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Un président-joker qui intrigue
De Sir Veerasamy Ringadoo à Sir Anerood Jugnauth, en passant par Cassam Uteem et Karl Offmann, les quatre personnalités désignées à la présidence, depuis l?accesion de Maurice au statut de République, ont tous été parlementaires avant d?accéder à ce poste. Cependant, les actuelles supputations laissent entrevoir que celui qui s?installera à la State House en cas de victoire de l?alliance MSM-MMM, pourrait cette fois venir hors du sérail politique. Il s?agirait en l?occurrence, d?un ancien membre du judiciaire à qui le gouvernement fait souvent appel pour ses compétences.
Cependant, tout ce que l?on sait pour l?instant de la winning formula que Paul Bérenger a en tête, c?est qu?en cas de victoire en 2005, ce dernier céderait, en 2008, le fauteuil de Premier ministre à Pravind Jugnauth. À suivre la logique des accords précédents, on ne peut que déduire que le choix du prochain président reviendra au MMM.
En effet, hormis le bref mandat de Karl Offmann, on n?a pas eu à ce jour, dans le cadre d?une alliance gouvernementale, de président et de Premier ministre en exercice venant d?un même parti.
Répondant en quelque sorte à l?article intitulé « Quel MMM sans Bérenger ? » paru dans notre dernière édition, le leader du MMM a divulgué, au début de la semaine, quelques éléments de sa formule gagnante. Il a ainsi précisé que celle qu?il se propose de présenter à l?électorat touchera la présidence, la vice-présidence et la hiérarchie gouvernementale, au sein de laquelle Jayen Cuttaree serait appelé à assumer des « responsabilités beaucoup plus importantes ».
Tout peut arriver d?ici 2008
Il a toutefois ajouté que la présidence ne le tentait pas. Cette attitude n?est pas nouvelle. En 1990, malgré l?accord de Terre-Rouge qui stipulait que « l?alliance électorale MSM-MMM présentera Paul Bérenger comme président de la République », le leader du MMM s?était par la suite désisté en raison de « renseignements » parvenus à l?Hôtel du gouvernement et en dépit de l?insistance du MSM.
À décoder les réalités politiques chères au MMM et à son souci d?avoir tout le monde on board, force est de conclure que, si le fauteuil de Premier ministre est occupé par Pravind Jugnauth et celui de vice-Premier ministre par Jayen Cuttaree, celui de président ira éventuellement à une personne appartenant à la population générale. Toutefois, dans un tel registre, la marge de man?uvre du MMM, si l?on s?en tient aux politiciens actifs, semble très étroite. D?où la thèse que cette fonction pourrait être confiée à quelqu?un qui n?a pas touché à la politique active. Mais rien n?est encore joué.
Toujours est-il que la simple évocation du remplacement de Sir Anerood a suscité des commentaires mitigés dans l?entourage du MSM. Pour l?un de ceux qui se disent offusqués, « parler de la succession de Sir Anerood alors qu?il n?est qu?au tout début de son mandat et à un moment où les problèmes ne manquent pas, est inélégant. C?est comme si on invitait quelqu?un à dîner à 15 heures. Chaque chose en son temps ».
Un ancien parlementaire considéré comme modéré, concède, lui, qu?il n?y a pas de quoi fouetter un chat. « On voit mal Sir Anerood continuer à occuper le poste de président avec son fils comme Premier ministre. » De plus, il trouve « raisonnable » l?éventuel partage du mandat de Premier ministre entre Paul Bérenger et Pravind Jugnauth.
Le leader du MMM a aussi annoncé son intention de se retirer du Parlement après avoir passé le relais à Pravind Jugnauth en 2005, pour se consacrer à préparer le MMM de l?après-Bérenger.
Mais, comme le fait remarquer un ancien dirigeant du MMM : « En politique, une semaine est souvent bien longue. Nous avons bien connu, en 1983, l?épisode Ramduth Jaddoo. Le nom de ce dernier avait été brièvement cité comme éventuel président du parti. Il a ensuite été écarté au profit de Dharmanand Fokeer. » Puis, récemment, il y a eu le cas de Swalay Kasenally.
Il avait été approché pour être vice-président, mais il a été coiffé au poteau par Raouf Bundhun.
Autant dire que tout peut arriver d?ici 2008, lorsque viendra le temps de songer au remplacement de Sir Anerood Jugnauth. Ce dernier, élu par le Parlement le 7 octobre dernier, dispose d?un mandat de cinq ans.
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