Publicité
Un plan contre la violence domestique
1 200 cas de violence domestique ont été rapportés à la police l?année dernière mais les experts s?accordent dire qu?il faut multiplier ce chiffre par dix pour avoir le nombre de cas réel. Les victimes ? Des femmes, des enfants mais également des hommes. Des actes répréhensibles toujours plus violents.
Afin de contrer ce fléau qui prend de l?ampleur, le ministère des droits de la Femme, du développement de l?enfant et du bien-être de la famille et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont présenté hier un ?Plan d?action national pour combattre la violence domestique?. Une initiative, étalée sur une période de trois ans, qui se veut une ?harmonisation? des plans d?action du ministère et de l?ONG Media Watch.
Loga Virahsawmy, présidente de Media Watch, considérant Maurice comme ?le pays des comités et des ateliers de travail? et ne voulant pas que ce plan d?action ?reste dans les tiroirs?, compte s?assurer de son application. ?Je suis fatiguée des rapports, je veux du concret, dit-elle. Le monitoring est primordial et c?est important qu?on se rencontre dans six mois pour déterminer ce qui a été fait, ce qui n?a pas été fait, pourquoi cela n?a pas été fait et quelles ont été les contraintes (?)?.
Ce plan d?action s?articule autour de cinq axes principaux : mettre en place des services appropriés, accessibles et opportuns pour les victimes de violence domestique, pour leurs enfants mais aussi pour les auteurs des violences, prévenir ce genre d?abus à travers des campagnes de sensibilisation et de conscientisation, promouvoir un compte rendu (reporting) ?responsable? de la violence domestique dans les médias, renforcer les législations en vigueur et entreprendre des recherches sur le sujet. Des objectifs qu?ils espèrent pouvoir réaliser à court, moyen et long termes.
Législation, abris et sensibilisation
L?une des priorités de ce plan d?action demeure la promulgation du Sexual Offences Bill qui permettra de ?s?attaquer aux délits sexuels plus efficacement?. Tout comme le renforcement et l?application de la Protection from Domestic Violence Act. Des législations qui prévoient une définition plus large du viol incluant le ?viol marital?, ?l?enregistrement vidéo des dépositions des victimes de viol?, la ?réhabilitation des assaillants? ainsi que des ?sanctions plus sévères?. ?Les lois, c?est bien mais pas suffisant, estime Ibrahim Koodoruth, sociologue et National Gender Expert auprès du PNUD, d?où la nécessité de ce plan d?action complet.?
Victimes de violence domestique, les femmes ne pensent souvent qu?à une chose : trouver un abri pour échapper aux coups. Mais le choix est restreint et les places limitées. En effet, il n?y a que trois shelters à Maurice. Un géré par le ministère des Femme et les deux autres par des ONG.
Afin de pallier ce manque et pour que ?tous les survivants de violence domestique puissent avoir accès à un refuge?, le plan d?action préconise la construction d?abris supplémentaires à travers l?île d?ici trois ans. Les ONG existantes, à l?instar de SOS Femmes, font déjà face à d?importantes difficultés financières. Depuis un an, elle peine à trouver les fonds nécessaires à sa survie.
Les enfants sont souvent les victimes directes ou les témoins de violence domestique. Shirin Aumeeruddy-Cziffra, l?Ombudsperson pour les enfants, explique :?Traumatisés, les garçons peuvent apprendre à reproduire ces actes de violence et les filles à penser que le comportement des victimes est normal.? Pour éviter cela, le plan d?action suggère la sensibilisation des étudiants dans les écoles primaires, les collèges et les institutions tertiaires. ?Les enfants, quel que soit leur âge, devraient pouvoir identifier les symptômes de violence domestique et connaître les mesures qui peuvent être prises.?
Ce plan d?action sera soumis au Conseil des ministres demain. Une partie des actions sera financée par le PNUD. L?apport d?autres bailleurs de fonds est recherché pour la mise en place du plan dans sa totalité.
Valérie OLLA
Publicité
Publicité
Les plus récents