenu par l?Unesco
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Un seul projet sera retenu par l?Unesco
En accueillant pendant deux jours le numéro un de l?Unesco, Maurice s?est placée en bonne position pour figurer sur la liste des pays ayant des sites décrétés patrimoine mondial et pour accentuer sa coopération avec cette organisation internationale.
« Avec la visite du directeur général de l?Unesco, M. Koïchiro Matsuura, Maurice a mis toutes les chances de son côté pour que son nom paraisse sur la liste des états ayant des biens décrétés patrimoine mondial. » Comme Armoogum Parsuramen, ancien ministre de l?Éducation et aujourd?hui directeur du bureau régional de l?Unesco de Dakar, ils sont nombreux à croire que la visite du directeur général de l?Unesco aura des conséquences favorables pour Maurice, en particulier sur le plan culturel.
Maurice a deux projets, celui de l?Aapravasi Ghat et celui de la montagne du Morne. Mais un seul site sera décrété patrimoine mondial.
« Ces dossiers auront une raison de plus pour être agréés », estime Vinesh Hookoom-singh, président du comité d?administration du Centre culturel mauricien. « L?inscription sur la liste du patrimoine culturel mondial est un atout touristique considérable qu?il va falloir exploiter intelli-gemment », explique, quant à lui, un haut fonctionnaire.
La visite du directeur général de l?Unesco aura également permis de faire de Maurice un centre de la commémoration de la lutte contre l?esclavage et de son abolition dans cette partie du monde. C?est à Port-Louis que Koïchiro Matsuura a inauguré, mardi, la cérémonie marquant la célébration de l?année internationale pour la commémoration de la lutte contre l?esclavage et de son abolition.
« Ainsi, ce sera une reconnaissance mondiale de ce que les pays de la région de l?océan Indien et de la Southern African Development Community ont fait pour la lutte contre l?esclavage et son abolition », souligne Vinesh Hookoomsing.
Un avis partagé par le président du Centre Nelson Mandela, Jean-Yves Violette, qui ajoute « c?est une occasion pour les descendants d?esclaves de prendre conscience de ce phénomène et pour les autres de mesurer les séquelles qui se manifestent dans la situation actuelle des descendants d?esclaves et du peuple créole ».
Des effets bénéfiques
Cependant, l?Unesco n?est pas qu?une affaire de culture. L?organisme est aussi concerné par l?éducation. « C?est une occasion pour Maurice de tout mettre en ?uvre afin de bénéficier de l?expertise de l?Unesco dans ce domaine », soutient avec insistance Armoogum Parsuramen.
L?occasion était trop belle pour la rater. En effet, la visite de Koïchiro Matsuura a coïncidé avec la signature d?un accord avec le ministère de l?Éducation, jeudi, à l?école du gouvernement de Pointe-aux-Piments. Un lieu hautement symbolique car cette école fait partie de la trentaine d?institutions classées dans la Zone d?éducation préférentielle (Zep). Ces écoles ont besoin d?une attention particulière en raison de leur faible taux de réussite aux examens.
L?accord porte sur le financement d?un projet qui a plusieurs objectifs. Il s?agit notamment de répertorier les causes de l?échec scolaire, et de lancer un programme pilote d?utilisation de la langue maternelle comme médium d?apprentissage durant les premières années du cycle primaire et dans l?enseignement prévocationnel.
Le financement de 100 000 dollars US provient d?un fonds du gouvernement japonais.« Cet accord arrive à point nommé », souligne Steeve Obeegadoo. Le recours à la langue maternelle comme médium d?enseignement dans le cycle primaire est un débat qui passionne tout le pays actuellement.
La visite de Koïchiro Matsuura aura aussi des effets bénéfiques pour l?enseignement supérieur. « Elle va renforcer la collaboration qui existe déjà entre nos deux organismes dans les domaines de la qualité de l?éducation, ou encore de l?intégration de la recherche dans l?enseignement des sciences », déclare Raj Lutchmeeah, directeur exécutif de la Tertiary Education Commission (Tec).
Koïchiro Matsuura est rentré à Paris jeudi après avoir passé deux jours à Maurice. Croisons les doigts dans l?attente d?une décision qui placera Maurice sur la carte mondiale du tourisme culturel, un club sélect où les Seychelles et Madagascar se trouvent déjà depuis 1982 et 1990 respectivement.
700 sites décrétés patrimoine mondial
Au cas où le dossier sur l?Aapravasi Ghat ou celui de la montagne du Morne, est agréé par le Comité du patrimoine mondial, le nom de l?île Maurice s?ajoutera à la liste des 128 états où 754 biens culturels, naturels, et mixtes ont été décrétés patrimoine mondial. Maurice aura alors comblé un handicap par rapport aux deux seuls états de l?océan Indien dont les noms sont déjà inscrits sur la liste des pays où des biens ont été décrétés patrimoine mondial. Depuis 1982 et 1983, l?atoll d?Aldabra, réputé pour sa réserve de tortues géantes, et la réserve naturelle (forêt de palmiers) de la Vallée de Mai, aux Seychelles, ont été inscrits au patrimoine mondial. En 1990 et 2001, c?est au tour de Madagascar de figurer sur cette liste avec la réserve naturelle de Tsingy de Bemaraha et la colline royale d?Ambohimanga.
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