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Un rappeur en herbe poignardé à mort à St.-Hubert
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Un rappeur en herbe poignardé à mort à St.-Hubert
Un jeune homme qui chante, un autre, un peu éméché, qui décide qu?il devrait se taire et s?en aller, la désapprobation des autres qui apprécient, en revanche, sa performance? Il aurait suffi de cela, selon les dires d?un témoin, pour que Ringo Sarah, 23 ans, soit poignardé à mort lundi. Ce jeune de 20 ans, qui tient à garder l?anonymat, a déjà livré sa version des faits à la police. Et celui qu?il désigne comme étant le meurtrier court toujours.
Après une journée calme passée au domicile parental, au morcellement Jahoo, à St-Hubert, Ringo, qui travaille depuis deux semaines comme man?uvre pour un entrepreneur de la localité, quitte son domicile sans dire à sa mère Haydee où il se rend. En fait, il a rendez-vous avec sept amis, pratiquement du même âge que lui, chez Patrick Adrian (l?oncle du témoin) qui habite à une centaine de mètres de là.
Là, dans la chambre qu?occupe le dénonciateur, ils jouent de la guitare et chantent, faisant de temps à autre une pause pour prendre une bière. Le style musical privilégié par Ringo et ses amis est le rap. Au cours de la soirée, ils s?en donnent à c?ur joie. La victime, qui avait, ?enn zoli lavoi?, selon le témoin, encore visiblement bouleversé par la scène tragique, se met à chantonner, tentant de composer un morceau. Ils sont interrompus par le suspect, qui débarque intempestivement.
Ce vigile de 25 ans est, toujours selon le témoin, ?inpe sou?. Il les rejoint dans la chambre et interrompt le chanteur en lui disant ?faude pa li sant sa?, ajoutant ?tou ban figir bef bizin ale?. Il désire, en clair, que tous les indésirables vident les lieux. ?Li pa ti le Ringo sante. Nou tou inn met ar li ek noun dir li ki faude pa li koz sa kalite koze la.?
Décontenancé, l?homme aurait alors pris un siège. Ringo Sarah lui tournait le dos. ?Linn get kamarad ki ti asize en fas e kan Ringo inn aret sante ek linn lev so boutey labier pou boir, Lori inn nek leve ek pik li dan so abdomen ar enn kanif.?
Son forfait accompli, le vigile aurait quitté précipitamment les lieux. Saignant abondamment, Ringo est conduit à l?hôpital Nehru de Rose-Belle où le médecin des urgences ne peut que constater son décès. Sa dépouille est ensuite transportée à l?hôpital Victoria, Candos, pour autopsie.
Haydee Sarah, quadragénaire corpulente, maudit ce mauvais tour du destin qui la prive pour de bon de son fils aîné, après lui avoir temporairement enlevé son mari, Jean-Roland. Cet ancien employé de sucrerie, dans l?incapacité de travailler en raison d?un cancer au pancréas, n?a pu s?acquitter de sa facture téléphonique qui s?élevait à Rs 5 000. Il a, par conséquent, été condamné à quatre mois de prison et est détenu à la prison de Beau-Bassin depuis le 21 février. ?E si lapolis les li vinn get figir so garson mor, tou dimounn ki la pou ena enn mo lor li ek pou panse ki li enn kriminel. Alor ki an realite, li zis pa finn kapav pey so bil telefonn.?
?Bizin ena enn zalouzi plis a laryer?
Ringo et son plus jeune frère, Presley, 13 ans, qui travaille dans un supermarché, étaient les seuls à faire vivre la famille. Stephen, le cadet, est apprenti-soudeur et ne gagne, de ce fait, pas grand-chose. Maintenant que Ringo n?est plus, Haydee se demande comment elle paiera les traites bancaires de l?emprunt contracté pour ajouter un étage à leur maison. ?Pou bizin fie lor fami?, soupire-t-elle.
Doreen, une des cousines du défunt, venue réconforter sa tante Haydee, est sceptique quant à la raison avancée par le témoin pour justifier cette agression mortelle. Selon elle, ?bizin ena enn zalouzi plis a laryer kinn pran ek kinn vini mem?. Mais quelle est cette raison ? Nul ne saurait encore le dire. Seule la confession du suspect pourrait peut-être le déterminer. A hier après-midi, celui-ci demeurait introuvable?
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