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Un peu de sérieux
Xavier-Luc Duval a-t-il eu tort ou raison de rester au sein de l?alliance sociale ? Navin Ramgoolam devait-il oui ou non céder à son marchandage ? Les partisans de l?alliance sociale se posent des questions.
Paul Bérenger serait-il en train de dériver vers un électoralisme extrême dans le seul but de s?accrocher au pouvoir ? Pravind Jugnauth fait-il le bon choix en proposant un nouveau choix entre Navin Ramgoolam et lui-même pour la prochaine consultation populaire ? Ce sont des questions qui devraient intéresser les militants de l?alliance MSM-MMM.
Les invectives que les politiques se lancent et les procès à coup de millions qu?ils s?intentent sont-ils dignes d?une démocratie vivante ? Pourquoi ce spectacle ridicule et insignifiant quand les enjeux sont si importants ? Les électeurs ne manquent pas de s?arrêter à cet abrutissement du Landerneau politique.
Le rapide détournement du débat politique vers une vindicte réciproque fait craindre le pire en ce début de campagne. Il est encore temps. Encore temps pour nos politiques de freiner cette frénésie de l?absurde. Il y va de la crédibilité de la chose politique. Il ne faut pas avoir la mémoire courte. Des partis sectaires et de dangereux sous-chefs sont parvenus, aux derniers rendez-vous électoraux, à fédérer un nombre significatif d?électeurs. Le processus est connu. C?est moins une adhésion idéologique à des courants marginalisés qu?un rejet de la classe politique traditionnelle. Au train où vont les choses actuellement, ce processus risque de s?accélérer. Autant du côté de l?opposition que de celui du gouvernement, il y a urgence à retrouver une modération des propos et une rationalisation des approches.
La scène est présentement trop affligeante et repoussante. Il ne s?agit pas d?opposer les pauvres aux possédants. Encore moins est-il question de règlement de comptes. Tout cela n?est que fanfaronnades propres à une élection. Il importe de ramener du sens dans cette campagne. Celle-ci n?est pas seulement une occasion de prendre le pouvoir. C?est un moyen de faire la preuve de ses idées et de sa capacité à convaincre et séduire une majorité d?électeurs.
Après le 1er mai, il est attendu des principaux blocs et partis politiques qu?ils rendent publics leurs programmes électoraux. Qu?ils les confrontent. Qu?ils donnent à la population le temps de les jauger. Il est attendu d?eux qu?ils démontrent leur capacité à mettre en avant des idées nouvelles. De Sushil Khushiram à Rama Sithanen en passant par Nando Bodha, une même nécessité doit se faire sentir. Celle d?élever le débat, de débattre d?un projet politique et de refuser l?abjection à laquelle on veut réduire la confrontation.
Pour une bête politique, une campagne électorale est faite de plaisir. Un grand homme politique s?amuse à parcourir une campagne. Il y prend du plaisir. Et il communique ce plaisir aux électeurs. Une campagne n?est pas le temps d?injures et de railleries. Il y a suffisamment d?esprits incendiaires et bornés dans ce pays pour essayer de profiter du moindre écart des politiques pour engager des actions déviantes. Tout simplement, il ne faut pas leur donner ce prétexte. Ils sont aux aguets. Ils affûtent leurs armes. Ils fantasment sur des débordements et des barricades.
Lors des deux précédentes législatures, la société mauricienne a relativisé l?alternance. C?est le signe d?une maturité. Avec un Navin Ramgoolam à la veille de la soixantaine et un Paul Bérenger qui vient de fêter ses soixante ans, c?est la même maturité qui est attendue d?eux. Ce n?est pas parce qu?ils craignent une fin de leur carrière politique qu?ils doivent entraîner le pays dans la voie de la bêtise politique. Un nouveau citoyen se construit depuis les années 90. Il ne leur pardonnera pas des excès.
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