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Un plan ?d?urgence? exigée contre la grippe aviaire
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Un plan ?d?urgence? exigée contre la grippe aviaire
Deux spécialistes français en pneumologie appellent les autorités à lancer ?d?urgence? un plan de lutte préventive contre la grippe aviaire, qui menace, selon eux, la France et l?Europe d?une ?catastrophe sanitaire? semblable à celle de la grippe espagnole en 1918-1919.
?La liste (...) des problèmes posés nécessite une coordination située au plus haut niveau de l?Etat, en coopération étroite avec nos partenaires européens et avec les pays amis. De la préparation et de la concentration des décisions dépendront de façon critique l?ampleur de l?épidémie et le nombre de ceux qui en mourront?, ont déclaré au Journal d?hier, Jean-Philippe Derenne et François Bricaire, respectivement chef du service de pneumologie et de réanimation et chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l?hôpital de la Salpêtrière.
Depuis son apparition en 2003, la forme humaine de la grippe aviaire a fait 37 morts au Vietnam, 12 en Thaïlande et quatre au Cambodge. L?épidémie au Vietnam laisse supposer que le virus a subi des mutations qui accroissent le risque de contagion entre humains, a fait savoir l?Organisation mondiale de la santé.
Les deux professeurs français soulignent que la situation évoque pour eux celle de la grippe espagnole, qui a tué entre 20 et 50 millions de personnes dans le monde en 1918-1919, à une époque où les moyens de communication, et donc les facteurs de transmission rapide du virus, n?avaient rien de commun avec ceux d?aujourd?hui.
Les deux spécialistes estiment qu?il faut poser de manière urgente ?la question de la disponibilité des moyens de lutte contre l?épidémie, de l?ampleur des stocks nécessaires et de la capacité à les produire en grande quantité?.
Ils mentionnent notamment le médicament Tamiflu, estimant que la France aurait besoin au minimum d?un stock de 360 millions de comprimés pour traiter préventivement les populations les plus exposées et les plus fragiles, alors que le stock actuel est de 130 millions. Les stocks de gants et de masques de protection sont encore plus insuffisants car ils ?ne couvrent dans le meilleur des cas que les besoins de quelques jours en milieu hospitalier?.
Il faut notamment décider dès maintenant, disent-ils, d?une éventualité de vaccination préventive de certaines populations. Il faut également étudier la possibilité en cas d?épidémie de fermetures des salles de spectacles, des limitations d?accès aux transports en commun et aux supermarchés et de l?aménagement éventuel de lieux de quarantaine dans les aéroports, estiment-ils.
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