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Un remorqueur qui sombre sème la discorde

25 décembre 2003, 20:00

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SEIGI Scherrer a du mal à cacher sa déception. Propriétaire du musée de l?Automobile et du Transport, situé à Trou-aux-Biches, il comptait ajouter à sa collection Le Valentina, un remorqueur datant de 1957. Mais cela ne se fera probablement pas de sitôt. En mauvais état, le bateau a en effet sombré le

18 décembre dans le port, menaçant les navires alentours. Le Chantier naval de l?océan Indien (CNOI) a renfloué mardi après-midi au frais de Seigi Scherrer. Mais ce dernier menace de saisir la justice de l?affaire.

Tout commence le 5 décembre. Le Valentina, qui est amarré au port depuis quelque temps déjà, fait l?objet d?un cambriolage. ?Une personne qui travaille au port m?a passé un coup de fil et m?a averti que les clapets étaient ouverts?, explique Seigi Scherrer.

Troublé, il se rend immédiatement sur place et découvre que plusieurs pièces du moteur, ainsi que le système de refroidissement de celui-c i ont été volées. Dès les premières constatations effectuées, il se rend au poste de police du port pour y signaler le vol. ?Je ne comprends pas comment un bateau tel que le Valentina, qui fait partie du patrimoine mauricien, a pu être la proie de vandales sans que personne ne sans aperçoive?, dit-il, fulminant.

Antiquité flottante

Selon lui, le remorqueur est le premier du genre à avoir été complètement construit à Maurice. ?C?est par ailleurs le premier remorqueur en acier. Les autres alors en bois à l?époque?, fait-il ressortir.

Devant le triste état qu?offre le Valentina, le directeur du musée décide de le faire remorquer. La tâche s?avère difficile car les voleurs ont également emporté la valve principale. Sans cette pièce maîtresse, explique Seigi Scherrer, l?eau de mer s?engouffre à l?intérieur du bateau, le menaçant ainsi de couler.

Afin d?éviter que cela n?arrive, il fait donc appel, trois jours plus tard, au CNOI, à qui il demande aussitôt de commencer à évacuer l?eau qui est à bord à l?aide de pompes.

Deux remorqueurs de la Mauritius Ports Authority sont ensuite utilisés pour amener le Valentina jusqu?au quai du CNOI. ?Une fois le bateau amarré, nous avons fait parvenir à Seigi Scherrer des cotations pour effectuer des travaux de réparations. Mais il n?a jamais confirmé?, déclare Rivaltz D?Hotman, cadre au CNOI.

Aucune réparation n?est donc effectuée et le bateau, sérieusement endommagé, ne tarde pas à couler. ?Ce n?est pas étonnant que ce bateau ait sombré, vu l?état dans lequel il se trouvait?, explique t-il.

Seigi Scherrer apprend en effet le 18 décembre au soir que son bateau a sombré juste en face du quai du chantier naval. ?Je pensais tout d?abord qu?il s?agissait d?une mauvaise blague. Mais après avoir vérifié, j?ai su qu?il avait vraiment coulé?, relate le passionné d?histoire.

Mais le remorqueur se trouve dans un passage très fréquenté par les navires. De fait, il représente un danger potentiel. Le CNOI fait parvenir une lettre à Seigi Scherrer dans laquelle il fait savoir que le bateau devra être enlevé au plus vite.

?The presence of the vessel (Valentina) in front of the quay of CNOI constitutes a serious danger to navigation of vessels within the harbour and also seriously handicaps the activities of CNOI?, fait ressortir la correspondance adressée au propriétaire du musée. ?Nous avons fait savoir à Seigi Scherrer que l?enlèvement du bateau devrait se faire à ses frais. Mais il n?a rien voulu savoir?, explique Rivaltz D?Hotman.

?Je ne paierai pas?

Le chantier naval réclame au directeur du musée la somme de Rs 600 000 pour enlever le navire. ?Il est hors de question que je paie. Je n?y suis absolument pour rien s?il a coulé. C?est le chantier naval qui en avait la charge, c?est donc à lui de faire le nécessaire?, laisse entendre Seigi Scherrer.

Le Valentina devant absolument être enlevé, le CNOI a procédé au renflouage du bateau mardi dernier. Le rafiot est depuis amarré au quai dans l?attente d?un éventuel accord entre les deux parties.

Seigi Scherrer se dit pour sa part prêt à traîner l?affaire devant la justice. ?Le Valentina est un bateau symbolique qui fait partie du patrimoine mauricien. Il faut donc tout faire pour le sauver?, soutient-il.

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