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Un ?Press Council? pour une liberté responsible
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Un ?Press Council? pour une liberté responsible
Onze journalistes sont morts dans le conflit irakien. Voilà un constat qui recentre tout de suite le débat sur la presse et ses libertés. La sécurité et la justice à l?égard des professionnels des médias est la préoccupation principale du monde journalistique en ce 3 mai, décrété Journée mondiale de la liberté de la presse. Loin des turbulences des zones de conflits, à Maurice, on en est encore aux moyens d?amener la presse à être irréprochable dans la prise des responsabilités qui vont avec la liberté.
Les plus vieilles et plus grandes démocraties du monde, à l?instar de l?Inde et de l?Angleterre, recourent à un Conseil de la presse pour promouvoir la liberté et aussi un haut niveau de professionnalisme dans les médias. L?institution peut se positionner comme une autorité morale ou quasi judiciaire. Alternativement, la régulation à travers un ombudsman est privilégiée.
A Maurice, toutefois, l?idée bute contre une opposition obstinée. La presse, écrite en particulier, fait ressortir qu?elle a bien existé sans tuteurage pendant 231 ans et le public, même s?il lui arrive de s?en plaindre parfois, en est très satisfait dans l?ensemble. Elle fait également remarquer qu?une panoplie de lois existe déjà pour gérer les incartades de la presse. Ces lois sont d?ailleurs assez répressives.
Enjeux différents
On comprend ceux qui tiennent ce discours. Nous avons tous une aversion innée à toute pression externe contre notre inclination naturelle à faire, dire et écrire librement. A tel point, d?ailleurs, que cela peut pousser à une résistance aveugle aux lois et aux normes.
L?initiative du Média Trust de lancer le débat sur la création d?un Conseil de la presse a donc échoué. Cet organisme avait recruté les services d?un expert britannique, Kenneth Morgan, pour le guider. Celui-ci a recommandé un Voluntary Media Council pour Maurice. Il suggère que le Media Trust, instance créée par l?Etat, en prenne l?initiative. Le cas échéant, la presse devrait s?en charger elle-même. Le conseil étant de nature volontaire, il serait laissé libre de choisir son mode opératoire. La presse et le public y seraient équitablement représentés.
Les opposants au projet ont craint un piège visant à placer la presse sous le joug des politiques. Ils ont sûrement en mémoire un passé pas très lointain, quand les politiques ont essayé de museler la presse. Pour eux donc, les directeurs des journaux, seuls, sont habilités à décider du contenu et de la qualité des journaux.
L?avancée technologique fait que les médias n?opèrent plus dans les mêmes conditions que naguère. Les enjeux ne sont plus les mêmes. Du reste, les procès en diffamation ne sont pas à la portée de tout le monde. La justice est coûteuse. Le juge indien P. B. Sawant, ancien président du Press Council de l?Inde, en concluait d?ailleurs qu?à moins de prendre la précaution de contrôler la méthode et la manière d?utiliser les mots, la société sera emportée?
L?Inde dispose d?un Conseil qui a le statut d?une institution quasi judiciaire. Ce pays n?en est pas moins une démocratie vivante avec une presse des plus indépendantes ! Après tout, n?est-il pas légitime de s?attendre que la presse, pôle de pouvoir et donneuse de leçons, se plie à son tour à certaines exigences ?
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