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Un programme d’études fait des vagues
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Un programme d’études fait des vagues
Quand des universitaires se fâchent, les choses prennent une fâcheuse tournure. Rien ne va plus entre Sharmila Seethulsing-Goorah, chargée de cours à l’université de Maurice, et la doyenne de la faculté de sciences, Ameenah Gurib-Fakim. A l’origine du malaise : l’introduction d’un diplôme en pharmacie. La première citée affirme qu’il s’agit d’un modèle copié de son projet. Ameenah Gurib-Fakim explique, elle, que tout a été fait selon les règlements de l’université.
Sharmila Seethulsing-Goorah a adressé une mise en demeure à la doyenne de la faculté de sciences, dans laquelle elle conteste l’introduction du diplôme. Elle y explique qu’en novembre 2004, elle s’est engagée à concevoir un programme d’études menant à une licence (degree) en pharmacie. Un sondage aurait révélé que de nombreux étudiants mauriciens seraient intéressés à suivre ces cours basés sur les recommandations de la Quality Assurance Agency de la Grande-Bretagne.
Sharmila Seethulsing-Goorah dit avoir finalisé le programme d’études intitulé le «Bpharm/MpharmUndergraduate course» le 17 décembre de la même année. Le 7 janvier, le projet est avalisé, à l’issue d’une réunion de département et d’un comité d’étude présidé par le Dr Hussein et composé d’académiciens du département des sciences.
Le 17 mars, un comité consultatif sous le commandement d’Ameenah Gurib-Fakim livre ses recommandations : le projet est considéré comme un «good one». Au lieu d’une licence, un programme menant à un diplôme est considéré comme point de départ. Le 28 mars, ajoute Sharmila Seetulsing-Goorah, ce comité s’est réuni de nouveau, sous la présidence d’Ameenah Gurib-Fakim. Il a alors été décidé qu’une nouvelle proposition devait être faite à travers un comité d’étude interdisciplinaire, au lieu d’un comité d’étude départementale. Cela, en dépit des objections de Sharmila Seetulsing-Goorah.
Fin juillet, un nouveau chef de département, Ratnam Kotea est nommé. Et en août, après l’expiration de son mandat comme représentant du département des Health Sciences, Sharmila Seetulsing-Goorah est ré-élue pour un an. Mais la décision est renversée à l’issue d’un comité présidé par la doyenne. A partir de là, elle n’aurait plus son mot à dire sur le comité de la faculté. Sharmila Seetulsing-Goorah explique avoir appris, le 23 août, que le ministère de la Santé a décidé d’offrir la licence en pharmacie. Le vice-chancelier aurait alors vainement recommandé à la doyenne de la faculté de reconsidérer son projet. Le 24 octobre, dit-elle, Ratnalm Kotea, a circulé par e-mail une copie du nouveau cours devant être discuté au cours de la réunion du comité d’étude interdisciplinaire. Les auteurs ne sont pas identifiés. Elle soutient que la proposition est une «concept copy» de son projet et en contient des extraits «verbatim». Le même jour a lieu la réunion. La doyenne devait décider d’introduire le projet dans le programme universitaire.
Elle soutient qu’aucune justification ne lui a été donnée sur le rejet de son projet. Et la conduite de la doyenne et celle du chef de département des Health Sciences constitue un abus de pouvoir et un «legal wrong». D’où sa décision de contester le nouveau programme d’études «créé» par Ratnam Kotea. Elle demande qu’il soit remplacé par celui qu’elle a proposé. Le cas échéant, elle ira de l’avant avec une action légale. Elle a retenu les services de Me Siddhartha Hawoldar.
Dans sa version, Ameenah Gurib-Fakim avance, elle, que la Santé a rejeté le programme d’études menant à une maîtrise en pharmacie mais a opté pour un diplôme dans le but de remettre à niveau les techniciens de pharmacies. «Nous avons la vocation de former des gens qui sont avant tout employables. Le programme d’études soumis par le Dr Seetulsing-Goorah était alors considéré comme une propriété de l’université et nous nous sommes toujours basés sur des rapports existants pour conceptualiser un cursus. C’est le Dr Ratnam Kotea qui a fait le nouveau cursus. De plus, le Dr Seetulsing-Goorah n’a jamais été évincée du poste de représentante du département des Health Sciences. Mais comme le prévoient les dispositions légales de l’université, chaque année un nouveau représentant est élu. Cette rotation permet de donner la chance à tout le monde. On a discuté de cette affaire à l’université et je peux vous dire que tout a été fait selon nos schedule of duties.»
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