Publicité

Un professionnel constamment sollicité

20 octobre 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

On pourrait a priori expliquer l?humilité dont semble faire preuve Sunil Ramgobin, 42 ans, qui nous reçoit dans la vaste et luxueuse salle de réunion clients de la SBM, par le fait qu?il vient d?enfiler ses nouvelles chaussures au sein de cette institution. Il a en effet pris ses fonctions le 1er octobre dernier. Mais bien qu?il ait fait ce que l?on nomme en France les grandes écoles ? après son diplôme d?études générales en administration économique et sociale auprès de l?Université de Lille en France, il a obtenu sa licence et sa maîtrise en droit des affaires et gestion financière à long et court termes auprès de l?Ecole Supérieure des Affaires ? il a commencé au bas de l?échelle à son retour à Maurice en 1993. Tout en étant relative, l?expression «au bas de l?échelle» pour ce Vacoassien qui a été élevé par une nounou du fait que ses parents travaillaient et vivaient au Botswana, signifie un poste inférieur à ses qualifications.

En effet, lorsqu?il rentre au pays après un stage chez Jean Luc Mercier, cabinet de redressement juridique très connu et un emploi à mi-temps à la Société Générale où il gère les portefeuilles et a accès à la salle des marchés, Sunil Ramgobin a beau postuler auprès de toutes les institutions bancaires opérant à Maurice, il souhaite malgré tout rester dans le système français. Il accepte donc le poste de junior exploitant auprès de la défunte Banque Nationale de Paris Intercontinentale qui s?apprête à démarrer son secteur offshore. Il fait ses preuves rapidement, si bien qu?au bout de six mois, il prend une partie du back office et la salle des marchés. Et en décembre 2000, il est promu cadre. Il a la responsabilité de la clientèle «entreprises et privée». A partir de là, il n?arrêtera pas d?être approché et sollicité.

La Barclays qui est encore à l?époque dirigée par Jacques de Navacelle, parvient à le débaucher en lui offrant le poste de Head of Business Development. Sa responsabilité est de redynamiser le département offshore qui patine. Poste qu?il accepte et occupe dès janvier 2001. Il reconnaît qu?il lui faut «un petit temps d?adaptation car le système comptable anglais est différent du système comptable français». Les promotions se succèdent après un an de service: il est nommé directeur adjoint de l?offshore puis directeur de ce département. Lorsqu?il prend ce poste de directeur au début de 2005, les profits annuels sont de l?ordre de 13 millions de dollars. A la fin de l?année, ils ont presque doublé, soit 23 millions de dollars. Ce Vacoassien de naissance qui est toujours en quête de challenge, est servi sur un plateau lorsque la Standard Bank qui avait une petite représentation à Maurice, décide de se faire sa place en tant que banque commerciale. Elle demande alors à Sunil Ramgobin et à Kamal Taposeea qui était aussi à l?époque haut cadre à la Barclays, de l?instituer. Les deux hommes démarrent à zéro et préparent le business plan. Bien que Sunil Ramgobin soit responsable de l?offshore en tant que Head of International Banking, il met la main à la pâte partout ailleurs. Il ne tarde pas à se démarquer. Ce qui lui vaut d?être promu Regional Director Corporate and Investment Banking pour l?océan Indien. Poste qui le fait beaucoup voyager, en particulier en Afrique du Sud. Une fois que le but initial est atteint, Sunil Ramgobin qui a toujours besoin d?adrénaline, réalise qu?il a été exposé «à toutes les opérations internationales tout en restant à Maurice». Il se dit alors qu?une expérience en terre étrangère ne serait pas de trop. La chance semble lui sourire sous les traits de l?ancien chef de la Standard Bank en Afrique du Sud avec qui il a eu l?occasion d?interfacer et qui a pris le poste de General Manager du Corporate Banking de la Al Rajhi Bank à Riyad. C?est la première banque islamique au monde. On lui fait la proposition d?être Head of Transactional Banking. Deux facteurs le poussent à accepter : il connaît le professionnel avec qui il va travailler. Ensuite, s?il est familier des rouages d?une banque commerciale, il ne connaît rien d?une banque islamique qui suit les préceptes de la Shariah, loi canonique islamique régissant tous les secteurs de la vie.

«De nombreuses personnes placent leurs devises dans des banques à l?étranger ou règne l?incertitude. Choisir une banque à Maurice pour ses placements réduit les risques. La banque à Maurice gérera les actifs du client.»</I>

Après un an à Riyad, il est à même d?expliquer que la banque islamique se différencie d?une banque conventionnelle du fait que les produits qu?elle finance doivent se plier à la Shariah. Par exemple, elle ne financerait pas la construction d?un hôtel qui, une fois en opération, va servir de l?alcool et des aliments interdits comme le porc. De plus, les tarifs qu?elle applique sont guidés par la Shariah. Elle ne peut, de ce fait, faire payer le client plus que l?opération n?a coûté. Ensuite, elle se substitue au client. Par exemple, dans le cas de l?achat d?une maison, celle qui achète et le loyer que paie le client ayant commandité l?achat, équivaut au remboursement mensuel. Lorsque ce professionnel, marié à Shyama et père de deux filles, Pooja, 12 ans et Priya, 15 mois, prend ses premières vacances en venant à Maurice, dans l?avion il croise Rajah Ramdaursingh, président du conseil d?administration de la SBM, qu?il connaît de vue. Les deux hommes sympathisent et Sunil Ramgobin réalise qu?il partage la vision du président du conseil d?administration de la banque. Tout part de là et peu après, il est sollicité pour occuper le poste qu?il occupe actuellement. Sans vouloir dévoiler la stratégie de la banque, il déclare que l?envergure au sein de la SBM n?a strictement rien à voir avec ce qu?il a accompli jusqu?ici. Ses responsabilités sont élargies: il doit s?occuper du Corporate Banking, lancer l?Offshore, instituer le Investment Banking, superviser le SBM Lease, gérer les filiales de Madagascar et de l?Inde. «Je crois pouvoir apporter de la valeur ajoutée à la SBM», précise-t-il. Il dirige une équipe d?une soixantaine de personnes. Autant pour certains, la mobilité dans le monde du travail passerait pour de l?instabilité, à ses yeux, il s?agit de dynamisme. «Quand je vois quelqu?un dans la tranche d?âge des 30-40 ans qui ne bouge pas dans un secteur aussi mobile et rempli d?opportunités que le secteur financier, je me dis que cette personne là est amorphe alors que celle qui bouge est dynamique». Par rapport à la crise financière internationale, sa tactique sera de jouer la carte de la proximité. «De nombreuses personnes placent leurs devises dans des banques à l?étranger ou règne l?incertitude. Choisir une banque à Maurice pour ses placements réduit les risques de la clientèle, la banque à Maurice gérera les actifs du client». Combien de temps se donne-t-il à la SBM vu qu?il n?a pas arrêté de bouger d?une institution à une autre depuis son retour d?études ? Sunil Ramgobin qui consacre ses week-ends à sa famille et qui aime bien regarder les films d?action et les documentaires à la télévision, pense que la SBM sera sa dernière gare. «Mon contrat est certes de cinq ans mais Je pense terminer ma carrière à la SBM.» Que sera, sera?

Publicité