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Un plus à Radio One
Hassen Rojoah termine son périple radiophonique à Radio One. Qu’on l’aime ou pas, sa popularité et son aisance à l’antenne sont indiscutables. Sa présence devrait faire beaucoup de bien à Radio One.
Au-delà de cette arrivée à la rue Brown Séquard, il faut surtout s’intéresser au cahier des charges de Hassen Rojoah : l’animateur vient en tant que fournisseur de programmes. Il vient avec son équipe et son émission clé en main. Il n’intègre pas l’équipe de Radio One mais il est un prestataire de services pour cette radio. Il ne devrait pas être le seul.
C’est une première pour la radio privée mauricienne. C’est une évolution tout à fait intéressante. Radio One commande ainsi un programme sur mesure à l’animateur devenu producteur. Cette pratique est courante à l’étranger et ... à Maurice. L’émission « The World Chart Show » est fournie à Kool FM par Radio Express des Etats-Unis, le leader mondial de la « syndication » radio. La MBC télé a récemment fait appel à la créativité des producteurs indépendants, ce qui nous a permis, entre autres, de découvrir Les Dames Créoles de David Constantin ou les aventures de Tizan de Hans Ramduth.
La radio privée ne pouvait échapper à cette évolution. Une évolution qui a pour but d’enrichir le contenu des programmes. S’ouvrir à des regards extérieurs, aller chercher les idées ailleurs que dans son propre giron : c’est l’avenir que Radio One prépare. Car, c’est là que va se jouer et se gagner la véritable guerre des radios.
La question de savoir quel animateur est le plus populaire sera bientôt dépassée. Déjà, la cote de popularité de Hassen Rojoah, tout en restant élévée, avait commencé à chuter. Bientôt, les auditeurs auront, nous l’espérons, d’autres aspirations que d’entendre les dédicaces de Mario ou les blagues de Mamie Kloun. Il faudra se positionner comme une radio de contenu. Et c’est ce que fait Radio One. Il faudra que le contenu des émissions soit en adéquation avec les besoins des auditeurs.
On peut reprocher à Hassen Rojoah d’avoir la bougeotte. Pour clore ce débat, une fois pour toutes, rappelons que la mobilité est inhérente au domaine de l’audiovisuel.
Voyons les choses sous un autre angle.
Si Hassen Rojoah a fait ainsi le tour de toutes les radios de Maurice, c’est parce que nous manquons peut-être de professionnels formés aux différents métiers de la radio.
La désinvolture dont font parfois preuve certains animateurs à l’antenne, laisse croire que ce n’est pas un vrai métier. Que n’importe qui peut devenir animateur. Or, la radio exige de la rigueur, de la technique et de la discipline. Faire de la radio est un vrai métier qui demande de véritables compétences que l’on peut acquérir. Cette acquisition de compétences et ce besoin de formation doivent être une priorité pour les radios privées.
Si l’on peut commander des émissions taillées sur mesure, l’on doit aussi pouvoir commander des formations, des stages pour les animateurs et journalistes de la radio. Contenu et formation : les deux véritables armes pour remporter la bataille de l’audimat.
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